Avalanche de buts au stade Töölö de Helsinki ce mardi. A eux deux, le Mexique et la Chine ont inscrit six buts dans un dernier match du Groupe A haletant et très disputé. Le score final, 3-3, suffit à envoyer les Nord-américains en quart de finale. Quant aux Asiatiques, ils quittent la Finlande la tête haute, en ayant régalé le public et engrangé leur premier point de la compétition.

Au début du match, les données du problème sont simples : le Mexique peut se contenter d’un nul pour décrocher son sésame pour le second tour et la Chine, battue 2-1 à deux reprises, est d’ores et déjà éliminée. Cela explique peut-être le début de match poussif auquel assistent les spectateurs de Helsinki par une fin d’après-midi frisquette. Toutefois, encouragée par les slogans de ses irréductibles supporters, la Chine est la première à se mettre en action. C’est ainsi que Hao Junmin se joue de son vis-à-vis avant de décocher une frappe du droit que José Alamo neutralise en se couchant sur sa droite.

Pourtant, au fil des minutes, les garçons de Humberto Grondona commencent à dominer la possession de balle. Aux avant-postes, Julio Ceja pose les premiers jalons en multipliant les courses croisées dans le dos des quatre défenseurs asiatiques. Puis, sur un corner joué long, Gerardo Flores hérite du cuir, mais sa frappe qui semblait promise aux filets est contrée par un coéquipier, avant de rebondir gentiment hors de la zone dangereuse.

Joueur vedette de la Chine jusque-là, Yongpo Wang sort de sa léthargie juste avant la demi-heure de jeu. Et de quelle manière ! Après avoir magnifiquement contrôlé un long ballon de la poitrine, il pivote et expédie un missile que Alamo a la bonne idée de maîtriser.

Quelques minutes plus tard, on prend le même et on recommence, mais avec davantage de réussite. Alors que les Asiatiques commencent à prendre le dessus, Hao enroule un joli corner et là, le temps s’arrête. Yongpo s’élève majestueusement au-dessus d’une marée aztèque et plante un coup de tête qui va se loger dans le coin du but adverse (1-0, 34’). Deuxième but du jeune prodige dans cette phase finale et troisième fois de suite que les protégés de Liu Chunming prennent l’avantage dans un match. Sur ces entrefaites, ils passent tout près de remettre ça : Wang s’infiltre, mais son tir, trop mou, est facilement capté par Alamo.

On ne connaît qu’une chose du discours tenu par Grondona dans les vestiaires : son efficacité. Quelques secondes après la reprise, Emilio López balance un boulet de canon au ras du poteau gauche. Puis c’est au tour du capitaine Alberto Ramírez, replacé dans une position axiale plus naturelle pour lui, de s’employer. Sur une demi-volée terrible, il frôle le montant droit de Tian Xu. Davantage à son affaire au centre des débats, le numéro 5 tricolor se trouve pourtant excentré côté droit quand il amène le but égalisateur. C’est en effet lui qui ajuste un corner au premier poteau sur lequel Flores se jette avec succès (1-1, 51’).

Le Mexique semble avoir les choses en main, mais les Chinois ne restent pas cois. Et bien leur en prend. Sur un nouveau coup de pied de coin, Jiang Chen se retrouve étrangement seul au point de penalty et n’a plus qu’à placer le ballon dans les cages vides (2-1, 61’).

On croit alors les Asiatiques maîtres de la rencontre. Que nenni ! Cette rencontre fofolle nous réserve encore de nombreuses surprises. Suite à une faute commise en dehors de la surface de réparation, le Chinois Cai Xi se jette sans ménagement sur Flores, ce qui lui vaut un carton rouge immédiat. Dans la bousculade qui suit, Oscar González, entré en cours de jeu dans les cages mexicaines, veut faire la loi à sa manière. Même sanction pour lui : direction la douche. Disciplinaire, la punition sera également sportive pour la Chine puisque Ceja cisèle un coup franc flottant que Manuel Mariaca reprend victorieusement de la tête (2-2, 73’).

inq minutes plus tard, les Mexicains prennent l’avantage pour la première fois de la partie. Et c’est encore une histoire de corner. Rafael Murguía se faufile au premier poteau pour détourner un nouveau coup de patte de Ramírez, inscrivant son premier but de la compétition (2-3, 78’). L’on croit alors les dix Chinois définitivement matés, mais il n’en est rien. Au bout d’une contre-attaque, Jiang repique vers l’intérieur, se retrouve sur son pied droit et réussit son deuxième but de la rencontre, son troisième dans la compétition. (3-3, 81’). Cette fois, c’en est bien fini !

Au terme de la rencontre, Grondona, l’entraîneur argentin du Mexique, ne cachait pas son soulagement. "On n’a pas bien joué en première période, c’est pourquoi j’ai changé de dispositif à la mi-temps, expliquait-il. On a fait mieux par la suite et on aurait pu espérer gagner, mais on s’est déconcentrés et ça n’a pas pardonné."

Quant à son homologue chinois, Liu Chunming, il reconnaissait que ses protégés avaient fait le plein d’expérience dans cette phase finale. "A chaque match on a vu comment nos adversaires maîtrisaient le ballon. On doit développer cet aspect à l’avenir", a-t-il confié.