Et de trois ! Sur les quatre dernières éditions du Championnat du Monde U17 de la FIFA, seule une a échappé au Brésil. La recette du succès ? Un mélange des ingrédients qui ont permis à la Seleção de retrouver son statut de souveraine au niveau seniors: une défense de fer, un physique à toute épreuve, une technique irréprochable et une constante chez les Brésiliens, la magie au bout des pieds. Mais c'est surtout le football qui est sorti grand vainqueur de cette édition, sûrement la plus belle jamais disputée. La scène finlandaise a accueilli tous les spectacles : démonstrations (des buts, des coups du chapeau), tours de magie (un but de 60 mètres), pièces à suspense (un retour du diable vauvert), drames (atomisation 9-1 des locaux), sketches comiques (beaucoup d'auto-goals), et bien sûr, numéros de solistes. Et un inédit : sur les 32 rencontres disputées, 10 l'ont été sur gazon artificiel.
Résumés de toutes les journées :
Et de trois pour le Brésil, l'Espagne en dauphin,
l'Argentine en bronze
L'Espagne rejoint les trois Sud-américains dans le
dernier carré
CONMEBOL 2:0 CONCACAF
Le Portugal coiffe le Cameroun, l'Espagne devance les USA
Helsinki encaisse, Turku stresse
Les États-Unis passent, la Corée trébuche, le Brésil devra
attendre
L'Argentine passe, la Chine et l'Australie perdent
espoir
Des débutants déroutants
Débauche d'énergies en ouverture
Un Brésil sublime et intraitable
Battu dès la cinquième minute du premier match du Brésil,
contre le Cameroun, le portier auriverde Bruno a ensuite conservé
l'inviolabilité de ses cages durant les 535 minutes restantes
de la compétition, sans compter les arrêts de jeu. Outre son
talent, il avait comme atout majeur une défense irréprochable :
dans l'axe, Leonardo et l'élégant capitaine Joao ; sur les
flancs, Leo et Sandro. Devant eux, un milieu d'agitateurs
nommés Jonathan, Junior et Arouca. Et enfin, les chargés des hautes
œuvres : le trident offensif Ederson - Evandro (Ballon d'argent
adidas) - Abuda. Après avoir joyeusement vendangé au cours de la
première rencontre, les trois artilleurs ont ajusté leur mire et
pris une part prépondérante aux succès contre le Portugal (5-0), le
Yémen (3-0), les Etats-Unis (3-0), la Colombie (2-0) et
l'Espagne en finale (1-0).
Si ses homologues ont multiplié les expérimentations, Paqueta a
choisi de faire confiance au même onze titulaire, 100 % issu de
clubs brésiliens, tout au long de la phase finale. A Tampere, sa
résidence secondaire, puis à Turku et à Helsinki en finale, le
Brésil a initié un nouveau public à son football chatoyant. Les
spectateurs se sont ainsi mués en admirateurs, comme le prouve la
multiplication des maillots or dans les tribunes.
Paquetá : "Le professionnel doit avant tout être un
éducateur"
Santisteban déchaîne la Furia :
Cela ne fait pas l'ombre d'un doute ; l'Espagne a
été l'équipe la plus spectaculaire du tournoi nordique. Les
Ibères ont ouvert les débats en mettant deux buts en un quart
d'heure aux néophytes sierra-léonais. Pourtant, il leur a fallu
un exploit de Xisco à la 96ème pour arracher le point du match nul
3-3. Lancés de la sorte, ils ont continué d'émerveiller le
public finlandais en pratiquant un jeu pur et finement ciselé.
Ainsi, la Furia a eu raison de la République de Corée (3-2), des
Etats-Unis (2-0), du Portugal (5-2) et de l'Argentine (3-2),
avant de caler contre un Brésil réaliste.
Parfaitement équilibré avec Sisi sur la droite et Silva ou Oskitz sur la gauche, le milieu de terrain espagnol comptait deux tireurs d'élite : le Madrilène Jurado et le Barcelonais Cesc (Ballon d'or et Soulier d'or adidas). Aux avant-postes, Xisco a causé bien des tracas à toutes les défenses qui l'on croisé. Pour ne rien gâcher, les protégés de Juan Santisteban ont fait preuve d'une classe et d'un courage qui ont illuminé cette phase finale.
