Dimanche, les Egyptiens d'Al Ahly pourraient entrer définitivement dans la légende en écrivant un nouveau chapitre de la longue et prestigieuse histoire de la Ligue des champions de la CAF. Déjà élue club africain du 20ème siècle, la formation cairote pourrait fêter sa sixième victoire en finale de la prestigieuse compétition continentale, à condition toutefois de conserver l'avance de deux buts acquise lors du match aller.

Le dernier obstacle qui se dresse encore sur la route des géants égyptiens a pour nom Coton Sport. Le modeste club camerounais a pourtant déjà déjoué tous les pronostics pour atteindre ce stade de la compétition. Mais, après avoir multiplié les exploits au cours des derniers mois, l'équipe de Garoua n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Il faut dire que les enjeux sont de taille : le trophée, bien sûr, mais aussi un prix d'un million de dollars et une qualification pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, qui aura lieu le mois prochain au Japon.   

Un avantage de deux buts
Al Ahly avait rapidement pris l'avantage au Caire, avant de gâcher un nombre impressionnant d'occasions de creuser définitivement l'écart. A l'heure d'aborder un périlleux déplacement vers le stade omnisports Roumde Adjia de Garoua, oasis de verdure située au milieu des régions arides du nord du Cameroun, les hommes de José Manuel devront donc se méfier d'un sursaut d'orgueil des outsiders.

Les joueurs de Coton Sport ont en tout cas démontré au match aller qu'ils n'entendaient pas aborder cette double confrontation dans le rôle de la victime. En dépit d'une certaine naïveté sur le plan défensif, les Camerounais n'ont jamais renoncé à porter le danger dans le camp égyptien. Toutefois, la tâche s'annonce difficile pour eux : Al Ahly est depuis longtemps passé maître dans l'art de réduire les espaces, comme en atteste son excellent bilan en déplacement.

"Nous avons été trop timides et nous avons mal défendu sur les phases arrêtées", regrettait Ahmadou Ngomna, le capitaine de Coton Sport, suspendu pour le match retour. "Mais je suis sûr que nous pourrons refaire notre retard à domicile. De toute façon, nous n'avons plus rien à perdre."   

Al Ahly reste méfiant
A l'inverse, Manuel Jose, l'entraîneur portugais d'Al Ahly, espère que son équipe sera plus détendue en évoluant loin de l'effervescence du Caire. "La pression de nos propres supporters est terrible, lorsque nous jouons à domicile. Nous sommes donc parfois plus à l'aise à l'extérieur, où l'attente est moindre. Ahly possède les meilleurs joueurs d'Afrique, nous devrions donc pouvoir l'emporter n'importe où."  

Tout au long de la compétition, le technicien portugais ne s'est pas privé de profiter de l'immense culture tactique de son équipe. Au gré des circonstances, Al Ahly peut aussi bien évoluer avec trois attaquants et des arrières latéraux très offensifs ou, au contraire, aligner trois milieux défensifs. On peut s'attendre à ce que Manuel José opte cette fois pour un schéma prudent, comme il l'avait fait en demi-finale pour arracher un précieux match nul sur le terrain d'Enyimba (Nigeria) avant de faire la différence à domicile.

Au cours des deux dernières semaines, Al Ahly n'a pas hésité à laisser au repos plusieurs titulaires indiscutables. L'infatigable Tunisien Anis Boujelbene a été le plus ménagé, mais son endurance et son volume de jeu devraient logiquement lui valoir de débuter le match à Garoua. Pour nombre de joueurs égyptiens, cette rencontre constitue également une formidable occasion d'étoffer un palmarès déjà bien rempli : outre les précédents titres en Ligue des champions de la CAF d'Al Ahly, Mohamed Aboutrika, Wael Gomaa, Ahmed Fathi et le capitaine Shady Mohamed comptent également deux succès en Coupe d'Afrique des Nations avec les Pharaons.

En revanche, pour Ahmed Hassan, l'un des grands noms du football égyptien, il pourrait s'agir là d'un premier titre dans une compétition de clubs en Afrique. Champion d'Afrique avec l'Egypte en 1998, 2006 et 2008, l'attaquant international n'a encore jamais remporté la Ligue des champions de la CAF. Hassan a fait son grand retour en Egypte au mois de juin dernier après avoir passé dix ans à sillonner l'Europe, portant successivement les couleurs de clubs aussi prestigieux que Besiktas (Turquie) ou Anderlecht (Belgique).