Lorsqu'on passe en revue la liste des meilleurs buteurs entrés dans l'histoire de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, on ne peut que s'émerveiller devant la pléiade de pointures nommées Nicolas Anelka, Romario, Peter Crouch, Amoroso, Mohamed Aboutrika, Washington ou encore Filippo Inzaghi. Pourtant, c'est en grande partie sur un milieu défensif, Patricio Urrutia, que la Liga Deportiva Universitaria de Quito fait reposer ses espoirs de victoire au Japon.

A 31 ans, El Pato (le canard, comme on le surnomme) ne se contente pas d'orchestrer la pression dans l'entrejeu, il aime aussi créer la surprise et se substituer aux artilleurs habituels de l'équipe. Un rôle qu'il joue à merveille, à en juger par ses 16 buts qui en font le meilleur réalisateur de l'histoire de son club dans la prestigieuse Copa Libertadores. "Je n'aurais jamais imaginé ça. Ce n'est pas très fréquent à mon poste, je dois être un cas à part, non ?", demande-t-il en riant à FIFA.com.

L'efficacité d'Urrutia n'a rien d'un hasard : "Comme je suis milieu défensif, j'arrive toujours démarqué sur les rebonds et les centres aériens. J'ai souvent eu de la chance", explique-t-il. Sa modestie paraît excessive quand on connaît la puissance de ses tirs à moyenne distance, dont les Argentins ont fait les frais à Buenos Aires lors des éliminatoires mondialistes. "Faire partie d'une formation offensive, ça aide aussi. On joue toujours pour gagner, quel que soit l'adversaire", ajoute-t-il.

Faire partie d'une formation offensive, ça aide aussi. On joue toujours pour gagner, quel que soit l'adversaire.
Urrutia, à propos de son efficacité devant le but

 

Comme sur le terrain, El Pato sait garder la tête froide quand il analyse la progression de son équipe. "Les dirigeants ont déployé des efforts considérables pour faire de La Liga un grand club. Grâce à eux, nous avons notre propre stade et des installations d'entraînement. C'est un projet sérieux et ambitieux, qui se répercute sur le terrain car là, c'est à nous de reprendre le flambeau. C'est dans cet esprit que nous allons au Japon."

L'équipée orientale s'annonce cependant compliquée. Apparemment dans le creux de la vague, El Albo a perdu plusieurs éléments clés, dont Enrique Vera, coéquipier d'Urrutia dans l'entrejeu. "Il me manque, maintenant je suis obligé de courir beaucoup plus !", plaisante le capitaine, même si, à son avis, l'effectif dispose de joueurs tout à fait capables de le remplacer.

Après un autre départ, celui de Joffre Guerrón, on ne peut s'empêcher de s'interroger : la Liga est-elle à bout de souffle ? "Effectivement, on est en perte de vitesse, mais on va remonter la pente peu à peu. L'équipe a récupéré plusieurs joueurs qui étaient blessés et on va faire un retour en force", prévient-il.

Un favori nommé Manchester
Beaucoup donnent Manchester United gagnant. "C'est une formation puissante, qui tire sa force du jeu individuel. Les Mancuniens déstabilisent les rangs adverses et peuvent faire des ravages. Mais il ne faut pas négliger l'effet de surprise", explique Urrutia, qui parle d'expérience.

Urrutia a un péché mignon, il collectionne les maillots de ses adversaires. "J'en ai plus de cent, c'est un beau souvenir à laisser à mes enfants. Cette année, j'ai échangé mon maillot avec presque tous nos adversaires de la Copa Libertadores. Est-ce que je pense le faire avec un joueur de Manchester ? J'espère déjà qu'on atteindra la finale et oui, j'aimerais l'échanger avec Cristiano Ronaldo. Mais je suppose que tout le monde voudra en faire autant", s'esclaffe-t-il.

Le capitaine équatorien ne laisse toutefois pas son admiration prendre le pas sur son ambition. "Parfois, quand on perd, on oublie ou on perd l'envie d'échanger son maillot sous le coup de la colère. Cette fois, j'espère que c'est à eux que ça arrivera", conclut-il, serein. A bon entendeur...