Avantage à l'Amérique du sud :
Accueillant trois équipes par confédération et une sélection
pour l'Océanie, le Championnat du Monde est réputé pour être
l'une compétitions les plus « démocratiques » de la FIFA. Voyez
donc : cinq des neuf éditions organisées à ce jour ont été
remportées par des formations asiatiques ou africaines. Il
n'empêche, Finlande 2003 a marqué le retour en force des
grosses cylindrées issues du Vieux Continent et, surtout,
d'Amérique du sud. Outre le vainqueur brésilien, le dernier
carré comptait deux autres porte-drapeaux : la très solide
Argentine, privée de finale par un incroyable retour des Espagnols,
et la Colombie, à l'aise au point de passer neuf buts aux
organisateurs finlandais.
Si la Conmebol a été à la fête, l'AFC et la CAF, qui n'ont plus remporté le titre de la catégorie depuis 1993 au Japon, s'en sont allés bien tristes. Leurs trois représentants n'ont pourtant pas démérité, mais les chiffres sont implacables : trois éliminations au premier tour, ça ne se rattrape pas. Il n'a manqué qu'un petit but aux débutants camerounais pour se frayer un chemin jusqu'aux quarts de finale. Dans l'un des matches les plus épiques de l'Histoire, contre le Portugal, ils ont remonté un handicap de 5-0 en inscrivant cinq buts dans les 20 dernières minutes.
Aussi inexpérimentés que les Lionceaux à ce niveau, les Sierra Léonais n'ont pas été plus gâtés par le sort. Après avoir répondu du tac au tac à l'Espagne lors du premier match, ils ont été victimes d'un admirable but de dernière minute du bijou américain Freddy Adu. Malgré une belle résistance pour leur troisième tentative, face aux Coréens (2-3), ils ont dû céder, vaincus par la fatigue (2-3).
Mais s'il est une équipe africaine à plaindre, c'est surtout le Nigeria. Pas pour ce qu'il s'est passé sur le terrain, mais pour la cruauté de son élimination sur tapis vert au profit du Costa Rica. Pourtant finalistes de la dernière édition à Trinité-et-Tobago, les Golden Eaglets n'ont jamais vraiment décollé, sauf quand ils ont dû rentrer chez eux...
Le gazon finnois a conquis :
Inédite en compétition de la FIFA, l'utilisation de gazon
artificiel a été considérée par tous comme un succès. Soutenus par
le généreux public finlandais, les Vintiöt (les Canailles) ont fait
honneur à leur surnom lors de leurs deux premières rencontres (2-1)
et (0-2). Pour leur troisième joute, les jeunes Nordiques ont été
trahis par leur défense. Exploitant à merveille les abus offensifs
de leurs adversaires, les élégants Colombiens les ont corrigés 9-1.
C'est ainsi que les organisateurs ont quitté leur compétition
la tête basse. Ils se consoleront en se disant que les Cafeteros
ont trouvé le gazon de Töölö à leur convenance.
Le gazon artificiel prend racine
Les étoiles :
Il y a 12 ans, la FIFA a décidé de transformer le U16 en U17.
Parallèlement, les graines de star arrivent à maturité de plus en
plus tôt. Rien d'étonnant donc à ce que la compétition attire
de plus en plus de projecteurs à elle. La cuvée de cette année a
sûrement fait saliver scouts et sélectionneurs nationaux.
Les vedettes de demain brillent en Finlande
Meilleur joueur de la compétition, CESC (ESP) décroche le
Ballon d'or adidas
Âgé de 16 ans à peine, l'Espagnol Cesc fera immanquablement parler de lui. Dans le remake de la finale européenne contre le Portugal, le Catalan a inscrit deux buts d'une importance capitale. En demi-finale, il a de nouveau fait des siennes en passant un golden goal à l'Argentine à la 117ème minute. Nul besoin d'être visionnaire pour annoncer que ce milieu de terrain est promis à une grande carrière.
Participants :
Argentine, Australie, Brésil, Cameroun, Chine, Colombie,
Costa Rica, Finlande, République de Corée, Mexique, Nigeria,
Portugal, Sierra Leone, Espagne, États-Unis et Yémen.
Stades :
Stade Töölö (Helsinki), Stade Ratina (Tampere), Stade
Kupittaa (Turku)et Stade de Lahti (Lahti).
Nombre de buts : 117 (moyenne : 3,66 par match)
Meilleurs buteurs :
5 buts : Cesc (ESP), Carlos Hidalgo (COL), Manuel Curto
(POR)4 buts : Abuda, Evandro (BRE), Freddy Adu (Etats-Unis)
Affluence :
183 616
Affluence moyenne :
5 738
