Ryan Giggs est le joueur le plus titré de l'histoire du football britannique. Depuis ses débuts professionnels il y a 18 ans de cela, le milieu de terrain gallois a remporté dix titres de champion d'Angleterre, quatre FA Cups, deux Coupes de la Ligue et deux Ligues des champions de l'UEFA. Sans parler d'autres footballeurs, rares sont les clubs à pouvoir afficher un tel palmarès sur une période aussi courte...
Si chaque trophée possède sa propre histoire, Giggs ne cache pas que la Coupe Intercontinentale 1999 fut certainement pour lui la compétition la plus difficile à remporter. L'air du Japon avait pourtant bien réussi à l'ailier gauche des Red Devils, qui avait offert une passe décisive à Roy Keane, contribuant ainsi grandement à la courte victoire (1:0) de Manchester United sur Palmeiras.
Neuf ans plus tard, l'équipe dirigée par Sir Alex Ferguson se prépare à participer à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA pour la première fois de son histoire. Bien entendu, le Gallois espère que ce second voyage s'achèvera sur un nouveau sacre. Mais, conscient que son club devra probablement venir à bout de deux champions continentaux pour remporter le trophée, il se garde de tout triomphalisme.
"La Coupe Intercontinentale nous avait vraiment donné du mal, confie-t-il à FIFA.com. Il a d'abord fallu nous qualifier pour la Ligue des champions, ce qui n'est jamais chose facile. Ensuite, nous avons dû battre les meilleures formations européennes pour gagner notre billet pour le Japon, ce qui est encore plus difficile. Enfin, nous nous sommes retrouvés face au champion d'Amérique du Sud, qui sortait d'un parcours aussi éprouvant que le nôtre."
"J'ai gardé de bons souvenirs de ce match. Les Brésiliens étaient très forts et ils auraient pu gagner, mais nous avons marqué au bon moment. C'était vraiment une émotion très intense, car le club n'avait jamais remporté cette compétition. L'entraîneur avait insisté sur ce point avant la partie, nous étions donc très motivés. Comme nous le sommes aujourd'hui..."
"Evidemment, ce tournoi a pris de l'importance entretemps. Avant, ce n'était qu'un match entre le champion d'Europe et le champion d'Amérique du Sud. Désormais, tous les continents envoient leur représentant. Etre sacré champion du monde, c'est toujours quelque chose d'unique. Cette fois, nous devrons disputer deux matches si nous voulons enlever le titre. Ce sera encore plus difficile, mais la victoire n'en serait que plus belle."
Gloire et loyauté
Le tir au but transformé par Giggs en finale de la Ligue des champions de l'UEFA face à Chelsea a donc été décisif à plus d'un titre. En plus de permettre aux Red Devils de remporter la plus prestigieuse des compétitions européennes, le but du Gallois vaut aujourd'hui à Manchester United de disputer sa première Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. "J'étais un peu nerveux, mais pas tant que cela, se rappelle-t-il. Je m'étais beaucoup entraîné et je savais que j'allais marquer. Nous avions très bien préparé ce match. Nous avions énormément travaillé avant la rencontre... et cela s'est avéré payant !"
Ce sacre, le troisième après les succès de 1968 et 1999, est venu rappeler que Manchester United est bien le plus grand club britannique de ce début de vingt-et-unième siècle. De son côté, Giggs fait figure d'extraterrestre dans le football moderne, lui qui n'aura connu qu'un seul club dans toute sa carrière, à une époque où les transferts sont de plus en plus fréquents. D'ailleurs, le Gallois en est convaincu : il y a quelque chose d'unique dans cette équipe.
"Je crois qu'il y a beaucoup de choses qui font de Manchester United un club à part. L'histoire, les titres, les Busby Babes, la catastrophe de Munich, les grands joueurs qui s'y sont succédés, mais aussi les succès accumulés sous l'ère Ferguson. Lorsque l'on met tous ces éléments bout à bout, on se rend compte que Manchester United est vraiment un club exceptionnel."
"Je n'ai jamais eu envie d'aller voir ailleurs. Tous les footballeurs rêvent de gagner des titres et j'ai toujours eu la chance de pouvoir le faire à Manchester. Pour progresser, il faut se dépasser chaque saison. C'est ce que l'on attend de moi ici."
"En outre, j'apprécie beaucoup de travailler avec Alex Ferguson. Cela fait maintenant plus de 20 ans que nous nous voyons tous les jours à l'entraînement. Quand je l'ai rencontré, je n'avais que 13 ans. Vous imaginez un peu ? Il a vraiment accompli quelque chose de sensationnel à Manchester United et je suis fier de faire partie de cette grande aventure."
