Sur son côté gauche, Patrice Evra est un joueur-clef de Manchester United. Tant défensivement, où sa sûreté est impressionnante, qu'offensivement, où sa vitesse et sa qualité de centre sont des atouts remarquables, le Français aux 121 matches et deux buts avec MU depuis son arrivée en janvier 2006, ne cesse de progresser.
Encore auteur d'un gros match contre Gamba Osaka en demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2008, avec notamment une passe décisive pour Darren Fletcher, le natif de Dakar semble, à 27 ans, au sommet de son art. La grande sérénité qu'il dégage sur le terrain se retrouve d'ailleurs dans ses mots. A l'aise dans son club, a l'aise dans son football, Evra s'est livré en toute simplicité à FIFA.com.
Patrice, quelle est votre analyse de ce match un peu fou ?
Nous avons marqué beaucoup de buts mais nous en avons aussi encaissé trois, ce qui n'est pas dans nos habitudes. Mais nous avons pratiqué un bon football, nous étions contents à la fin du match. Et je crois que le public s'est régalé aussi. Cela dit, je crois que nous avons fait le plus facile, nous avons juste fait notre travail. Maintenant le plus dur est à venir : gagner la finale.
Comment évaluez-vous votre performance personnelle face à Gamba Osaka ?
Plutôt bonne, vu les conditions je m'en suis bien sorti et j'ai même donné une passe décisive ! Je suis content de moi et je suis content que nous continuions notre chemin. Pour moi, ce seront les derniers matches de l'année puisque je vais me retrouver en vacances forcées après ce tournoi (ndlr : Evra vient d'être suspendu pour quatre matches par la Fédération anglaise pour son implication dans un incident avec un employé de Chelsea en avril dernier), je veux donc me donner à 200% et m'éclater sur le terrain.
Les Japonais vous ont-ils surpris ?
Nous n'avons pas été surpris par Gamba Osaka, nous les avions vus en vidéo, nous savions qu'ils étaient joueurs. Aucune équipe n'est venue pour des vacances, chacune d'entre elles est ici avec l'intention de gagner. C'est relevé, il va nous falloir être à notre niveau. Si nous ne sommes pas professionnels, nous ne gagnerons pas ce tournoi. C'est aussi simple que cela.
Maintenant vous allez affronter la Liga de Quito, que savez vous d'eux ?
Nous n'avons pas encore étudié Liga de Quito mais j'ai joué contre l'Equateur avec l'équipe de France et je sais que ce sont des footballeurs de talent, qui jouent bien au ballon. Nous allons voir les vidéos dès demain (ndlr : vendredi) pour nous préparer parfaitement pour cette finale très importante pour nous.
Quelle importance revêt ce tournoi pour vous ?
Nous ne sommes pas venus ici pour visiter le Japon, je vous assure ! Nous pouvons être la première équipe anglaise à remporter ce tournoi, si nous y parvenions nous réussirions également un triplé Championnat - Ligue des champions - Coupe du Monde des Clubs, ce n'est pas rien. En tant que joueur, ce genre d'opportunités d'entrer dans l'histoire ne se présente pas souvent, il ne faut donc pas rater le coche. Sincèrement je pense que tous les joueurs de l'équipe ont cela en tête et sont donc parfaitement concentrés sur l'objectif.
Vous êtes arrivés au Japon il y a trois jours, comment vous sentez-vous ?
L'adaptation n'a pas été simple, je n'ai dormi que trois heures lors de ma première nuit ici. Ceci dit il ne s'agit pas de trouver des excuses, on pourra dormir en rentrant à Manchester (rires) ! Mais je pensais que ce serait plus simple, nous avons tous un peu des troubles du sommeil.
Vous répétez les performances de très haut niveau avec Manchester United mais n'êtes toujours pas titulaire indiscutable en Bleu, comment vivez-vous ce paradoxe ?
En club, je suis à la maison. C'est très différent en équipe de France. C'est à moi d'essayer, justement, de me sentir à la maison aussi avec les Bleus. Cela vient petit à petit. J'engrange les sélections, j'ai des bons rapports avec le sélectionneur, je connais bien mes coéquipiers, ce sont tous des grands joueurs. Si je continue à faire des gros matches avec Manchester, je ne vois pas pourquoi je n'y arriverais pas en Bleu. D'autant que c'est mon pays et quand je joue en Bleu, c'est encore plus avec mon cœur.

