C'est difficile à croire, et pourtant c'est vrai : le quatrième demi-finaliste de la Coupe des Confédérations de la FIFA sera connu à l'issue du match Japon - Brésil. Alors que tout le monde voyait déjà l'équipe de Carlos Alberto Parreira se qualifier dès le deuxième match, la défaite subie contre le Mexique la place dans une situation peu habituelle : la Seleçao ne doit pas commettre la moindre erreur si elle veut rester dans le "Festival des Champions".
Si les deux formations sont à égalité avec trois points chacune, un match nul suffirait au Brésil pour passer le premier tour, grâce à une meilleure différence de buts. Et, bien qu'il soit difficile d'imaginer que le quintuple champion du monde se repose sur cet avantage mathématique, cet élément n'en aura pas moins son importance sur le déroulement de la partie : les Nippons doivent impérativement gagner pour atteindre le dernier carré de la compétition. La question du jour est donc la suivante : parviendront-ils à bousculer le géant sud-américain ?
Le respect à l'orientale
S'il existe une personne capable de donner un point de vue précis sur ce duel prometteur entre les champions d'Asie et d'Amérique du Sud, c'est bien Zico. Après la qualification nippone pour la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006 et la récente victoire sur la Grèce, le sélectionneur du Japon, considéré au Brésil comme le "Pelé blanc", estime que tout est possible : "Nous savons que le Brésil est une grande équipe et que ce match sera très dur pour nous. Mais nous devons rester fidèles à notre mentalité et croire en nos chances de gagner. Je suis convaincu que nous en sommes capables. Mais pour cela, nous devons avoir confiance en nous et en notre style de jeu."
Zico n'a pas tort : face aux Grecs champions d'Europe, ses joueurs ont rigoureusement respecté le schéma tactique et ont développé un jeu très collectif. Mais s'ils veulent battre le Brésil, ils devront être plus tranchants dans les derniers mètres. Zico le sait : "Les Japonais sont très forts techniquement, mais ils pêchent souvent au niveau de la finition. Contre la Grèce, nos attaquants ont parfois donné l'impression de paniquer devant le but. Avec un peu plus de sang-froid, nous pourrions concrétiser davantage d'occasions", explique l'entraîneur.
Un géant blessé dans son orgueil
Personne n'aime perdre, et Parreira ne fait pas exception à la règle. La défaite contre le Mexique a été très mal accueillie par l'entraîneur, qui a annoncé des changements, pour des raisons tactiques ou physiques, et ce malgré l'enjeu du prochain match : "Aujourd'hui, nous sommes dans l'obligation de gagner. Si nous perdons contre le Japon, nous serons éliminés du tournoi. J'en assume les responsabilités, comme doit le faire tout entraîneur qui se respecte. Je vais donc procéder à des changements et prendre le risque de jouer avec une équipe différente contre le Japon". Clair comme de l'eau de roche. La question est : qui va sortir ?
Si Parreira a poliment refusé de révéler la composition de l'équipe qui affrontera le Japon, il a malgré tout donné quelques indices : "Les défenseurs Cicinho et Gilberto ont déjà joué deux matches. Nous avons pu les observer et en tirer quelques enseignements. Le moment est peut-être venu d'essayer Maicon et Leo", a-t-il suggéré sans surprise lors de la conférence de presse.
La réaction générale a été toute autre lorsque, quand on lui a demandé s'il pensait ne pas titulariser l'un des "quatre fantastiques" (Kaka, Ronaldinho, Robinho et Adriano), Parreira a répondu : "Si je considère que l'un d'entre eux a besoin de repos, je n'hésiterai pas à le remplacer. De plus, compte tenu de leurs caractéristiques individuelles, ces joueurs ont tendance à concentrer le ballon au milieu du terrain, alors qu'il faudrait au contraire ouvrir le jeu".
Pour l'entraîneur brésilien, le Japon n'est pas une équipe à prendre à la légère : "Avant l'Euro, par exemple, ils ont battu la République Tchèque, qui restait sur une impressionnante série de 35 matches sans défaite. Ils viennent d'ajouter le champion d'Europe à leur tableau de chasse. C'est une équipe rapide, très appliquée techniquement, dont la vélocité peut nous poser quelques problèmes. Mais nous ne devons pas calculer : la seule issue possible, c'est la victoire", a-t-il ajouté.
Ronaldinho, la star que tout le monde veut voir, a parfaitement résumé l'enjeu crucial du match qui va opposer mercredi les Nippons aux Auriverdes : "Ce sera une finale, ni plus ni moins !"