La Colombie a détruit tous les rêves finlandais. En atomisant 9-1 l’équipe locale à Helsinki ce mardi 19 août, les Cafeteros se sont frayés un chemin jusqu’en quarts de finale. En raison du nul 3-3 du Mexique face à la Chine dans l’autre rencontre du Groupe A, les protégés d’Eduardo Lara se sont octroyés la première place de la poule, ce qui leur donne le droit de défier le Costa Rica, toujours au stade de Töölö. Auteur de quatre buts, Carlos Hidalgo a rejoint Freddy Adu en tête du classement des meilleurs réalisateurs. Son coéquipier Gustavo Adrián Ramos s’est "contenté" d’un coup du chapeau.
La Colombie avait juste besoin d’un point alors que les Finlandais recherchaient à tout prix les trois points de la victoire. Vous comprendrez donc aisément que les deux formations ont attaqué la rencontre pied au plancher. Sous le soleil couchant et devant des spectateurs dont une partie suivait le match depuis une colline surplombant le stade de Töölö, les 22 acteurs étaient disposés à offrir du spectacle.
Les Rascals sont les premiers à créer le danger, Jarkko Hurme envoyant une bonne tête au-dessus. Les Sud-américains se montrent plus menaçants quelques minutes après, lorsque le grand défenseur Juan Carlos Morales surgit au deuxième poteau avant d’envoyer le ballon de la tête dans la transversale. Les Cafeteros ne tardent pas à déflorer la marque. A la 16e minute, Carlos Hidalgo ajuste un coup franc à 18 mètres dans la lucarne de Aapo Kiljunen, qui ne peut que constater l’étendue des dégâts. La foule locale est pétrifiée, le contingent colombien devient fou (1-0, ‘16).
Les Nordiques ne se laissent pas abattre, qui réagissent au quart de tour. Eetu Muinonen contrôle un long centre de la droite dans la surface de réparation, mais il rate le cadre. Inquiétés par cette révolte soudaine, les visiteurs en remettent une couche. A la 32e minute, Gustavo Adrián Ramos est lancé en profondeur mais il est fauché par le gardien, Kiljunen. Le joueur se fait vengeance lui-même du point de penalty en prenant le portier à contre-pied (2-0, ‘32).
L'addition se corse
Trois minutes plus tard, l’addition se corse pour les locaux. José Otalvaro tente un superbe petit lob depuis la gauche de la surface, qui heurte d’abord la transversale puis le poteau. Le cuir rebondit par terre et s’offre à Ramos, qui ne se fait pas prier pour le catapulter de la tête au fond des filets finlandais (3-0, ‘36).
Juste avant la pause, le buteur blanc Tomi Petrescu redonne un peu d’espoir aux siens. Retrouvant son instinct prédateur, il met à profit une frappe ratée de son coéquipier Jarno Parikka, qu’il dévie dans les cages colombiennes (3-1, ‘41).
Comme seule la victoire leur était utile, les Finlandais entament la deuxième période bille en tête. Courageux en diables, ils sont aussi un peu oublieux du marquage. Une aubaine pour les Sud-américains, qui vont enfiler les buts comme des perles. C’est d’abord Hidalgo qui se retrouve seul dans la surface et qui allume le gardien. Premier coup de chapeau de la soirée (4-1, ‘50).
Désemparés, les jeunes Finlandais commencent à faire des erreurs fatales. Ainsi, Sami Sanevuori se troue dans ses 18 mètres et donne à Hidalgo la possibilité de signer un quadruplé. Trop content, le buteur colombien bat adroitement Kiljunen, qui n’y peut rien (5-1, ‘61)
l faut à peine deux petites minutes pour que le score évolue à nouveau : 6-1. La défense nordique est devenue une passoire qui n’arrive pas à se dégager. Le capitaine adverse Freddy Guarín en profite et corrige une nouvelle fois le portier local (6-1, ‘63).
Les choses empirent cinq minutes plus tard. Nouveau cafouillage à l’arrière et Ramos signe son deuxième but de la soirée. C’était lui mais cela aurait bien pu être un autre tant il y avait de Colombiens dans la surface prêts à chaparder un ballon libre (7-1,’68). Comme la défense finlandaise est désormais aux abonnés absents, Ramos ne se prive pas de repasser une couche pour compléter son hat-trick (8-1, ‘71).
L'hallali
Le score est scellé par le numéro 9, Juan Gilberto Núñez, récemment entré en jeu. Le Cafetero s’empare d’un ballon en profondeur, contourne le dernier rempart finnois et convertit le dernier but de la soirée dans un angle fermé (9-1, ‘74). Cela aurait pu faire dix, mais les Latinos ne réussissent pas à arrondir le compte malgré les chants de leurs insatiables supporters.
"Dans ces instants difficiles pour notre pays, les garçons ont donné un peu de joie au peuple colombien, a déclaré le sélectionneur Lara après la rencontre. Mais le prochain match, face au Costa Rica, sera très compliqué. Il nous faudra rester sur nos gardes, continuer de travailler dur et ne pas nous laisser griser par les neuf buts de ce soir."
"J’ai été critiqué par la presse de mon pays parce que je ne faisais pas jouer les gamins à la colombienne, a ajouté Lara. Aujourd’hui, après ces deux matches, je pense que nous avons montré que nous nous sommes bien habitués à ce gazon artificiel."
Côté finlandais, le sélectionneur, Jyrki Heliskoski, se montrait philosophe face à l’atomisation et à l’élimination. "Nous avions besoin d’une victoire et je pense que nous avons montré en première mi-temps notre meilleur football de la compétition, a-t-il dit. La seconde période était catastrophique, mais lorsque vous êtes menés 4-1 et qu’il vous faut les trois points, la défense n’est plus une priorité."
"Malgré le score de ce soir, cette compétition a été un succès pour nous. L’ambiance a toujours été superbe : le football finlandais ne peut que progresser après cette épreuve."