LE FILM DE LA JOURNEE - A Emmen et Doetinchem, ce 22 juin, les poids lourds ont frappé fort en huitièmes de finale de Pays-Bas 2005. Argentine, Espagne, Nigeria et Pays-Bas se sont qualifiés pour le tour suivant. Bilan très positif pour l'Europe qui, après une édition 2003 fort décevante avec la seule Espagne qualifiée en quart de finale, place quatre de ses sept représentants parmi les huit derniers qualifiés. Si l'on ajoute le Brésil, l'Argentine, le Nigeria et le Maroc, le cru 2005 est fort en bouche !
Que ce soit à Emmen (Argentine - Colombie) ou à Doetinchem (Nigeria - Ukraine), les rencontres de l'après-midi du 22 juin en huitièmes de finale du Championnat du Monde Juniors promettaient beaucoup. Pression excessive ou chaleur estivale, les deux matches ont pourtant démarré lentement.
Dans le derby entre Argentins et Colombiens, il était assez prévisible que le match soit fermé. D'abord parce que les deux formations se connaissent par cœur. Les deux matches les ayant opposés cette saison en Championnat d'Amérique du Sud s'étaient d'ailleurs soldés par un nul 1:1. Ensuite parce que les derbys continentaux en Championnat du Monde Juniors se sont terminés trois fois sur quatre en prolongations.
Lionel Messi était le seul à tenter d'accélérer le jeu par ses percées phénoménales, mais ses partenaires de l'attaque albiceleste étaient visiblement peu inspirés. Les Colombiens se contentaient de défendre avant de porter la première banderille. Qui vint en début de deuxième période, par l'intermédiaire d'Harrison Otalvaro qui concluait victorieusement une belle ouverture d'Abel Aguilar. Mais Messi n'avait pas l'intention qu'on lui gâche son dix-huitième anniversaire (le 24 juin) et ramenait les siens six minutes plus tard. Le jeu se refermait de nouveau jusqu'aux toutes dernières minutes.
Alors les Argentins ont poussé. Messi, Neri Cardozo, Emiliano Armenteros ont eu leur chance. Mais c'est le défenseur Julio Barroso qui, à la dernière seconde du temps additionnel envoyait un missile en pleine lucarne, et les siens en quart de finale. Un bien mauvais tour joué à des Colombiens eux-mêmes rois des buts de dernières minutes au premier tour.
Aliiev muselé, Taiwo en héros
A Doetinchem, l'opposition de style était flagrante. Entre la puissance des Nigérians et la vivacité des Ukrainiens, on allait se régaler. D'autant qu'une statistique attisait la gourmandise : les Européens avaient inscrit six de leur sept buts en première période au premier tour, là où le Nigeria n'en n'avait encaissé aucun. Mais c'était l'imperméabilité défensive des Flying Eagles qui prenait le dessus. Notamment grâce à Sani Kaita, qui s'attelait parfaitement à sa tâche : museler Oleksandr Aliiev. Or l'Ukraine sans Aliiev n'est plus tout à fait la même.
Et poussés par des supporters chantants et dansants venus en masse au dernier moment, les garçons de Samson Siasia ont pris le meilleur sur des Ukrainiens incapables d'animer le jeu. Leonid Musin repoussait l'échéance au maximum, mais ne pouvait rien sur le centre-tir de Taye Taiwo à 10 minutes du terme. Un but étrange, certes, mais qui comptait tout autant. De fait, les Nigérians atteignent les quart de finales de l'épreuve pour la quatrième fois de leur histoire.
En soirée, deux des grands favoris au sortir du premier tour, les hôtes néerlandais et les champions d'Europe espagnols, se voyaient respectivement opposés au Chili et à la Turquie. Dans un stade De Vijverberg de Doetinchem envahi par une marée orange, les Néerlandais n'ont pas mis longtemps pour assumer ce statut de favori. Dès la 3ème minute, Ryan Babel déflorait la marque d'une frappe de mule en lucarne. Les Chiliens avaient de quoi s'inquiéter. D'autant qu'à chacune de leur cinq défaite contre des formations européennes chez les Juniors, les Rojos ont pris au moins quatre buts…
De son côté, la Furia a mis plus de temps à trouver la mire. Il faut dire que Turcs et Espagnols se connaissent bien, pour s'être rencontrés à deux reprises en Championnat d'Europe. Avec deux courtes victoires ibères à la clef. Tout de même, les garçons d'Inaki Saez dominaient nettement. Et trouvaient le chemin des filets à la demi-heure, sur une tête de Juanfran. Le milieu de terrain du Real Madrid doublait la mise en contre quelques minutes plus tard. Quand l'Espagne est lancée…
La furie rouge a encore frappé
A Doetinchem, malgré l'ambiance et le début tonitruant des locaux, le soufflet est rapidement retombé. Pire encore, les Chiliens réussissaient à se montrer dangereux sur coups de pieds arrêtés. Sans doute paralysés par l'enjeu, les Néerlandais ne parvenaient pas à se mettre à l'abris. En deuxième période, la domination territoriale devenait outrageuse mais toujours stérile.
Jusqu'au dernier quart d'heure, où Quincy Owusu-Abeyie libérait les siens, avant que Collins John ne clôture le score dans une ambiance de folie. Ce faisant, les garçons de Foppe de Haan égalisaient la meilleure performance batave en Juniors. Mais il est bien certain que les hôtes n'ont pas l'intention de s'arrêter là… Prochain adversaire : le Nigeria.
Les Espagnols se sont eux contentés de contrôler un match dominé de bout en bout. Entré en jeu, Silva était toujours aussi impressionnant à la mène, même s'il ne marquait pas, ce qu'il avait réussi à faire jusque-là dans chacun des matches. Robusté, sur corner inscrivait un troisième but, le 15ème de la Furia Roja depuis le début du tournoi. Soit une moyenne approchant les quatre buts par match… Le quart de finale contre l'Argentine promet déjà !