La Liga Deportiva Universitaria de Quito finalise sa préparation avant sa demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2008. Les Albos n'en finissent plus de faire sauter les barrières. Premiers Equatoriens à remporter la Copa Libertadores, les voilà en quête d'un sacre mondial. Même si elle fait figure de novice à ce niveau de compétition, l'équipe d'Edgardo Bauza pourra compter sur l'expérience de son attaquant Agustín Delgado. A quelques heures du match face à Pachuca, FIFA.com a posé quelques questions au Tin.
Agustín Delgado possède un CV long comme le bras. Aussi a-t-il déjà participé à une Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, avec le club mexicain de Necaxa à Brésil 2000. "Vivre des compétitions de ce niveau, c'est quelque chose d'incroyable. Il y a une grosse intensité de la première à la dernière minutes ; avant le coup d'envoi, on ressent beaucoup de pression. Ici au Japon, je vais en profiter au maximum car je sais qu'il est très difficile d'avoir une deuxième chance."
Pour Delgado, cette édition aura une saveur complètement différente. "C'est déjà particulier de disputer une compétition de cette ampleur. Si on le fait avec une équipe de son pays, c'est extraordinaire. Pour moi et tous mes coéquipiers, c'est important. On vient de loin. Nous avons tout juste franchi le fossé qui nous sépare des clubs brésiliens ou argentins. Ce sont toujours eux les favoris, mais cette fois, c'est nous qui sommes à leur place."
Au cours de sa campagne en Copa Libertadores, la Liga de Quito pénétrait sur le terrain en arborant les couleurs du drapeau national et le slogan "Va por ti Ecuador" (Equateur, c'est pour toi). L'ancien international assure que son équipe va entretenir cet état d'esprit patriotique.
"Nous avons fait quelque chose d'important pour le pays ; c'est une fierté pour nous. Nous sommes venus ici pour continuer à écrire l'histoire." Delgado mesure pleinement l'importance de la compétition : "Notre présence ici, c'est une vraie responsabilité, non seulement vis-à-vis de l'Equateur, mais vis-à-vis de l'Amérique du Sud tout entière. Nous savons ce que représente cette compétition et nous sommes heureux de relever ce défi".
Pour avoir évolué avec les Rayos de Necaxa, l'ancien joueur de Southampton connaît bien les Tuzos de Pachuca, adversaires de la LDU en demi-finales. Il avait déjà affronté ce club lors de ses passages à Cruz Azul et aux Pumas. "Je crois que c'est un avantage pour nous de jouer Pachuca car nous connaissons cette équipe. Elle fait preuve d'une grosse force de caractère dans sa circulation de balle et dans la gestion de ces matches. Elle a la culture de la gagne."
En vieux sage, Delgado s'est transformé en guide pour ses jeunes coéquipiers. "Je leur ai dit que c'est une équipe assez difficile, qui va se battre jusqu'au dernier ballon. Je crois que ce match reviendra à celui qui commettra le moins d'erreurs. Pour s'imposer, il faudra être concentré à 120 %."
Sur le point de fêter ses 34 ans, Delgado pourrait bien disputer le dernier grand tournoi de sa carrière. La boucle serait bouclée s'il affrontait Manchester United, avec qui il avait fait match nul 1:1 à Brésil 2000. "C'est vrai que ça fait toujours très envie d'affronter de grands clubs. Cela dit, comme nous l'avions montré avec Necaxa, c'est du onze contre onze ; c'est toujours possible de faire un résultat. La Liga de Quito a un bel effectif, tout comme Manchester. De toute façon, il faut d'abord battre Pachuca."
Pour la petite histoire, l'attaquant équatorien a la possibilité de devenir le deuxième joueur de l'histoire de la compétition à marquer lors de deux éditions différentes. Le premier à accomplir cette prouesse a été le Trinidadien Dwight Yorke, buteur en 2000 (Manchester United) et en 2005 (Sydney FC).
En outre, il ne lui manque plus qu'une réalisation pour devenir l'artilleur le plus prolifique du tournoi. "C'est une satisfaction personnelle d'être arrivé jusqu'ici. Je sais que je dispute peut-être ma dernière compétition internationale hors d'Amérique du Sud. Ça va rester gravé dans ma mémoire ; j'espère terminer sur une bonne note."

