Et de trois ! Avec neuf points en trois matches et aucun but encaissé, l’Argentine a réalisé une entame de compétition idéale. Brouillon, emprunté, le Nigeria fut dominé de bout en bout à Turku, mardi 19 août 2003. Le Costa Rica ayant battu l'Australie par deux buts à zéro, la FIFA a dû procéder à un tirage au sort pour déterminer qui des Nigérians ou des Costaricains seraient qualifiés pour les quart de finales. Les deux équipes ont en effet terminé avec le même nombre de points, et les mêmes lignes de statistiques. Et la chance a tourné en faveur des Ticos, au grand dam des Africains.
Au coup d’envoi, l’effectif du Nigeria ne présentait aucun changement majeur. Augustine Eguavoen alignait son équipe type et ne devait la modifier qu’une fois en cours de partie. L’expérimenté coach africain devait composer avec un groupe marqué par les blessures. Aussi les joueurs, malgré toutes les bonnes volontés du monde, n’ont pu offrir à leur entraîneur, qui fêtait ses 38 ans aujourd’hui, le cadeau d’anniversaire souhaité.
Au cours d’un match placé sous le signe du fair-play, le Nigeria subit la supériorité technique et tactique des Argentins. La maturité des Sud-américains, emmenés par son capitaine, le solide Lautaro Formica, tranchait avec les mouvements désordonnés de leurs adversaires.
D’autant que l’Argentine présentait un nouveau visage. Hugo Tocalli reconnaissait avoir "fait tourner non seulement les joueurs, mais aussi les positions habituelles qu’ils occupent sur le terrain. Car par chance, nous étions déjà qualifiés avant ce dernier match".
Le Nigeria eut chaud puisque Fernando Gago, esseulé dans la surface parmi quatre défenseurs, frappa d’emblée au but. Ambruse Vanzekin s’interposa brillamment (2’). A la fin d’un très beau mouvement collectif commencé après une récupération dans ses 16,50 mètres, ce fut Hernan Peirone qui tira dans un angle fermé et Vanzekin du encore s’employer (8’). p>Dès lors, la première période fut pauvre en occasions, à l’image de ce que serait ce match. Il fallut attendre la demi-heure de jeu pour voir le premier tir cadré nigérian. John Mikel sur une balle flottante en retrait (33’) puis à ras de terre, sans grand danger toutefois (38’).
Au retour des vestiaires la supériorité des Argentins restait manifeste, à l’image du teigneux Ariel Colzera. Habile, vif, batailleur, le jeune attaquant de Boca Juniors usa les Nigérians sur le flanc droit de l’attaque. Ses coéquipiers allaient bénéficier des fruits de leur domination.
Sur un coup franc lointain de Formica tiré au deuxième poteau, Peirone remis acrobatiquement dans le paquet. Alejandro Faurlin n’eut plus qu’à pousser le ballon au fond (0-1, 59’). "J’ai eu un peu de chance, confia-t-il par la suite, parce qu’il m’est arrivé dessus et je l’ai pris comme il venait."
Le résultat ne devait pas changer et Tocalli, radieux, expliqua que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes : "Non seulement nous avons terminé en tête de notre groupe, ce qui est mon objectif, mais Lucas Biglia va revenir. Je vais pouvoir de nouveau compter sur mes vingt joueurs".
Interrogé sur l’adversaire qu’il souhaiterait rencontrer en quarts de finale, soit le second du groupe A, le technicien argentin fut limpide : "Mexique, Finlande ou Colombie, cela ne change rien. Nous respectons tous les pays présents dans ce Championnat du monde et nous allons tout faire pour gagner nos six matches".