LE FILM DE LA JOURNEE - Le Brésil a donc réussi à se qualifier pour les demi-finales de la Coupe des Confédérations de la FIFA, une performance aussi logique que laborieuse. Soit, mais quel Brésil verra-t-on samedi prochain à Nuremberg ? Cette question doit certainement tarauder Jürgen Klinsmann Sera-ce cette équipe au talent offensif surabondant, emmenée par des Ronaldinho et Robinho qui enchaînent leurs dribbles avec un naturel et une grâce déconcertantes, comme s'ils enchaînaient des pas de danse dans le Sambodromo de Rio ? Ou bien cette formation vulnérable qui a succombé face au Mexique et s'est fait remonter au score deux fois face au Japon ? De son côté, le Mexique a raté la passe de trois, concédant ce soir un tristounet 0-0 contre la Grèce, qui a enfin décroché un point sans toutefois faire trembler les filets. Mais les Aztèques ne sont pas dupes, qui savent que le plus dur est encore à venir. En effet, en tant que vainqueurs du Groupe B, ils vont croiser le fer avec l'Argentine dimanche prochain à Hanovre.
Aujourd'hui, pendant quelques secondes, toute la planète Football a retenu son souffle, croyant bien assister à une deuxième défaite d'affilée du grand Brésil, synonyme d'élimination. A 2-2, après avoir égalisé deux fois, le Japon a disposé d'une belle occasion de créer la surprise. Sur ce centre au second poteau, Masashi Oguro a certes dû se détendre de tout son long, mais il a bien réussi à cadrer sa tête. Dangereusement même, car il a fallu toute l'adresse de Marcos, remplaçant d'un soir de Dida, pour claquer le cuir en corner. Un "ouf" de soulagement parcourt tout le Brésil, qui sait alors que son équipe tient enfin sa qualification. De son côté, le Japon rejoint la Grèce dans la salle d'embarquement de l'aéroport.
Si le Japon peut repartir le cur léger, on ne saurait en dire autant de la Grèce, qui n'a jamais pu tester la solidité des filets allemands. Certes, les Hellènes ne rentrent pas à la maison les mains vides, mais ce point acquis au terme d'un match peu emballant semble une bien triste consolation. Autre "consolation", les poulains de Otto Rehhagel n'ont finalement pas réussi la plus mauvaise performance de l'histoire de la Coupe des Confédérations de la FIFA tout seuls. En effet, ils ont égalé le résultat du Canada en 2001 : 1 point et zéro but. Cependant, la Grèce n'en reste pas moins le plus mauvais performeur européen, drôle de titre pour le thuriféraire du Vieux Continent.
Quand la Seleção joue, elle joue. Cette lapalissade, elle l'a encore confirmée au cours des huit derniers jours, en particulier grâce à la virtuosité du jeune Robinho, un exquis manieur du ballon. Lorsque le joueur de Santos et Ronaldinho sont en phase, la machine auriverde ROnROnne comme un V12.
C'est Robinho qui a ouvert le score mercredi, sur une frappe du gauche qui a filé entre les jambes de Yoshikatsu Kawaguchi. Il avait été servi par Ronaldinho, doit-on le préciser Plus tard, une frappe de Kaka s'est écrasée sur un poteau. Peu après la demi-heure de jeu, Robinho a renvoyé la politesse à Ronaldinho : un crochet sur la gauche de la surface, un centre pour le Barcelonais et le ballon finissait au fond des filets.
Le tableau d'affichage indiquait alors 2-1 en faveur des Verdeamarelhos, Sunsuke Nakamura ayant eu entre-temps l'outrecuidance de fusiller Marcos. Un peu avant, il s'était déjà permis d'envoyer une jolie tête sur la barre, le portier était donc prévenu Et peu après, il allait bénéficier d'une nouvelle occasion intéressante, cette fois dégagée par Cicinho. Malgré son avance, le Brésil a continué d'aller de l'avant, offrant à tous les spectateurs un match captivant. Mais le quatrième but allait tomber dans l'escarcelle nippone, plus précisément dans celle du remplaçant Oguro, déjà auteur du but décisif face à la Grèce. Décidément très inspiré, l'attaquant va même passer tout près de s'offrir le cinquième A posteriori, on peut se demander de quelle façon Zico, la légende brésilienne qui tente d'instiller sa science du jeu et une discipline collective aux enthousiastes Japonais, aurait pu fêter le but Oguro si sa tête n'avait pas trouvé la main de Marcos sur sa trajectoire
Le Mexique avait fait le plus dur face au Brésil et il le savait. Les Aztèques devaient se contenter d'assurer le nul, ce qu'ils ont fait sans trop de peine. La Grèce a pourtant attaqué la rencontre avec trois attaquants, un contingent que Rehhagel a même porté à quatre pour le dernier quart d'heure. Réaction logique, Ricardo Lavolpe a alors rappelé sur le banc José Fonseca, son seul attaquant de pointe en l'absence de Jared Borgetti, ménagé. Le Mexique a marqué un but qui a été annulé l'arbitre, mais il est un indice qui permet de mieux décoder le match : pour la deuxième fois d'affilée, le gardien mexicain Oswaldo Sánchez a été élu Homme du match'