Il n’y eut point de surprise à Tampere, mercredi 20 août 2003. Les Brésiliens eurent besoin d’une période pour battre cette équipe du Yémen décidément remarquable par ses valeurs morales et sa technique. Les derniers instants du match apportèrent aussi un chef d’œuvre signé Arouca : une frappe limpide en lucarne qui a fait lever le stade Ratina. Les Brésiliens vont maintenant prendre la direction de Turku, où ils rencontreront le second du groupe D, les Etats-Unis.

Entre les double champions du monde de la catégorie qui venaient d’écraser le Portugal et les nouveaux venus yéménites, il n’y avait pas photo. Pourtant, ces derniers jouèrent leur chance à fond, sachant qu’un miracle les aurait qualifiés. Faux départ cependant : à la retombée d’un ballon flottant, Evandro piqua une tête que toucha le défenseur Ali Al Baiti. Le gardien yéménite Mohammed Al Ayash ne parvint pas à bloquer le cuir, qui franchit la ligne (1-0, 28’).

Comme face au Portugal, ce premier but libéra les énergies auriverde. Jonathan adressa une pichenette à Evandro, dont la reprise du pointu effleura le poteau droit (31’). Bien lancé par Ederson plein axe, il n’eut ensuite aucune difficulté à lober Al Ayash, sorti à sa rencontre (2-0, 32’).

Le Yémen, dont on a vu les qualités morales, répliqua peu après par Abdulelah Sharyan, sans doute son meilleur élément depuis le début de la compétition. Mais le tir de l’avant heurta le poteau droit du gardien Bruno (35’). Sharyan, encore lui, eut une autre occasion dès le début de la seconde période. Mais Arouca, qui était dans une forme étincelante mercredi, le reprit avec la vitesse et l’expérience d’un pro. Le débat fut ensuite plus confus et les tirs se raréfièrent.

"Mon équipe a réalisé une excellente première période mais à 2-0 elle s’est endormie, pensant peut-être que c’était fini, regretta le coach du Brésil Paqueta après le match. Du coup, le Yémen est revenu plus fort ensuite et s’est créé de belles occasions". Les Yéménites furent en effet les plus dangereux en fin de deuxième période. Sharyan contraint Bruno à sortir (72’) et Akram Al Selwi conclut d’une volée rasante un joli mouvement collectif (74’).

Le Brésil rappela qu’il n’avait pas coulé le Portugal par hasard. Entré en cours de jeu, Felipe expédia une tête sortie sur sa ligne et miraculeusement par le défenseur Mohanad Munassar (80’). On assista alors au pur chef-d’œuvre d’Arouca : un tir croisé du droit à 25 mètres qui alla chercher la lucarne opposée de Ayash (3-0, 86’).

Monsieur l’arbitre distribua alors les cartons à la pelle, dix au total dont deux rouges pour le Yémen. "Nous n’avons pas été chanceux de recevoir ces expulsions en deuxième période, notait Amen Al Sunaini son entraîneur. Mais je suis content du match malgré tout dans la mesure où rencontrer le Brésil fut un bon test pour mes joueurs".

Al Sunaini peut s’enorgueillir d’être venu en Finlande proposer du jeu et montrer des qualités techniques réelles. Quant aux Brésiliens, ils terminent premiers de leur groupe. Direction Turku, en quarts de finale, où les attendra le deuxième du groupe D.