Face aux hôtes du tournoi, la Seleçao sait que pour accéder à la finale de la Coupe des Confédérations de la FIFA, Allemagne 2005, elle va devoir retrouver la magie qui la caractérise habituellement. Mais, au vu de la première phase de la compétition, l'on peut déjà avancer que ce ne sera pas facile. Les quintuples champions du monde ont montré deux visages bien différents jusqu'à présent, mais avec un dénominateur commun simple et élémentaire : la maîtrise du ballon.
Franciso Maturana, membre du prestigieux Groupe d'étude technique (TSG) de la FIFA, a parfaitement analysé la situation après le nul 2-2 concédé face au Japon, lors de la dernière journée du Groupe B : "Lorsque les Nippons se sont désinhibés et ont renforcé leur jeu pendant 45 minutes, les Brésiliens ont montré qu'ils supportaient mal d'être privés de ballons".
Les Auriverdes avaient pourtant reçu un premier avertissement lors des éliminatoires de la zone Amérique du Sud face à l'Argentine. L'équipe de Carlos Alberto Parreira venait d'écraser le Paraguay 4-1 en amical, les fameux "quatre fantastiques" (Kaka, Ronaldinho, Adriano et Robinho) réussissant un véritable festival. Oui, mais voilà ! Les Albicelestes allaient utiliser un schéma tactique différent : s'appuyant sur un milieu de terrain dense, ils ont pris le contrôle du jeu dès l'entame du match ; et lorsque les Brésiliens se sont réveillés, ils avaient déjà encaissé trois buts en 45 minutes !
Pourtant, le premier match du Brésil dans cette Coupe des Confédérations de la FIFA a semblé indiquer que les Auriverdes s'étaient bien remis de leur défaite 3-1 contre les Gauchos. Cette fois-ci opposés à la Grèce, ils ont profité d'une grande liberté au milieu de terrain pour faire étalage de leur talent. Mais cette victoire 3-0 devait ensuite être minimisée par les piètres résultats obtenus par les Hellènes (seule équipe à n'avoir inscrit aucun but dans la compétition).
Le deuxième match, face au Mexique, a révélé une toute autre équipe, qui a distillé avec parcimonie son meilleur football et a manqué de profondeur dans le jeu. Le schéma tactique mis en place par Ricardo Lavolpe était simple : laisser le ballon aux Brésiliens, mais les priver d'espace au milieu, en attaque et sur les côtés. Résultat : grâce à une stratégie rigoureuse et sans faille, les champions de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes ont battu ceux de la zone Amérique du Sud 1-0.
Peut-être la meilleure illustration des "deux visages" de la Seleçao a-t-il été le match nul face au Japon. Après une première mi-temps brillante, à laquelle ne manquaient qu'un ou deux buts en faveur des joueurs de Parreira, la sélection brésilienne a ensuite perdu le fil du jeu alors que les Nippons, de leur côté, retrouvaient leur football. Il convient de souligner que la condition physique a constitué un facteur important dans ce match. Les Brésiliens auraient certainement pu compenser leur fatigue en faisant courir la balle, si les Japonais ne les en avaient pas privé. Les Sud-américains peuvent d'ailleurs remercier leur gardien, Marcos, qui les aura sauvés de l'élimination grâce à un arrêt miraculeux sur la dernière action du match.
Devant le duel qui se profile contre l'Allemagne, une question est dans toutes les bouches : quel Brésil allons-nous voir à Nuremberg ? Celui qui fascine par sa précision et sa vélocité ou celui qui semble démuni dès qu'on le prive de ballons ? Réponse le samedi 26 juin.