Sydney 2000

Les Lions imbattables

Seize sélections en course, 32 rencontres disputées, 102 buts inscrits (soit trois de moyenne par match). Voilà pour les chiffres afférant au tournoi disputé en Australie. Au-delà des statistiques, le mot d'ordre pour toutes les équipes est de détrôner le Nigeria, couvert d'or à Atlanta 1996. Les Super Eagles pourront toutefois se consoler en se disant que le titre n'a pas quitté le continent africain. En effet, sous les ordres de Jean-Paul Akono, le Cameroun a décroché le titre olympique pour la première fois de son Histoire.

Pour atteindre les sommets, Akono a décidé d'associer de jeunes talents prometteurs tels Geremi Njitap, Lauren Etame Mayer et Samuel Etoo à de vieux briscards comme Patrick Mboma et Serge Mimpo. Alliée à l'intarissable soif de vaincre de cette formation, la valeur individuelle de ces joueurs a finalement engendré un succès sans précédent pour le football camerounais. Pourtant, en première phase, les futurs champions olympiques ne se montrent pas à leur avantage. Après une victoire par la plus petite des marges contre le modeste Koweït (3-2), ils ne peuvent faire mieux que des nuls 1-1 contre la République tchèque et les Etats-Unis. Mais le meilleur est à venir ...

En quart de finale, les Lions Indomptables signent l'une des sensations de la compétition en sortant le Brésil de Wanderley Luxemburgo sur un but en or. Dans cette rencontre, Mboma donne l'avantage aux siens en première période, mais un coupable relâchement défensif (talon d'Achille des hommes d'Akono) permet à Ronaldinho de rétablir un score de parité dans le temps additionnel. Dans la prolongation, Modeste Mbami entre en jeu et signe un exploit qui a le don de déclencher une vague d'hystérie dans la bigarrée tribune africaine, où les Lions accèdent au statut de véritables idoles. L'Histoire est en marche... La demi-finale contre le Chili, l'invité surprise, prend une tournure compliquée quand Patrice Abanda marque contre son camp. Mais les tombeurs du Brésil parviennent à renverser la vapeur grâce à un nouveau but de leur capitaine Mboma et à un maître penalty de Lauren Etame Mayer dans les derniers instants de la rencontre. En route pour la finale...

Les 104 098 spectateurs présents à Sydney pour assister à la finale entre le Cameroun et l'Espagne pourront raconter à leurs petits enfants qu'ils ont assisté à une rencontre tout simplement inoubliable. Alors que l'on ne joue que depuis deux minutes, les Européens prennent la main grâce à un ahurissant coup franc de Xavi. Cent vingt secondes plus tard, Angulo a l'occasion d'enfoncer le clou, mais son penalty est arrêté par Idriss Carlos Kameni. Ce n'est que partie remise puisque le deuxième but espagnol intervient à la fin du premier acte. Il est l'œuvre de Gabri. Match plié ? Que nenni ! Les Lions Indomptables ressortent de la cage toutes griffes dehors et rattrapent leur retard grâce à Amaya, allié espagnol de circonstance, puis à Etoo. Ce match est fou. Il le devient encore plus avec les expulsions des Espagnols Gabri et José Mari. Mais rien n'y fait, les deux équipes ne peuvent se départager. Après 120 minutes de combat intense, il faut recourir à la cruelle épreuve de vérité pour désigner le champion olympique. Là, tous les Africains s'acquittent de leur devoir, mais Amaya, décidément bien malheureux, voit son tir repoussé par la transversale. Au Cameroun l'or et la gloire.

Aux antipodes, la grande surprise est venue du Chili. Dans le sillage d'un Iván Zamorano étincelant (meilleur buteur avec six unités à son actif), les Andins sont parvenus à décrocher la médaille de bronze. Les Etats-Unis n'ont pas été en reste, obtenant la quatrième place sous la houlette de Clive Charles. S'il n'a pas récolté de médaille, le Brésil a pu se consoler en décrochant le Trophée du Fair-play.