La réputation d'Edgardo Bauza est assez confidentielle, cantonnée aux amateurs de football sud-américain. Pourtant, el Patón, comme il était surnommé au cours de sa carrière de joueur en raison de ses grands pieds, était l'un des meilleurs défenseurs centraux argentins dans les années 1980.
Ce joueur élégant au tempérament de feu possédait un sens du but étonnant pour son poste, ce qui lui a permis de signer 108 réalisations. Membre de la sélection albiceleste finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990, il a su rentabiliser ses différentes expériences dans sa fonction d'entraîneur. C'est ainsi qu'il a été à l'origine du premier sacre équatorien en Copa Libertadores.
Cinq mois après cet exploit, le stratège argentin se prépare à guider les siens dans cette Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, sa dernière mission pour le club albo. "J'aurai beaucoup de monde à remercier après ce tournoi. Le club et les Equatoriens ont été très chaleureux avec moi. Cette Coupe du Monde des Clubs va revêtir une importance bien particulière pour moi, c'est sûr", confie le stratège.
Pourtant, tout n'a pas été facile. A ses débuts, le public réclamait même sa démission en raison des mauvais résultats de l'équipe. Cette époque semble bien loin aujourd'hui : "Je suis resté car avec Rodrigo Paz (dirigeant numéro un de la Liga), nous étions convaincus de ce que nous faisions. Cette équipe allait bien finir par se révéler. Au bout du compte, elle a obtenu des résultats".
Et quels résultats ! La Liga a remporté la Copa Libertadores au terme d'une finale historique face à Fluminense et elle se prépare maintenant à défendre la fierté sud-américaine au Japon. Là-bas, elle se retrouve donc en compagnie de clubs comme Manchester United et Pachuca (Mexique). Avant cette grande échéance, Bauza s'inquiète de "la blessure de certains joueurs comme Franklin Salas. Nous ne sommes pas Manchester United, qui fait entrer Carlos Tevez quand Wayne Rooney sort".
Mais el Patón lance un avertissement : "A la Copa Libertadores, nous ne faisions pas partie des favoris non plus, mais nous avions prévenu qu'il allait falloir nous tuer pour nous écarter de la course. Au Japon, ça va être pareil. Nous allons tout donner à chaque match."
La tradition argentine
Si le footballeur argentin jouit d'une belle réputation en Amérique du Sud, il le doit premièrement à son âme de combattant, à cette envie de vaincre, quel que soit l'adversaire ou le terrain. Sous la férule de Bauza, la Liga de Quito a adopté cet état d'esprit. "Ce n'est pas pour rien que j'ai formé ma colonne vertébrale avec Norterto Araujo, Damián Manso et Claudio Bieler. Avec les excellents joueurs équatoriens qu'ils ont à leurs côtés, nous sommes sûrs de pouvoir voyager partout et de gagner contre n'importe qui. Cette tradition argentine est contagieuse", indique-t-il à quelques heures de sa dernière compétition aux commandes de l'équipe.
"En fait, je suis très fatigué. Si je reste, cela pourrait s'avérer contreproductif. Nous avons bouclé un cycle", affirme-t-il, lui qui sera remplacé par un technicien connu de la maison, l'Uruguayen Jorge Fossati.
"Cette expérience m'a beaucoup enrichi, même si j'y ai laissé beaucoup d'énergie. Je me sens autant entraîneur qu'avant, mais dans notre métier, les titres renforcent les statuts et les convictions. La Libertadores ne m'a peut-être pas livré beaucoup d'enseignements, mais j'ai pu vérifier que j'étais dans le vrai. Ça m'a aidé à me convaincre moi-même", analyse-t-il. La Coupe du Monde des Clubs de la FIFA pourrait étayer encore plus solidement cette théorie.
