Lorsque le rideau est tombé sur le Groupe B, ce sont les équipes des Amériques qui avaient le sourire. Le Mexique, en terminant en tête du groupe après une victoire mémorable face au Brésil, a dépassé toutes les attentes et se retrouve aujourd'hui dans le dernier carré. Les Brésiliens passent aussi, mais seulement grâce à une meilleure différence de buts que les Japonais, qui peuvent rentrer en Asie relativement fiers de leur performance. Côté grec en revanche, la Coupe des Confédérations de la FIFA a eu des allures de douche froide, puisque les champions d'Europe finissent derniers du groupe, avec zéro but marqué.

El Tri premier
Le Mexique débute par une victoire 2-1 sur le Japon, revenant d'abord au score, avant de prendre l'avantage et de l'emporter sur une tête spectaculaire de José Francisco Fonseca. Toutefois, c'est contre le Brésil à Hanovre que les Nord-américains créent la sensation. Très bien organisés dans le jeu défensif, auquel tous les joueurs contribuent, ils musèlent parfaitement des Brésiliens, qui se heurtent au gardien Oswaldo Sánchez les rares fois où ils réussissent à percer. Contenir la Seleção n'est pas tout, encore faut-il marquer. C'est Jared Borgetti qui y parvient de la tête et on peut lire le soulagement sur son visage, surtout après l'épisode du penalty de la première période, que l'arbitre lui fait retirer deux fois.

Pour Ricardo Lavolpe, sélectionneur du Mexique, cette victoire est la preuve "qu'il n'existe plus d'équipes imbattables". Après avoir vu le Brésil atomiser la Grèce en match d'ouverture (3-0), on ne voyait pas les hommes de Carlos Alberto Parreira perdre de sitôt. Mais les prouesses offensives de Ronaldinho et compagnie ne doivent pas faire oublier une vulnérabilité sur le plan défensif, que l'on a pu constater non seulement lors de la défaite face au Mexique, mais également au cours du match nul 2-2 contre le Japon. Parreira, qui s'est beaucoup plaint des occasions manquées dans ces deux rencontres, admet cependant qu'il a pris "un risque calculé" en utilisant 20 joueurs en trois confrontations, afin de faire des essais en vue d'Allemagne 2006. Heureusement pour lui, son pari a payé.

Certes, mais de justesse, car le Japon a été à deux doigts d'une première victoire sur les champions du monde lorsque le joker nippon Masashi Oguro, après avoir égalisé dans les dernières minutes de la rencontre à Cologne, force Marcos à un arrêt en catastrophe alors que le Brésil attend le coup de sifflet final. L'équipe de Zico a ainsi superbement réagi à sa défaite d'entrée contre le Mexique. Une victoire contre la Grèce, grâce à un autre but d'Oguro, et un partage des points avec le Brésil prouvent selon Zico que "le Japon peut faire jeu égal avec n'importe qui".

Il y a un an au Portugal, les footballeurs grecs avaient dominé tous leurs adversaires, mais cette fois-ci en Allemagne, ils ont toujours paru être à la peine, s'inclinant contre le Brésil et le Japon, avant de sauver l'honneur en retirant un point de leur dernier match, contre le Mexique. Pour son retour au pays, Otto Rehhagel aurait souhaité mieux faire, même s'il lui manquait plusieurs joueurs-clés. "Notre problème à l'heure actuelle est très simple. Nous ne marquons pas, donc nous ne pas gagnons pas", remarque-t-il.

Ils sont sortis du lot
El Tri est principalement composé de joueurs évoluant au Mexique, mais cela n'a pas empêché le public allemand de se familiariser avec quelques noms : Oswaldo Sánchez, élu "Homme du match" à l'issue de deux des trois matches qu'il a disputés ; Zinha, né au Brésil, a inscrit un joli but face au Japon et montré de belles qualités de meneur de jeu ; à l'avant, l'imposant Borgetti a confirmé la bonne impression qu'il avait donnée avec son but fabuleux contre l'Italie à Corée/Japon 2002.

Quant au Brésil, même sans Ronaldo, il a toujours cette capacité d'enflammer n'importe quelle compétition. Pour ses premières foulées sur les pelouses européennes, Robinho a tenu ses promesses. Il affiche déjà deux réalisations à son compte personnel et a été sacré "Homme du match" contre la Grèce par le Groupe d'Etude Technique de la FIFA (TSG). Au cours de la même rencontre, Adriano a inscrit ce qui pourrait devenir le but du tournoi. Et si vous ajoutez Ronaldinho et Kaka à l'équation, il y a de quoi craindre cette Seleção.

Si la Grèce n'a pas vraiment amélioré sa réputation, on ne peut pas en dire de même des Japonais, et en particulier de Shunsuke Nakamura, "Homme du match" à deux reprises, face aux Grecs et aux Brésiliens. Contre ces derniers, il est l'auteur du premier but, sur un boulet de canon qui ne laisse aucune chance à Marcos, et du coup franc qui rebondit sur le poteau et revient dans les pieds d'Oguro. Celui-ci reprend, égalise et laisse son empreinte sur le tournoi en réussissant à marquer dans deux rencontres consécutives, les deux fois en débutant la partie sur le banc des remplaçants.

Stats
Dans une épreuve riche en buts, le Groupe B fait figure de parent pauvre. Alors que le Groupe A compte 25 réalisations en six matches, dans le Groupe B on a trouvé le chemin des filets à 12 reprises seulement, en autant de rencontres. Cela s'explique à la fois par la pénurie de buts côté grec et par la solidité de la défense mexicaine. Avec un but encaissé en trois sorties, l'équipe de Lavolpe a pu se permettre de finir première avec trois petits buts inscrits. Dans le Groupe B, les meilleurs buteurs s'appellent Oguro et Robinho, avec chacun deux réalisations.

Enfin, si les supporters Grecs n'ont eu aucun but à se mettre sous la dent, ils trouveront peut-être consolation dans le fait que leur équipe n'a récolté que quatre cartons jaunes, ce qui la place en tête, avec le Brésil, du classement du fair-play d'un Groupe B qui n'a eu aucune expulsion à déplorer.