Certes, l'accession d'Adelaide United à la finale de la Ligue des champions de l'AFC et sa qualification pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2008 ont été l'œuvre d'un collectif. Mais le capitaine australien Travis Dodd a sans conteste été un rouage majeur dans la mécanique des Reds.

Lors du baptême du feu de United à l'échelle de l'AFC, Dodd est devenu le premier Australien à signer un hat-trick dans la compétition continentale. Cette saison, cet Adelaïdien pur jus affiche une forme tout aussi resplendissante, à tel point que plusieurs clubs de J-League sont entrés en contact avec lui.

Le leadership sur le terrain de ce rapide ailier droit est combiné avec son rôle de modèle pour la communauté indigène. Car ce joueur de 28 ans est l'un des rares footballeurs d'origine aborigène à avoir porté la tunique des Socceroos.

L'effervescence grimpe
Sélectionné à deux reprises, l'attaquant a connu une première saison de rêve en tant que capitaine. Par ses performances pleines de détermination et ses trois buts décisifs en Ligue des champions, il a montré la voie à suivre.

Considérés comme des outsiders lors de leur quart de finale face aux Kashima Antlers puis de leur demi-finale face aux Ouzbeks de Bunyodkor, les Reds ont défié les pronostics en accédant à la finale. Dodd s'appuie du reste sur ces performances pour croire au succès des siens en terre japonaise.

"Il n'y avait pas grand monde pour parier sur nous en Ligue des champions, même en phase de groupes. Nous démontré que nous étions à la hauteur, estime-t-il. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas réussir une autre belle performance. Ça va être difficile, mais nous avons déjà défié les pronostics. La mentalité aussie, c'est de ne rien lâcher. La volonté de gagner et de réussir joue un grand rôle (dans la réussite du club)".

Cette compétition représente une immense opportunité pour l'équipe et le club. Nous espérons gagner contre Gamba puis affronter Manchester United. Ça serait une rencontre de rêve. J'espère que nous pourrons nous venger et nous offrir ça
Travis Dodd, au sujet de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2008

Après la finale de Ligue des champions face à Gamba Osaka, Dodd avait eu l'impression que les Japonais jouaient à quinze tellement ils avaient été dominateurs. "Ça serait sympa de les gagner, dit-il, avec cette assurance toute australienne. Ils nous ont battus deux fois, ça serait bien que nous les battions une fois. D'abord, il faudra quand même gagner contre les Néo-zélandais, ce qui ne sera pas une mince affaire. Comme nous, ils auront à cœur de faire forte impression aux yeux du monde entier".

"Pour ma première année en tant que capitaine, c'est un immense honneur de mener cette équipe à la finale de la Ligue des champions de l'AFC et à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Cette compétition représente une immense opportunité pour l'équipe et le club. Nous espérons gagner contre Gamba puis affronter Manchester United. Ça serait une rencontre de rêve. J'espère que nous pourrons nous venger et nous offrir ça".

Un exemple à suivre
Auteur du premier triplé australien dans la compétition asiatique, premier capitaine aussie à emmener son club en finale de la Ligue des champions de l'AFC... Dodd est un habitué des premières. Il n'a d'ailleurs pas raté la sienne avec les Socceroos, en août 2006, puisqu'il avait inscrit son premier et - jusqu'ici - unique but international.

Cette réalisation avait aidé les Australiens à s'imposer en éliminatoires face au Koweït, mais elle était aussi et surtout la première signée par un Australien d'origine aborigène. Rares étaient les indigènes à avoir porté le maillot national : Dodd a été le premier à inscrire son nom au tableau d'affichage.

Depuis toujours, les Aborigènes ont tendance à se tourner vers l'Australian Rules, leur discipline préférée, mais Dodd est le fer de lance d'une nouvelle génération éprise de football. "J'adorerais que la proportion d'aborigènes augmente en A-League, dit-il. Les belles prestations du club en Ligue des champions montrent aux jeunes que ce sport peut faire voyager très loin. Il ne nous cantonne pas à un pays, comme l'Aussie Rules.

"Je me considère comme un modèle pour les enfants aborigènes. J'espère que certains pourront pratiquer ce sport et connaître la réussite que j'ai connue moi-même".