Ulsan arrive avec l'oeil du Tigre
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Ulsan Hyundai fait partie des clubs les plus titrés de l'élite sud-coréenne. Pourtant, il a toujours eu du mal à traduire cette domination locale sur la scène internationale. Cette année, les Tigers sont en train de surmonter ce blocage, eux qui font leurs débuts dans la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2012 contre les Mexicains de Monterrey, ce dimanche 9 décembre.

En mars pourtant, on voyait mal comment le club d'Ulsan aurait pu en arriver là. Qualifié pour la Ligue des champions de l'AFC malgré sa sixième place en K-League, il ne partait pas favori au départ de l'épreuve reine du continent. Il y a trois ans, Ulsan n'avait pas passé la phase de groupes sous la houlette du fraîchement intronisé Kim Ho Gon, également en échec à l'échelle nationale avec une peu glorieuse huitième place. Lorsqu'une deuxième chance s'est présentée cette saison, le technicien de 61 ans a dû opérer un choix stratégique.

"On ne peut pas courir deux lièvres à la fois car on ne peut pas se permettre de les perdre les deux," expliquait Kim à FIFA.com le mois dernier après le titre continental de son équipe, qui restait alors sur une série de 11 matches sans victoire malgré son titre de champion d'Asie. "A posteriori, c'est décevant pour nous d'avoir perdu l'occasion de défendre notre titre continental la saison prochaine. Mais si nous avions cherché à atteindre les deux objectifs, nous aurions pu les manquer tous les deux donc dans un sens, c'est la satisfaction qui prédomine en ce moment."

Même si les Tigers ont réussi à redresser la barre et à clôturer la saison sur deux succès consécutifs, cela n'a pas été suffisant pour intégrer le quatuor de tête. Cependant, les protégés de Kim ont encore une occasion de briller alors qu'ils s'apprêtent à découvrir une nouvelle compétition. "C'est très important pour nous car sur une compétition d'une telle ampleur, les joueurs peuvent engranger une précieuse expérience et emmagasiner de la confiance. En même temps, ce rendez-vous international permet au club de gagner en statut."

Défense et contre-attaque
Si la stratégie générale de Kim a reposé sur une approche ciblée, sur le terrain, la force de son équipe réside dans une défense de fer, la plus imperméable du championnat, et sur des contres dévastateurs. La presse sud-coréenne a même recours à la métaphore de la masse, arme moyenâgeuse rudimentaire mais redoutablement efficace, pour qualifier ce style de jeu.

En effet, les Tigers n'ont encaissé que 29 buts en 30 matches la saison dernière, renversant tout sur leur passage jusqu'à la finale. Au sein d'un dispositif en 4-2-3-1, les internationaux sud-coréens Kwak Taehwi et Kang Minsoo formaient le châssis d'une défense impitoyable devant laquelle Ko Seulki et le Colombien Juan Estiven Velez excellaient. Outre ces joueurs de renom, Ulsan peut compter sur l'apport des ailiers Lee Keunho et Kim Seungyong, revenus de leur séjour en J-League, et de leur ancien coéquipier au Gamba Osaka Rafinha. Le Brésilien est venu renforcer cet été une attaque emmenée par le colossal Kim Shinwook.

Malgré tout le talent à disposition, cette aventure n'aurait pas été possible sans Kim, considéré comme le père de cette équipe. "J'ai commencé ma carrière d'entraîneur relativement tôt par rapport à mes pairs. J'ai toujours pensé que le football représente tout dans ma vie", avoue Kim, élu Entraîneur de l'année de l'AFC et prolongé par Ulsan cette semaine. "Je communique tout le temps avec les joueurs à propos de leurs forces et de leurs faiblesses, mais aussi de leur futur sur et en dehors du terrain. Cela me permet aussi de réfléchir sur ma vie dans le football et sur la façon de la mener à l'avenir."

L'avenir, c'est peut-être une place parmi les quatre meilleures équipes du monde en cas de qualification pour les demi-finales. Pas mal pour une équipe qui peinait à briller hors de ses frontières.