Quelle que soit l’issue de la finale qui opposera samedi l’Espagne au Brésil dans l’enceinte du stade Töölö d’Helsinki, on peut être sûr d’avoir droit à une grande première. Après la cinquième victoire en Coupe du Monde de la FIFA de leurs aînés, les juniors de la Seleçao auront à cœur de faire bonne figure en inscrivant un troisième titre mondial U17 au palmarès de leur pays, ce qui constituerait un record. Mais, pour cela, il leur faudra compter avec une équipe espagnole extrêmement opiniâtre et certainement très motivée par la perspective de remporter son premier sacre en Championnat du Monde U17 de la FIFA. Avec en vedette Evandro et Cesc, deux des acteurs les plus en vue de cette compétition finlandaise, ce 32ème et dernier match s’annonce d’ores et déjà passionnant.
Jusqu’à maintenant, les Finlandais ont assisté à une véritable avalanche de buts, largement alimentée par les deux finalistes. L’Espagne a frappé 16 fois, soit deux de plus que son dauphin, le Brésil. De tous les duels attendus samedi, celui qui opposera les deux milieux offensifs – d’un côté le Brésilien Evandro, auteur de quatre réalisations et de l’autre Cesc, meilleur buteur de la compétition avec cinq unités – reste un des plus indécis. Chacun d’entre eux a en effet joué un rôle essentiel dans la qualification de son équipe en demi-finale. Cesc a marqué par deux fois, inscrivant au passage le but en or contre l’Argentine alors que Evandro, de son côté, a multiplié les services pour Abuda, l’exécuteur de service, face à la Colombie.
« Peu importe qui marque les buts. On forme une équipe et c’est pour ça que je n’ai aucun état d’âme à faire marquer Abuda plutôt que de tenter ma chance tout seul, explique le numéro 11 brésilien, resté muet lors de la victoire 2-0 de son équipe en demi-finale. Pour remporter cette compétition, il faut s’appuyer sur un groupe solide. »
Même s’il ne porte pas le brassard de capitaine, Evandro fait incontestablement partie des animateurs de cette équipe brésilienne, que ce soit sur le terrain ou en dehors. La bonne humeur de ce jeune champion a sans doute autant contribué à l’excellente ambiance au sein du groupe que ses dribbles.
« Il faut toujours garder le sourire, résume-t-il. J’en ai d’ailleurs profité pour donner des surnoms à tous les joueurs. »
Mais Evandro sait aussi quand il faut être sérieux. Contre l’Espagne, il compte bien retrouver le chemin des filets et remporter le Soulier d’Or adidas.
« J’ai vu le match des Espagnols contre l’Argentine ; ils m’ont semblé très bons, reconnaît-il. Je pense qu’ils sont logiquement favoris pour cette finale. »
Le principal rival d’Evandro pour le titre de meilleur buteur et le Soulier d’Or adidas est sans conteste l’Ibère Cesc.
Avant même le début de la compétition, le nom de ce milieu offensif était déjà sur toutes les lèvres en raison de rumeurs concernant son transfert imminent pour l’Angleterre et Arsenal. Ses brillantes prestations tout au long du tournoi lui auront sans aucun doute valu de nombreux admirateurs. A 16 ans seulement, le Barcelonais fait preuve d’une telle créativité et d’un tel sens tactique qu’il semble presque ridicule de le cantonner dans un rôle précis. Pourtant, il a encore progressé au cours des derniers matches. Ainsi, il est désormais capable de se trouver au bon endroit au bon moment pour marquer des buts décisifs, comme en témoigne celui inscrit à la 117è minute en demi-finale contre l’Argentine.
« J’ai vu le ballon arriver et je me suis dit qu’il ne restait plus beaucoup de temps, se souvient le jeune Catalan. Je n’ai pas pris le temps de réfléchir et j’ai tenté ma chance. »
Porté en triomphe par son coéquipier Francis, Cesc ne pouvait contenir ses larmes en réalisant qu’en un seul dribble et une frappe tendue en pleine lucarne, il venait de propulser son équipe en finale et de devenir l’idole de toute une nation.
« Je n’arrive pas à y croire, » confiait-il à l’issue du match, encore sous le choc.
Et pourtant, le numéro 17 espagnol ne compte pas en rester là. Alors que certains se seraient contentés d’un adversaire moins coté en finale, Cesc se réjouit d’affronter le Brésil.
« Je voulais rencontrer le Brésil en finale parce que pour moi, cette équipe est tout simplement la plus forte. Quand on veut être le meilleur, il faut battre les meilleurs. »
Juan Santisteban, l’expérimenté sélectionneur espagnol, a déjà accroché quelques belles prises à son tableau de chasse au cours des 26 rencontres de Championnat du Monde U17 de la FIFA qu’il a dirigées. Malgré tout, le titre suprême lui a jusqu’à maintenant toujours échappé. Nul doute qu’il sera lui aussi très motivé à l’idée de faire mieux que l’équipe qui avait atteint la finale – la seule disputée par une formation espagnole à ce niveau – avant de s’incliner face au Ghana en Italie, il y a 12 ans de cela.
« Même si le Brésil reste sans aucun doute la meilleure équipe du monde à tous les niveaux, mes garçons ne savent pas perdre. On va tout donner pour remporter la finale, » annonce-t-il.