Un but à la dernière minute de Barroso a propulsé l'Argentine en quarts de finale du Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005, ce mercredi 22 juin dans le stade d'Emmen, aux dépens d'une équipe colombienne très regroupée. Le duel des Latinos n'aura finalement pas été aussi vibrant et spectaculaire que prévu, mais il a engendré tout de même une forte émotion dans les derniers instants.
Les Albicelestes ont entamé le match avec plus d'agressivité, maîtrisant le jeu pendant les 45 premières minutes, tout en éprouvant quelques difficultés à menacer le but adverse.
La première action dangereuse intervient à la 12ème minute, lorsqu'un Lionel Messi omniprésent adresse un superbe ballon à Rodrigo Archubi. Las, ce dernier tire mollement et manque le cadre, alors que Libis Arenas était à terre. Peu de temps après, Messi s'infiltre dans la surface et passe la balle en retrait à Neri Cardozo, dont la frappe est interceptée sans souci par le gardien colombien.
Le jeu est ensuite cantonné à la moitié de terrain de la Colombie, qui ne parvient pas à aligner trois passes d'affilée, ce qui profite aux Gauchos, largement dominateurs de la possession. La première approche des Cafeteros intervient à la demi-heure de jeu, lorsque Juan Zúñiga s'échappe sur le flanc droit, s'amuse avec les défenseurs pour finalement obtenir un corner qui ne donnera rien.
L'Argentine se montre plus souvent menaçante, mais guère plus dangereuse. Avant la pause, Cardozo hérite de deux passes longues de Messi, mais manque encore le cadre. Dans les derniers instants de cette première période, les Colombiens tentent une ultime contre-attaque, mais la défense albiceleste veille au grain. Les deux équipes se séparent donc sur un score nul et vierge.
A la reprise, les Cafeteros affichent un visage plus entreprenant et ouvrent la marque après seulement cinq minutes de jeu. Sur une longue passe de son capitaine Abel Aguilar, Harrison Otálvaro, totalement isolé, envoie le cuir au fond des filets argentins (1:0, 52').
Infatigable et décisif Messi
Ce but semble réveiller les Colombiens, dont le jeu se débride ; mais l'euphorie sera de courte durée. La réponse des Gauchos vient, bien évidemment, de Messi : l'infatigable attaquant récupère un ballon, fonce avec détermination vers le but adverse et, après un une-deux avec Cardozo, fusille adroitement Arenas, qui doit s'incliner pour la première fois dans ce tournoi (1:1, 57').
Le match retombe alors dans le rythme de la première mi-temps. Oscar Ustari, le portier argentin, n'est nullement mis en danger par Wason Rentería, complètement isolé à la pointe de l'attaque colombienne. Ce n'est pas le cas de son homologue à l'autre bout du terrain, qui doit se détendre de tout son long pour stopper la frappe de Cardozo. A la soixantième minute, Messi (encore lui) glisse un bon ballon dans la surface, mais sans trouver preneur, au grand soulagement des Colombiens.
L'Argentine pousse dans les dernières minutes et manque de peu de faire la différence, d'abord par Messi, puis par Vitti. Alors que le quatrième arbitre annonce trois minutes de temps additionnel, Armenteros sollicite une nouvelle fois le gardien cafetero, qui dévie le ballon d'une magnifique claquette.
Mais ce n'est que partie remise. Alors que les prolongations semblent maintenant inévitables, Julio Barroso arrive de derrière, récupère un ballon mal dégagé et, d'une frappe violente, envoie les Albicelestes en quarts de finale (1-2, 90+').
"Cette victoire, les joueurs la doivent à leur rigueur, à leur envie et à leur comportement. Ils ont été présents partout sur le terrain et ont pressé sans arrêts l'équipe colombienne, a déclaré Francisco Ferraro, l'entraîneur argentin. A présent, nous allons devoir nous reconcentrer, car le tournoi n'est pas fini. Nous devons garder les pieds sur terre et préparer sereinement le prochain match."
De son côté, Eduardo Lara rendait hommage avec beaucoup de sportivité à ses adversaires du jour : "Nous avons affronté une très grande équipe argentine, qui s'est créé beaucoup d'espaces et qui a monopolisé le ballon. Nous avons choisi la mauvaise tactique, mais je tiens à féliciter les représentants du football sud-américain, en espérant qu'ils continuent d'honorer ce sport de la sorte."