C’est à l’issue de la rencontre opposant les deux vaincus des demi-finales qu’aura finalement eu lieu la première séance de tirs au but de ce Championnat du Monde U17 de la FIFA Finlande 2003. Dans cette "petite finale" entièrement sud-américaine, l’Argentine et la Colombie n’ont pu se départager (1:1) au cours des 90 minutes du temps réglementaire. Après un festival d’occasions manquées, dans un match par ailleurs très ouvert, on procédait directement à l’épreuve des tirs au but, sans passer par la prolongation. A ce petit jeu, les Albicelestes devaient se révéler les plus forts, grâce à deux arrêts décisifs de leur gardien Ustari. C’est donc l’Argentine qui enlève la troisième place sur la pelouse du stade Töölö pour l’avant-dernier match de la compétition.
Dans cet ultime choc de titans sud-américains, les Argentins sont les premiers en action. Sur un centre brossé de Lucas D’Alegre venu de la droite, Diego Lagos se montre le plus vif et surgit au second poteau pour inscrire le premier but du match (1-0, 4’). A peine dix minutes de jeu s’étaient écoulées et déjà la rencontre se déroulait sur un rythme échevelé. Il s’en faut de peu que la Colombie n’égalise lorsque la frappe surpuissante du gauche de Pablo Armero, déclenchée à l’entrée de la surface de réparation, vient frôler le montant d’Ustari.
A mesure que le temps passe, les Colombiens, en grande partie grâce à leur excellente circulation de balle, reviennent dans le match. A cet instant, ils pratiquent sans aucun doute leur meilleur football depuis le début du tournoi. A la treizième minute, le brillant meneur de jeu colombien, José Otálvaro, récupère un long ballon de Fredy Guarín. Il entre dans la surface de réparation, revient sur ses pas et expédie une frappe tendue qui va s’écraser sur la transversale.
Douze minutes plus tard, c’est au tour de Carlos Hidalgo de sonner la charge. Il est tout prêt d’inscrire son cinquième but personnel depuis le début de la compétition lorsque son boulet de canon est péniblement détourné en corner par Ustari, qui se détend bien.
Malgré le pressing incessant imposé par les Colombiens, l’Argentine se crée une nouvelle occasion à la demi-heure de jeu, quand Lagos sert parfaitement Hernán Peirone à cinq mètres du but. Dans ces conditions idéales, le buteur argentin, d’ordinaire plus réaliste, manque pourtant le cadre, son tir trop mou partant en sortie de but.
Deux minutes à peine après le repos, l’Argentine repart à l’attaque, sans succès. A peine dix minutes plus tard, c’est au tour Gustavo Adrián Ramoz le puissant avant-centre colombien, de trouver le poteau.
al récompensés jusque là, les Colombiens obtiennent enfin l’égalisation tant méritée. Ramos est déséquilibré dans la surface, contraignant Eddy Maillet, l’arbitre de la rencontre, à désigner le point de penalty. Hidalgo s’élance et inscrit son cinquième but de la compétition, revenant du même coup à égalité avec l’Espagnol Cesc en tête du classement des buteurs (1-1, 52’).
A égalité, les deux équipes se lancent furieusement à l’attaque dans l’espoir d’inscrire le but de la victoire. A la 67ème minute, Otálvaro trouve Ramos dans le dos de la défense argentine. Celui-ci contrôle la balle en pleine course et bat nettement Ustari, le gardien argentin… une nouvelle fois suppléé par son montant.
Une ultime occasion de tuer le match échoit encore à Otálvaro une dizaine de minutes plus tard, mais le sort s’acharne une fois de plus. Son tir passe au ras du poteau pour finir en sortie de but. Malgré les efforts déployés par les deux équipes, aucune ne parvient à prendre l’avantage. C’est donc la loterie des tirs au but qui va décider du sort de la rencontre, et ce pour la première fois dans cette édition.
Les deux premiers essais ne sont qu’une formalité : le score est de 2-2 lorsque l’Argentin Alejandro Faurlin s’avance et expédie son tir dans les nuages. Heureusement pour lui, deux arrêts d’Ustari (devant Juan Gilberto Núñez et Víctor Vargas) permettent au remplaçant Hassell de donner la victoire aux Albicelestes (4-5).
Malgré la défaite, le sélectionneur colombien, Eduardo Lara, ne cachait pas sa satisfaction à l’issue de la rencontre. "Je suis très fier de mon équipe. Ce tournoi est un grand succès pour la Colombie… Je suis sûr que nos compatriotes sont fiers de nous, eux aussi. Nous ne nous inclinons qu’à l’issue des tirs au but et il y a toujours une part de chance dans cette épreuve."
Terminer troisième d’une compétition aussi relevée est une grande réussite, se félicitait Tocalli. Nous aurions dû prendre un avantage décisif en première mi-temps – nous nous sommes procurés de belles occasions."
Pourtant, Tocalli ne parvenait pas à masquer une certaine déception dans ses commentaires. "Je suis convaincu que certains de mes joueurs sont promis à un bel avenir. Mais cette équipe aurait pu faire encore mieux, ici, en Finlande... C’est probablement ce qui me laisse le plus de regret en tant qu’entraîneur."