Pour Pachuca, la victoire en quarts de finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2008 a un goût bien particulier. En battant Al Ahly pour inaugurer leur deuxième participation consécutive au tournoi, les Tuzos ont savouré leur revanche après l'élimination précoce subie l'année dernière aux mains des Tunisiens de l'Etoile du Sahel. Du coup, les Aztèques se prennent à rêver. Après tout, ils ne sont plus qu'à un match de la finale.
Le fait le plus marquant de ce succès mexicain sur les Egyptiens est peut-être qu'il a été ourdi par... des Argentins : Damián Álvarez (auteur du troisième but), Bruno Marioni et Christian Giménez (deux réalisations) ont non seulement fait preuve d'opportunisme mais ont également été à l'origine de la plupart des occasions de Pachuca. FIFA.com a rencontré les deux derniers nommés pour en savoir plus sur l'état des troupes chez les champions de la CONCACAF.
Déjà dans l'histoire
Une chose est sûre : la victoire en quart de finale contre Al Ahly fait dores et déjà partie des hauts faits de l'histoire du Club de Fútbol Pachuca. "Chaco" Giménez nous explique pourquoi. "Vous ne pouvez pas imaginer notre soulagement au coup de sifflet final. L'élimination l'année dernière est très mal passée. Nous étions prêts à tout pour que l'histoire ne se répète pas. Même menés, nous n'avons rien lâché. Nous sommes revenus au score et finalement, nous nous imposons par deux buts d'écart. Ç'a été une année difficile. Cette victoire nous a fait énormément de bien pour nous projeter vers l'avenir et retrouver un état d'esprit positif."
Marioni disputait quant à lui l'une de ses dernières rencontres sous le maillot de la Bella Airosa. "C'est une victoire très importante pour l'équipe. Personnellement, j'aimerais réussir un bon tournoi pour conclure sur une note positive." Pour cela, rien de mieux que de trouver le chemin des filets lors des prochaines rencontres. "Mon objectif est précisément de marquer à chaque match. Contre la Liga, j'espère que la réussite sera encore au rendez-vous. Ce serait bien pour moi et pour mes camarades."
Objectif Liga
Après l'euphorie de la victoire contre Al Ahly, le retour sur terre a un nom : la Liga Deportiva Universitaria de Quito, vainqueur de la dernière Copa Libertadores et adversaire de Pachuca en demi-finale de ce Japon 2008. Perspective que Giménez n'appréhende pas, bien au contraire. "A partir de maintenant, tout est nouveau pour nous. En passant le stade des quarts de finale, je crois que nous nous sommes débarrassés du trac. Contre la Liga, ce sera complètement différent. Notre objectif est de remporter tous nos matches et donc le titre. Tout le monde dans l'équipe rêve d'arriver en finale."
"La Liga est évidemment un adversaire redoutable. Pour avoir une chance de les battre, nous devrons jouer de la même manière qu'en deuxième période et en prolongation contre Al Ahly", affirme Marioni, qui évoluera la saison prochaine dans un autre club mexicain, l'Atlas de Guadalajara.
Giménez livre une analyse plus précise des forces et des faiblesses de son prochain adversaire. "La Liga a perdu Vera et Guerrón, deux joueurs-clés. Mais à part ça, l'équipe est à peu près celle qui a remporté la Copa Libertadores. C'est une équipe très compacte. Nous devons nous attendre à un match difficile."
Dans cette demi-finale, Giménez aura notamment l'occasion d'égaler voire de dépasser le record de buts inscrits dans une Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, détenu conjointement par Romario, Nicolas Anelka, Mohamed Aboutrika et Washington. "Je ne cherche pas systématiquement le but. Si je peux marquer, tant mieux pour l'équipe, mais mon rôle est d'abord d'alimenter Bruno, Correa ou Álvarez en attaque."
Donnée importante de ce choc 100 % américain : les 120 minutes que les joueurs de Pachuca ont passées sur la pelouse contre Al Ahly. Les Tuzos ne risquent-ils pas de payer cher cette débauche d'énergie ? "Je ne sais pas si la fatigue peut entrer en ligne de compte, car nous sommes extrêmement motivés. Nous sommes bien décidés à faire le jeu afin que ce soit eux qui courent après le ballon, pas nous. Et puis, si nous pensons à tous les gens qui nous ont accompagnés, à tous nos supporters au Mexique, nous trouverons les ressources pour surmonter la fatigue."
Les statistiques donnent l'avantage aux représentants de la CONMEBOL sur ceux de la CONCACAF. Mais mercredi prochain, Pachuca mettra tout en œuvre pour contrarier les chiffres et continuer d'écrire son histoire... en lettres d'or.
