Ce samedi à Helsinki, la Colombie s’est qualifiée pour les demi-finales du Championnat du Monde U17 de la FIFA après une victoire 2-0 contre une équipe du Costa Rica nettement surclassée. Deux frappes phénoménales du maestro du milieu de terrain José Otalvaro auront suffi aux Sud-américains pour remporter un succès qui n’a jamais semblé devoir leur échapper. Il ne reste donc plus aux Colombiens qu’à attendre le résultat du match opposant les Etats-Unis au Brésil pour connaître le nom de leurs prochains adversaires.

Les Costaricains, dont c’est la première sortie sur la pelouse du stade Töölö, cherchent dès le début de la rencontre à se mettre en confiance en faisant circuler le ballon. Les deux équipes semblent bien parties pour se neutraliser jusqu’à ce que les Colombiens, pleins d’allant après la correction infligée à leurs hôtes finlandais (9:1), prennent les choses en main.

C’est tout d’abord Sebastián Hernandez, pensionnaire du championnat mexicain, qui sonne la charge pour les Cafeteros. Le numéro 10 colombien contrôle un ballon dévié de la tête par Carlos Hidalgo avant de s’introduire dans la surface et d’expédier une belle frappe finalement déviée en corner (12’).

Le Costa Rica répond immédiatement par l’intermédiaire du très actif Josimar Arias, qui parvient à centrer dans la surface de réparation. Le gardien colombien Libis Arenas connaît quelques difficultés mais parvient finalement à écarter le danger sous la menace de plusieurs attaquants costaricains (13’).

Mais les Colombiens sont bien décidés à dicter le jeu à leurs adversaires, emmenés en cela par un Otalvaro en grande forme. Le jeune milieu gauche expédie tout d’abord une frappe enroulée digne de Roberto Carlos à plus de 30 mètres. La balle semble prendre la direction du petit filet, mais Daniel Cambronero, le portier des Ticos, parvient une nouvelle fois à préserver son but, au prix d’une magnifique détente (14’).

Il devra pourtant s’incliner quelques minutes plus tard. Suite à une touche rapidement effectuée côté droit, Otalvaro reçoit la balle, l’emmène sur son pied droit et place une frappe en pivot à ras de terre qui prend de la vitesse grâce au terrain. Malgré un plongeon désespéré, Cambronero ne peut que dévier la balle dans ses propres filets (1-0, 25’).

A partir de cet instant, il n’y a plus qu’une seule équipe sur le terrain et les hommes de Manuel Urena éprouvent même les pires difficultés à aligner deux passes consécutives. C’est le moment que choisit Hidalgo, meilleur buteur du tournoi, pour s’échapper sur le côté droit et adresser un centre dangereux. Otalvaro, resté muet face à la Finlande, n’en demande pas tant et en profite pour inscrire son deuxième but de la journée (et de la compétition) d’une belle frappe du droit (2-0, 43’).

l s’en faut de peu que le Costa Rica réduise la marque sur la première occasion de la seconde mi-temps. Oscar Madriz trouve de l’espace sur l’aile droite, mais son centre-tir échoue quelques centimètres au-dessus de la transversale d’Arenas, qui semblait battu (46’).

C’est toutefois l’équipe dirigée par Eduardo Lara, visiblement plus à l’aise sur une pelouse désormais familière, qui continue de se créer les meilleures occasions. Otalvaro manque ainsi de tuer le match en inscrivant un coup du chapeau. Sur un centre de Gustavo Adrian Ramos, la reprise du joueur de l’America de Cali passe nettement au-dessus des buts. Le joueur jouissait pourtant d’une position idéale (51’). "J’avais bien suivi le ballon et je le voyais déjà au fond des filets, mais j’ai dû manquer de concentration. J’ai pris la balle un peu trop tôt au rebond et mon tir est passé au-dessus, expliquait-il à l’issue de la rencontre. Mais l’essentiel, c’est d’avoir gagné."

Pablo Armero, omniprésent comme à son habitude, parvient à contourner la défense avant d’adresser un centre en retrait qui trouve Ramos, dont le tir n’est malheureusement pas cadré (61’).

Hélas, les Ticos se montrent incapables de rééditer leurs exploits du premier tour et le match perd rapidement de son intensité. Au coup de sifflet final, les quelques supporters colombiens présents dans le stade sont les seuls à exulter. "Nous n’étions jamais allés aussi loin dans cette compétition, c’est un grand succès pour notre pays, s’enthousiasmait Lara. Mais cela n’a pas été aussi facile qu’on pourrait le penser. Nous voulions leur mettre la pression d’entrée pour qu’ils n’aient pas le temps de s’habituer à la pelouse."

Le sélectionneur du Costa Rica, Manuel Urena, se montrait, lui, beau joueur. "C’est un résultat logique. Nous avons commis quelques erreurs et ils ont su marquer aux moments importants en première période. Après cela, ils se sont contentés de gérer la rencontre en nous empêchant de construire. Chez nous, on devient un homme à 18 ans. A la pause, je leur ai dit de jouer comme des hommes et nous avons fait meilleure figure."

n attendant l’issue de la rencontre de demain entre le Brésil et les Etats-Unis, les Colombiens sont unanimes quant à l’adversaire qu’ils aimeraient affronter en demi-finale.

"Le Brésil est l’une des meilleures équipes au monde et il ne manque pas de joueurs talentueux comme Abuda, explique Hernandez. Nous l’avions battu 1-0 lors du Championnat d’Amérique du Sud U17, mais demain, nous serons tous derrière les Etats-Unis."