A la fierté de disputer la grande joute mondiale des clubs, souvent considérée comme le point d'orgue d'une carrière, s'ajoute, pour certains, l'orgueil de défendre un maillot qu'ils ont porté toute leur vie. Ainsi en va-t-il du quasi-trentenaire Paul Ambrosi. Entré à la Liga Deportiva Universitaria de Quito à 16 ans, il s'apprête à représenter la formation alba, l'Equateur et l'Amérique du Sud à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2008.

"C'est à l'occasion d'une compétition inter-collège que des professeurs m'ont repéré et m'ont encouragé à intégrer les catégories de jeunes. Cela remonte à loin, mais je n'oublierai jamais ce moment. Mon père me parlait sans arrêt du club, de ses stars et de ses exploits. La Liga de Quito fait partie du patrimoine transmis aux jeunes générations", raconte Ambrosi à FIFA.com.

En douze ans, Ambrosi a fait son chemin. Aujourd'hui marié et père de trois enfants, il figure parmi les pièces maîtresses de l'équipe vainqueur de la prestigieuse Copa Libertadores pour la première fois de son histoire. Car oui, une formation équatorienne a mis fin à la mainmise brésilienne et argentine sur le tournoi japonais.

"Nous sommes conscients d'être le mouton à cinq pattes de la compétition, mais nous avons déjà prouvé que nous étions capables d'atteindre nos objectifs. Nous lutterons pied à pied, parce que des occasions comme ça, ça ne se présente pas tous les jours", reconnaît-il.

Mon père me parlait sans arrêt du club, de ses stars et de ses exploits. La Liga de Quito fait partie du patrimoine transmis aux jeunes générations
Paul Ambrosi, à propos de son attachement au maillot de La Liga

International tricolor présent à Allemagne 2006 et en lice dans les éliminatoires d'Afrique du Sud 2010, Ambrosi rêve d'autres succès, que ses talents en défense, dans l'entrejeu et en attaque lui permettent d'espérer. "A mes débuts, je jouais milieu gauche et même attaquant, ce sont des postes que je connais bien. A présent, j'évolue un peu plus bas, au marquage, mais quand je pénètre dans la surface adverse, je tente le tout pour le tout", explique-t-il.

L'attrait de l'Orient
Après un excellent début d'année, le groupe d'Edgardo Bauza vit un deuxième semestre difficile. Bien qu'il reste mathématiquement en course dans le championnat équatorien, il est loin des prestations produites en Copa Libertadores.

Pour aller loin face aux meilleures équipes du monde, nous devrons faire appel à toute notre volonté et refuser de nous laisser intimider par les grosses pointures
Paul Ambrosi, à propos des ambitions de La Liga au Japon

Mais rien ne saurait doucher les espoirs d'Ambrosi, qui foulera le sol japonais pour la première fois de sa vie. "Je suis très heureux de voyager et de découvrir une culture aussi différente de la mienne. Bien sûr, il faudra qu'on corrige le tir. Notre méforme nous a coûté cher en Copa Sudamericana. Nous travaillons dur pour retrouver notre niveau et sortir vainqueur du tournoi mondial. La solidarité du groupe jouera un rôle clé", commente l'homme qui pense connaître la formule gagnante.

"Il faut se mobiliser mentalement et se battre sur tous les ballons. Pour aller loin face aux meilleures équipes du monde, nous devrons faire appel à toute notre volonté et refuser de nous laisser intimider par les grosses pointures adverses."

Ambrosi, qui avait pour idole Carlos Ernesto Berruela dans son enfance, conclut l'entretien par une confession. Malgré tout l'enthousiasme que lui inspire son voyage au pays du soleil levant, il ne cédera pas aux tentations gastronomiques. "Je suis bien capable de m'emporter une petite fritada et du mote de pillo (morceaux de porc frit accompagnés d'un plat de maïs typique de la sierra équatorienne). Mais mis à part la nourriture, ce sera une belle aventure, où on espère faire honneur à notre pays".