Quelques heures à peine après l’élimination des États-Unis par le Brésil à Turku, en quart de finale du Championnat du Monde U17 de la FIFA, Finlande 2003, le jeune prodige américain Freddy Adu se confiait à FIFA.com. Parmi les sujets abordés, ses impressions sur le tournoi, son avenir et l’attention permanente dont il est l’objet de la part de ses défenseurs... et de la presse. Âgé de 14 ans seulement, le plus jeune joueur de cette phase finale fait déjà preuve d’une maturité, d’une confiance et d’un charisme impressionnants. Juste avant le couvre-feu de 10 heures, prélude à un long voyage retour outre-Atlantique, Adu a déjà réussi à faire le point sur beaucoup d'aspects de son statut de "star en herbe".
FIFA.com : On dit souvent que vous êtes l’avenir du football américain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
J’essaie de ne pas penser à ce genre de choses et de me concentrer sur le jeu, pour progresser. C’est évidemment flatteur à plus d’un titre de savoir que quelqu’un, quelque part, voit suffisamment de qualités en moi pour me coller cette étiquette "d’avenir du football américain". Mais si je porte trop d’attention à ce type de commentaires, je vais avoir des problèmes. En tant que footballeur, je dois surtout penser à m’améliorer, à travailler dur, à rester motivé et intègre dans ma façon de jouer, sans laisser qui que ce soit influencer mon style.
Vous avez suscité beaucoup d’attention sur le terrain (de la part des défenseurs) et en dehors (journalistes). Cette couverture, dans tous les sens du terme, vous affecte-t-elle ?
Il faut être prêt à prendre des coups sur un terrain. En Finlande, je me suis rendu compte que mes adversaires ne reculaient devant rien pour m’arrêter. Mais j’étais déterminé à ne pas me laisser impressionner et à continuellement les provoquer balle au pied, pour essayer de trouver une solution. Au cours de cette compétition, j’ai découvert que j’étais solide et j’ai appris à persévérer, à me battre de la première à la dernière minute.
L’attention des médias a des aspects positifs et négatifs. Ce qui est bien, c’est que ça vous fait de la publicité, ainsi qu’à l’équipe. Ce qui l’est moins, c’est que tout ce qui se dit à votre sujet finit par tomber dans les oreilles de vos adversaires, qui savent donc à quoi s’attendre, s’adaptent et vous surveillent de très près. Cela étant dit, c’est le lot de tous les grands joueurs, dont la classe consiste justement à tromper la vigilance des adversaires les mieux prévenus.
L’équipe des États-Unis a-t-elle rempli son contrat, ici en Finlande ?
Il est toujours merveilleux de participer à un Championnat du Monde. Cependant, nous ne pouvons pas prétendre avoir atteint notre but. Pendant deux ans, nous nous sommes énormément entraînés, avec comme objectif minimum une place en demi-finales. Et nous avons échoué. Je pense que notre seul bon match a été celui contre la Corée (6-1). Dans toutes les autres rencontres, nous avons été en dessous de notre niveau habituel, de notre potentiel collectif.
À quoi attribuez-vous la défaite contre le Brésil ?
Nous leur avons laissé beaucoup trop d’espaces. Nous avons essayé de sortir et de produire du bon football, en conservant le ballon et en prenant le jeu à notre compte, mais ça n’a pas donné les résultats escomptés. Nous avons eu quelques bons moments, mais dans l’ensemble nous leur avons donné trop de liberté, et, grâce à leur talent, ils ont parfaitement su en profiter.
Quel est votre bilan personnel ? Avez-vous rempli vos objectifs lors de cette phase finale ?
Personnellement, j’ai le sentiment que j’aurais pu beaucoup mieux faire -alors que d’habitude j’ai le sentiment que j’aurais pu un peu mieux faire. Juste avant le Championnat du Monde, je me suis blessé à la cheville au cours d’un match amical contre Manchester United, ce qui m’a forcé à modifier sensiblement ma façon de jouer. En même temps, cela m’a permis de mieux me connaître et de découvrir que je pouvais jouer, créer le danger et marquer des buts en dépit de la douleur et des coups. Cependant, après deux ans de préparation intensive, ce n’est jamais agréable de se blesser à la veille du jour J.
Quels sont les aspects de votre jeu que vous devez améliorer pour franchir un palier supplémentaire ?
Tous ! Un joueur ne doit jamais se satisfaire de son niveau. Il doit sans cesse travailler pour progresser dans tous les domaines : dribbles, passes, changements de direction, gestes défensifs... absolument tout.
Maintenant, quel est le programme de Freddy Adu ?
Retourner à Bradenton (sport études affilié à la fédération américaine de football, en Floride) pour terminer mes études. J’espère ensuite pouvoir rejoindre la sélection nationale des U20 pour continuer à représenter les États-Unis à ma manière, et de mon mieux.