Mancuniens, gare à Yasuhito Endo. Son but décisif pour Gamba Osaka, en quart de finale contre Adélaïde United, l'a poussé un peu plus encore sur le devant de la scène. Mais surtout, il a propulsé la formation japonaise en demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2008, où l'adversaire du Gamba n'est autre que le grand Manchester United.

Une perspective dans laquelle Endo voit un défi certes difficile, mais pas insurmontable. S'il est logiquement impatient d'en découdre avec les Red Devils, le milieu de terrain de 28 ans n'est certainement pas impressionné par ces derniers. C'est cet état d'esprit qu'il aimerait retrouver, jeudi, chez tous ses coéquipiers. Entretien avec FIFA.com.

"C'est la meilleure équipe du monde, mais de notre côté, nous avons quelques atouts, comme par exemple une bonne circulation du ballon. C'est même l'un de nos points forts. Nous devrons nous appuyer là-dessus pour produire du jeu et aller les embêter dans leur camp. Il faut absolument que toute l'équipe soit déterminée à prendre l'initiative. Contre Manchester United, si vous êtes trop prudents, vous n'avez aucune chance de gagner. Nous devrons jouer pour marquer et surtout ne pas changer notre style sous prétexte que nous jouons contre les champions d'Europe."

Des champions d'Europe donnés largement favoris pour cette demi-finale. Ce qui n'empêche pas Endo d'avoir bon espoir en un exploit du Gamba, auquel cas les champions d'Asie disputeraient le titre mondial aux Mexicains de Pachuca ou aux Equatoriens de la Liga de Quito.

C'est un défi passionnant. Si nous obtenons un coup franc dans une bonne position, je n'hésiterai pas une seconde à tenter ma chance.
Endo espère pouvoir prendre sa chance sur coup franc

"Jouer contre Manchester United est quelque chose de forcément très excitant. Mais je dois dire que j'adorerais pouvoir jouer contre toutes les équipes présentes à cette Coupe du Monde, poursuit-il. Les joueurs sud-américains possèdent un gros bagage technique. Pachuca pratique un football très fluide, avec beaucoup de passes courtes, un peu comme l'équipe du Mexique. De plus, les joueurs sont extrêmement motivés. Quand vous regardez les actions sur lesquelles ils marquent, c'est parfois assez impressionnant. Ils sont très forts dans la construction. C'est dommage qu'il y ait aussi peu d'opportunités de jouer contre des équipes des autres confédérations. J'aimerais bien par exemple que ce tournoi se joue selon une formule de type championnat."

"En jouant pour le Japon, j'ai réussi à me faire une idée des styles de football pratiqués dans les différents pays et sur les différents continents. Mais la Coupe du Monde des Clubs est quelque chose de spécial, précisément parce que ce sont des clubs et non des équipes nationales qui représentent les différents pays."

Le football nippon est dominé par des équipes de la côte est, à l'image des Kashima Antlers (champions du Japon en titre), des Urawa Reds, du Tokyo Verdy 1969, des Yokohama F Marinos et du Jubilo Iwata. Mais Endo espère que la victoire de Gamba Osaka dans la dernière Ligue des champions de l'AFC et sa participation à Japon 2008 contribueront à redessiner la carte du football national et plus précisément à faire pencher la balance du succès vers l'ouest du pays.

"Avant 2008, la seule équipe japonaise à avoir participé à la Coupe du Monde des Clubs était Urawa. Cette année c'est à notre tour, ce qui nous donne une belle occasion de changer le rapport de forces dans le football japonais. Jusqu'à cette année, le seul représentant de notre pays était celui qui bénéficiait de la place attribuée automatiquement au Japon en tant que pays organisateur. Nous, nous devons notre présence à notre mérite, comme vainqueur de la dernière Ligue des champions. C'est toute la différence."

Nous, nous devons notre présence à notre mérite, comme vainqueur de la dernière Ligue des champions. C'est toute la différence.
Endo, fier de représenter l'Asie

Il y a quelques années encore, Endo était souvent considéré comme la cinquième roue du carrosse dans l'entrejeu de l'équipe du Japon. En d'autres termes, il était tout juste bon à épauler ses illustres coéquipiers du milieu de terrain, Hidetoshi Nakata et Shunsuke Nakamura. Mais à force de persévérance et de travail, Endo a su sortir de ce rôle ingrat. Chose surprenante cependant, lorsqu'on l'interroge sur la position qu'il préfère dans le 4-2-3-1 propre au Gamba, il sèche.

"Honnêtement, je ne sais pas. En Ligue des champions, j'occupais un poste de soutien aux attaquants. Mais lorsque c'était nécessaire, je jouais dans une position plus défensive. J'imagine qu'on peut me décrire comme un milieu central. Disons que je joue là où on me demande de jouer, parfois en premier rideau devant les attaquants adverses, d'autres fois en meneur de jeu derrière notre ligne d'attaque. Le plus important pour moi, c'est de sentir que je pèse sur le match."

Cela fait quelques saisons déjà qu'Endo a fait son trou parmi les titulaires, aussi bien à Gamba qu'en équipe nationale. Une stabilité bienvenue, au regard des turbulences qui ont accompagné le début de sa carrière. A sa sortie de l'université, il fait ses premiers pas dans le football professionnel aux Yokohama Flugels, où il signe en 1998. Un an plus tard, le club est dissous et fusionne avec son grand rival de la ville : les Marinos. En 2000, il rejoint le Kyoto Sanga, qui sera relégué en deuxième division la même année. Son transfert à Gamba, en 2001, marque le commencement d'une période faste, où ce spécialiste des coups de pied arrêtés s'impose comme l'un des joueurs japonais les plus constants.

Son parcours en sélection a lui aussi des allures de dents de scie. Après avoir fait partie de l'équipe de Japon finaliste du Championnat du Monde Juniors de la FIFA 1999, Endo est laissé à l'écart pour le tournoi olympique Sydney 2000, alors même qu'il s'était montré brillant pendant les éliminatoires. L'air olympique ne lui réussit visiblement pas puisque cette année, après avoir été appelé en sélection (comme renfort de plus de 23 ans) pour Chine 2008, il a dû déclarer forfait en raison d'un virus.

J'imagine qu'on peut me décrire comme un milieu central. Disons que je joue là où on me demande de jouer.
Endo, à propos de sa position sur le terrain

Endo faisait également parti des 23 joueurs retenus par Zico pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006. Mais il ne foulera jamais les pelouses allemandes, du moins pas en match officiel. Tous ces pépins n'ont fait qu'accroître sa détermination d'aller le plus loin possible dans cette Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2008.

"C'est une compétition entre les champions de chaque confédération. C'est un défi passionnant. Si nous obtenons un coup franc dans une bonne position, je n'hésiterai pas une seconde à tenter ma chance." Les Red Devils sont prévenus.