Alors que le Japon se prépare à affronter le Brésil en Coupe des Confédérations de la FIFA mercredi soir, FIFAworldcup.com revient sur la relation très particulière qui unit les deux pays.
Tous ceux qui ont eu l'occasion de visiter le stade des Kashima Antlers, l'un des plus grands clubs de la J-League, sont passés devant sa statue. Lui, c'est Zico, l'ancien meneur de jeu du Brésil et actuel sélectionneur national japonais. Certes, cet hommage appuyé témoigne de la relative jeunesse du football au Japon. En effet, dans d'autres pays, jamais un tel statut de ne lui aurait été accordé aussi vite. Toutefois, il symbolise également la gratitude de tout un pays envers un homme.
Car Zico a été l'un des premiers à aller tenter l'aventure au pays du Soleil Levant, dans les dernières années de sa carrière. Il fut même l'un des grands noms associés à la création de la J-League. Après avoir raccroché les crampons, c'est tout naturellement qu'il a endossé les fonctions de directeur sportif des Kashima Antlers. Sous son impulsion, le club a depuis accueilli plusieurs internationaux brésiliens, dont Cerezo, Jorginho et Leonardo.
On peut donc s'attendre à ce qu'un match contre le Brésil, une équipe dont il a porté les couleurs à 71 reprises, inscrivant 48 buts au passage, soit une occasion particulière pour Zico. Comme il faisait lui-même remarquer sur son site Internet, "ce sera une drôle d'expérience d'essayer de battre cette équipe après avoir passé toutes ces années à la faire gagner". Mais, à bien y regarder, il n'y a pas que le sélectionneur national qui risque d'éprouver une sensation étrange au coup d'envoi de la rencontre car depuis des années, tout le football japonais tente de s'inspirer du modèle brésilien.
La présence de Zico à la tête de l'équipe nationale n'est que le dernier épisode en date d'une relation très étroite entre les deux pays, qui prend sa source dans la forte communauté japonaise au Brésil, principalement dans la région de Sao Paulo. L'un des membres les plus célèbres de cette communauté est sans doute Nelson Yoshimura, un jeune footballeur arrivé au Japon dans les années 60 et qui, après avoir obtenu la nationalité japonaise, a porté à plusieurs reprises le maillot de l'équipe nationale.
Il fut imité dix ans plus tard par George Yonashiro qui, après avoir rejoint Yomiuri (aujourd'hui rebaptisé Tokyo Verdy) a également représenté le Japon. Le succès qu'ont connu ces deux joueurs a marqué à jamais le développement du football japonais. A mesure que le jeu gagnait en popularité, l'influence du Brésil devenait toujours plus sensible.
A l'époque du lancement de la J-League, en 1993, les supporters japonais n'ont d'yeux que pour Ruy Ramos, un autre expatrié au Brésil, que Yonashino vient justement de faire signer à Verdy. Ramos prend finalement la nationalité japonaise et devient sélectionneur de l'équipe nationale de beach soccer. Même Kazu Miura, l'icône japonaise du début des années 90, a abandonné ses études pour partir au Brésil et apprendre le métier de footballeur avant de revenir dans le pays de ses ancêtres.
Une relation forte
On comprend donc que la relation qui unit les deux pays est aussi forte qu'ancienne et que le Japon a beaucoup appris de son prestigieux partenaire. Depuis l'époque de Ramos, deux autres natifs du Brésil ont également porté le maillot de l'équipe du Japon : Wagner Lopes et aujourd'hui Alessandro Santos. Quant à la J-League, elle a incontestablement bénéficié de la présence de joueurs du calibre de Dunga, ancien capitaine de l'équipe du Brésil championne du monde en 1994 et élu Joueur de l'Année au Japon après avoir mené Jubilo Iwata au titre de champion.
Les actuels pensionnaires de la J-League ne portent peut-être pas des noms aussi ronflants que leurs prédécesseurs, mais il ne faudrait pas oublier pour autant que trois des cinq meilleurs buteurs du dernier exercice sont de nationalité brésilienne. De même, un rapide coup d'il aux effectifs des 18 équipes de première division révèle la présence de 41 Brésiliens, ce qui fait du Brésil le pays le plus représenté en J-League, et de loin.
Le Brésil est sans aucun doute le pays qui a eu le plus d'influence sur le développement du football au Japon. Dans ces conditions, les Japonais ne peuvent pas rêver meilleur adversaire pour mesurer les progrès accomplis ces dernières années. On se souvient de l'hystérie qui s'était emparée des supporters japonais lorsque leur équipe avait battu le Brésil 1-0 lors du Tournoi olympique de football en 1996, grâce aux exploits dans le but du jeune Yoshikatsu Kawaguchi, à l'époque âgé de 20 ans. Cinq ans plus tard, à la Coupe des Confédérations de la FIFA, le Japon avait obtenu le nul 0-0 contre la Seleção et devancé le Brésil au classement.
C'était la première fois que les Japonais évitaient la défaite face au Brésil en match international. Néanmoins, il leur faudra faire encore mieux lors de leur prochaine confrontation s'ils veulent poursuivre leur parcours en Coupe des Confédérations de la FIFA 2005. Zico, lui, se veut confiant.
Ses joueurs viennent de battre la Grèce dimanche dernier au terme d'une excellente prestation. Les hommes de Zico ont su jouer vite et bien, dans un style qui n'est pas sans rappeler celui des meilleures équipes d'Amérique du Sud. Le manque de régularité du Japon, et son incapacité à produire de telles performances à chaque sortie, ont valu au Brésilien quelques critiques dans la presse japonaise. Mais personne ne s'est hasardé à venir contredire son jugement à l'issue du match contre la Grèce : "Nous avons joué vite et bien".
Toutefois, en ce qui concerne la finition, les Japonais ont encore des progrès à réaliser. "A chaque fois qu'un de mes joueurs se retrouve seul face au gardien je lis la panique dans son regard, regrette Zico. Ce n'est pas une question de technique, c'est un problème psychologique." Certes, le Brésil a largement contribué au développement du football japonais, mais de là à trouver un Ronaldo de rechange