13.08.03 – Finlande 2:1 Chine – min. 64 – Groupe A, Helsinki
Menés 1-0 dès les premières minutes dans ce match d’ouverture, les courageux Vintiöt se révoltent et prennent le contrôle d’une âpre bataille face aux Chinois.
Si les Finlandais se voient d’abord refuser un but pour hors-jeu, il réussissent finalement à faire la différence. A 25 mètres des cages chinoises, Petrescu travaille un coup franc qui prend Tian à contre-pied. Précisons tout de même que Menekse avait dévié la trajectoire du cuir d’un astucieux coup de patte, provoquant un rebond fatal au portier visiteur. (2-1, 64’)
Ces trois points sont les seuls récoltés par les organisateurs sur l’ensemble de la phase finale, mais la rencontre, riche en rebondissements, a suffi à mettre la foule en appétit.
13.08.03 - Nigeria 1:1Costa Rica – min. 83 - Groupe B, Turku
Il reste moins de sept minutes à jouer et le Costa Rica n’apparaît pas en mesure de recoller au score. C’est sans compter sur Josimar, le plus petit joueur sur la pelouse, qui récupère le ballon à 30 mètres des buts adverses et transperce la défense nigériane, jusque-là irréprochable, avant de battre facilement le gardien Ambruse Vanzekin.
"Quand je me suis retrouvé balle au pied, je n’avais qu’une seule idée en tête : la garder et marquer, explique-t-il, le regard brillant. J’ai passé un joueur. Un autre est arrivé, mais il n’était pas sur ses appuis, et j’ai pu le passer aussi. Quand le gardien est sorti à ma rencontre, j’ai visé la lucarne et le ballon y est allé tout droit. J’ai déjà marqué des buts comme ça, mais jamais en Championnat du Monde."
"Anodin" ce jour-là, ce but s’est finalement avéré décisif, les deux équipes achevant la phase de poules avec le même nombre de points, le même goal average et, grâce au talent de Josimar, ex-aequo dans la différence de buts particulière. C’est alors le tirage au sort qui a envoyé le Costa Rica en quarts de finale…
14.08.03 – Yémen 3:4 Portugal – mins. 80,82, 88, – Groupe C, Tampere
Après avoir mené 2-0 puis avoir vu le Portugal revenir à hauteur 2-2, le Yémen parvient à reprendre l’avantage 3-2. Opiniâtres, les Ibères égalisent une nouvelle fois, avant de crucifier les joueurs du Golfe Persique à huit minutes du terme.
entré en cours de deuxième période, Manuel Fernandes expédie un coup franc bien travaillé du droit dans le petit filet (3-3, 80’), rétablissant la parité. Tout est à refaire pour le Yémen, d’autant que l’avantage psychologique est au Portugal. C’est logiquement que les champions d’Europe marquent alors le but de la victoire. Suite à une attaque venue de la droite, un groupe de joueurs pousse le ballon dans les cages vides (3-4, 82’). Le Portugal prend l’avantage pour la première fois de la partie. Il le gardera malgré deux moments de panique générale dans sa surface (88’, 93’).
"Ce fut un match de très bon niveau, avec un suspense certain, devait reconnaître Antonio Violante, l’entraîneur portugais, après le match. Nous avons eu de la chance au bon moment, mais je n’ai jamais douté de notre victoire."
14.08.03 – Etats-Unis 6:1 Corée du sud – min. 16 - Groupe D, Lahti
Menés 1-0 après un but contre son camp maladroit de Dwight Owen, les Américains se remettent en selle grâce au plus jeune joueur de la compétition, Freddy Adu. Après quelques belles banderilles, le jeune homme de 14 ans récupère la balle à une quarantaine de mètres des buts adverses, avant de se retourner magistralement et de laisser sur place quatre défenseurs coréens d’une fulgurante accélération. Il ne lui reste plus qu’à éliminer le portier Cha Ki Seok et à porter l’estocade du gauche, pour le plus grand bonheur de ses coéquipiers, et plus encore du malheureux Owens (1-1, 16’).
"En fait, je cherchais quelqu’un à qui donner le ballon, déclarait modestement l’adolescent après la rencontre, une poche de glace pressée sur sa cheville. Mais il n’y avait personne, alors j’ai décidé d’y aller tout seul."
14.08.03 – Espagne 3:3 Sierra Leone – min. 96 – Groupe D, Lahti
Réduite à 10, l’Espagne a vu son avance de 2-0, a priori définitive, se transformer en déficit 2-3. On la croit alors morte et enterrée, décapitée par les héroïques Sierra Léonais et leur formidable capitaine, Samuel Barlay, auteur d’un doublé.
Mais à la 6e minute du temps additionnel, les joueurs africains, visiblement à bout de forces, ne parviennent pas à empêcher Xisco le remplaçant d’arracher le point du match nul sur une tête au premier poteau. Alors que les Ibères fêtent leur exploit avec leur entraîneur Juan Santisteban sur la touche, l’arbitre siffle la fin du match… Enorme déception pour les Africains, qui se rassemblent dans la surface de réparation… Ces trois points auraient pu être capitaux pour les espoirs sierra léonais...
