Mais où va donc la Grèce ? Cette question est sur toutes les lèvres après l'élimination des Champions d'Europe en Coupe des Confédérations de la FIFA, dimanche. L'équipe hellène occupe actuellement la dernière place du Groupe B avec un crédit de zéro but et zéro point.
Traditionnellement de fer, sa défense a pris l'eau de toutes parts face au Brésil (3-0) et peut s'estimer heureuse de n'avoir encaissé qu'un seul but devant le Japon au Waldstadion.
Les indécrottables optimistes répondront que les hommes d'Otto Rehhagel ne peuvent que faire mieux, mais les Mexicains ne l'entendent sans doute pas de cette oreille dans la perspective du dernier match du groupe, qui opposera les deux équipes mercredi.
Et la Grèce court le danger d'égaler le peu enviable record d'une élimination sans point et sans but du tournoi. A ce jour, l'Arabie Saoudite est la seule équipe à avoir fait aussi mal, mais elle n'avait disputé que deux matches en 1995. Depuis que le nombre de participants à la Coupe des Confédérations de la FIFA a été porté à huit en 1997, la Nouvelle-Zélande à deux reprises et, ironiquement, le Mexique en 2001, ont plié bagage avec zéro point et un but. Toujours en 2001, le Canada avait marqué un point, mais sa ligne d'attaque était restée désespérément muette. Certes, les Grecs ont été privés de quelques-uns de leurs joueurs essentiels. Le défenseur central Traianos Dellas a dû déclarer forfait, tandis que son partenaire habituel dans l'axe, Mihalis Kapsis, n'a pas encore joué une seule minute de jeu.
Pour corser le tout, la Grèce a également perdu son arrière droit Giourkas Seitaridis, victime d'une blessure à la cheville après une mi-temps du premier match face au Brésil. On ne le reverra plus pendant le tournoi. Pour comble de malheur, le capitaine Theodoros Zagorakis n'a pu tenir sa place contre le Japon car il avait défendu les couleurs de son club, Bologne, moins de 24 heures auparavant. Pour une équipe qui s'appuie sur une stratégie essentiellement défensive, il s'agit de sérieuses contrariétés.
Après le match contre le Japon, plusieurs joueurs se plaignaient d'épuisement. "Nous sommes tous très fatigués. Ces dernières semaines, nous avons joué match sur match. C'est ce qui explique ce résultat négatif", analysait Angelos Basinas à l'issue de la rencontre.
Conscient du problème, Rehhagel a laissé entrevoir un changement de batteries. Il devra de toute façon composer avec l'absence de Georgios Karagounis, suspendu pour accumulation de cartons jaunes.
"Devoir se passer de trois ou quatre joueurs est toujours problématique. Nous avons dû remplacer trois joueurs et devrons encore en mettre au repos plusieurs lors du prochain match. Mon souhait à présent, c'est que les remplaçants saisissent leur chance pour prouver ce dont ils sont capables", déclarait Rehhagel à l'issue du deuxième match.
Face au Brésil, Rehhagel avait préféré ne pas expérimenter. Mais il a ensuite offert sa première sélection à Efstathios Tavlaridis contre le Japon. Mais le jeune défenseur n'est resté qu'une demi-heure sur la pelouse avant de céder sa place pour des raisons tactiques à Vassilios Tsiartas, un milieu sélectionné pour la première fois dans la Coupe des Confédérations de la FIFA.
L'attaquant Theofanis Gekas, en vedette la saison dernière, qu'il a clôturée en tête du classement des buteurs, a également fait son apparition à la mi-temps, sans toutefois guère toucher de ballons face à une équipe japonaise contrôlant parfaitement le match.
Reste à voir combien de remplaçants Rehhagel compte lancer dans le grand bain face à une équipe mexicaine qui déborde de confiance après avoir renversé le Brésil de son piédestal, dimanche.
Arrivé avec l'espoir que ses joueurs pourraient faire des vagues dans son pays natal avec l'appui de l'importante communauté grecque émigrée en Allemagne, Rehhagel se trouve à présent dans la nécessiter de sauver l'honneur.
Il doit avant tout se demander de combien de titulaires il peut se priver sans faire courir à son équipe le risque de se laisser submerger par le Mexique et de rentrer à la maison rouge de honte. Ce n'est qu'à ce moment qu'il pourra répondre à la question qui l'étreint : mais où va donc la Grèce ?