22.08.03 - Portugal 5:5 Cameroun - min. 21 Groupe C, Tampere
ieira de Freitas, espoir du FC Porto, récupère une mauvaise passe dans son camp, il lève les yeux, fait trois pas (il était alors dans le rond central, mais dans son camp) et adresse un lob prodigieux tant sa trajectoire était parfaite. Abasourdie, la foule suit la course du ballon, qui se termine au fond des filets, imité peu après par le gardien Luc Kalapach. Le stade Ratina faisant 105 mètres de long, il n’est pas absurde de penser que le ballon a volé sur 60 mètres ! Le Portugal tient son Pelé, le tournoi son exploit (1-0, 21’).
"C’est le plus beau but de ma vie, reconnaissait Vieira après le match, tout sourire. J’ai souvent essayé ce geste, sans jamais y parvenir". Les deux entraîneurs eux-mêmes n’avaient jamais vu pareil ovni voler dans un match. Admiratif, Antonio Violante salua après coup le geste de son prodige : "Un garçon au talent exceptionnel, qui voit des choses que les autres ne voient pas".
22.08.03 - Portugal 5:5 Cameroun - min. 92 – Groupe C, Tampere
Cinq buts de retard auraient découragé le plus têtu. Mais pas les Camerounais, qui se sont offerts une remontée impossible dans les 25 dernières minutes de la deuxième période.
Petit à petit, les Africains emballent la foule massée au stade Ratina, auparavant séduite par le talent sublime des Portugais. Impossible n’était apparemment pas camerounais, les Lionceaux égalisant au bout du suspense lorsque l’arbitre leur accorde un coup franc indirect dans la surface adverse, sanctionnant une passe au gardien. Les Européens constituent alors un mur sur leur ligne de but, que les Camerounais évitent habilement en servant Etoundi Mbia, placé en retrait et de l’autre côté du point de penalty. Le défenseur ne se pose pas de questions, qui décoche sans contrôler un missile collé au poteau droit. Les Lionceaux ne sont plus qu’à un but de la deuxième phase, mais l’arbitre siffle la fin du match, et la fin des rêves africains. Qui sait ce qu’il serait advenu si la rencontre avait duré deux minutes de plus ?
23.8.03 - Argentine 2:0 Mexique – min. 34 – Quart de finale, Lahti
L’Argentine s’est montrée irrésistible lors de son quart de finale contre le Mexique. Elle s’est créé un nombre incalculable d’occasions avant d’écraser les Tricolores, conduits par l’Argentin Humberto Grondona. Après un joli travail de construction, l’ailier Neri Cardozo a repiqué vers le centre et transmis le cuir au buteur Hernán Peirone, qui s’est échappé sur l’aile gauche. Son centre est tombé sur la tête de... Cardozo, qui a bien suivi. Le ballon a lobé le gardien Alamo, donnant l’avantage à l’Argentine (1-0, 34’). Cet éclair de génie au sein d’une performance globale très emballante a eu le don de ravir le sélectionneur Hugo Tocalli : "Cette équipe est tellement dynamique en attaque. Elle est capable de changer le rythme et la vitesse d’un match en un clin d’œil."
27.8.03 – Espagne 3:2 Argentine – min.117 – Demi-finale, stade de Töölö, Helsinki
ans doute la rencontre la plus palpitante de toute la compétition. Après avoir mené 2-0 au score, l’Argentine s’est fait remonter par une Espagne opiniâtre et artistique, revenue à égalité dans le temps réglementaire.En prolongations, alors que le spectre des tirs au but approchait dangereusement, le milieu de 16 ans Cesc a mis un point final à l’angoisse. Après s’être débarrassé de son défenseur dans la surface, il a décroché un missile inarrêtable (117’), donnant la victoire au camp espagnol. Vraiment incroyable, ce but (son 5e de l’épreuve) lui permettait de décrocher le soulier d’or adidas et forçait les journalistes à l’élire ballon d’or adidas. "Cesc est porteur d’un très grand talent", dit de lui son sélectionneur, Juan Santisteban.
30.8.03 – Brésil 1:0 Espagne – min. 7 – Finale, stade de Töölö, Helsinki
Avant la grande finale entre le Brésil et l’Espagne, ce sont 116 buts qui avaient été inscrits sur la compétition. Le dernier match n’en a vu qu’un, très important, puisqu’il a permis à cette édition d’égaler le record (3,66 buts / match).
Le Brésil n’a encaissé qu’un but sur la durée de l’épreuve, ce qui prouve la solidité de sa défense. En finale, son défenseur et capitaine João et son compère Leonardo se sont, en plus, avérés décisifs. Sur un coup franc enroulé de 25 mètres du premier, le ballon s’est écrasé sur le poteau avant de revenir dans les pieds du deuxième, qui l’a envoyé sous la transversale espagnole (1-0, 7’). La Selecão était en train de récolter son troisième titre de champion du monde junior...