L'entraîneur brésilien Rene Weber est sûr d'une chose : si ses joueurs veulent accéder aux demi-finales du Championnat du Monde Juniors, Pays-Bas 2005, ils vont devoir retrouver leurs instincts face à l'Allemagne, vendredi à Tilburg.

Les Auriverdes ne totalisent en effet que quatre petits buts depuis le début de la compétition (le plus petit total parmi les huit quarts de finalistes). Même si leurs prochains adversaires comptent tout juste une unité de plus, Weber dit ne pas s'inquiéter de la stérilité offensive de son équipe.

"Ce problème ne me préoccupe pas, déclare-t-il. Au cours des quatre matches que nous avons joués (contre le Nigeria, la Suisse, la République de Corée et la Syrie), nous nous sommes créé beaucoup d'occasions de but. Ce qui m'inquiéterait, ce serait de ne pas avoir eu autant d'opportunités. Bien sûr, on ne peut pas gagner si on ne marque pas. Mais c'est juste une question de temps ; nos entraînements devraient nous aider à peaufiner notre finition."

En revanche, s'il est un motif de satisfaction pour Weber, c'est bien sa défense. Impressionnante et solide, elle n'a toujours pas encaissé le moindre but en Hollande. "Je pense que les grandes équipes sont basées sur un équilibre entre la défense, le milieu de terrain et l'attaque, explique-t-il. C'est bien beau d'être prolifique, mais le plus important, c'est la victoire finale. La deuxième place ne m'intéresse pas plus que la dernière. Par exemple, lors de la Coupe du Monde 1982 en Espagne, le Brésil avait une équipe fantastique, très spectaculaire, mais qui n'a pas pu aller jusqu'au bout car elle n'a pas réussi battre l'Italie. L'objectif que j'ai imposé à mes joueurs, c'est la finale !"

Mais il est un autre facteur qui pourrait jouer en faveur de la Seleçao : l'art des penaltys. Depuis la fin du premier tour, les Brésiliens se préparent intensivement pour d'éventuelles séances de tirs au but. "Je leur en ferais faire toute la journée si je pouvais. Dans ces matches à élimination directe, il faut envisager tous les scénarios possibles", prévoit Weber.

Le Brésil doit déjà se passer de Diego, rentré au pays pour un problème d'épaule. Et aujourd'hui, c'est au tour d'Ernane de susciter l'inquiétude : il a passé des radios pour déterminer la gravité de sa blessure au tendon et sera probablement mis au repos pour le quart de finale au stade Willem II.

 

Evandro et Fellype Gabriel seraient susceptibles de le remplacer au cas où son indisponibilité serait confirmée. En revanche, l'état de santé de Leonardo et de Gladstone, tous deux absents contre la Syrie, s'avère rassurant. Ils devraient être en mesure de jouer tout le match contre l'Allemagne, ainsi que d'éventuelles prolongations.

Skibbe: "bloquer les couloirs"
L'entraîneur allemand Michael Skibbe sait que la fraîcheur physique de ses joueurs a été déterminante lors du huitième de finale face à la Chine. Mais il sait également que ce schéma sera difficile à reproduire contre les champions du monde.

 "Les Etats-Unis, l'Egypte et la Chine nous ont pressés pendant les 50-60 premières minutes, analyse-t-il. Mais je pense que le Brésil va adopter une stratégie différente, qui va nous obliger à être très bien organisés en défense. Si nous parvenons à bloquer les couloirs, nous aurons peut-être de bonnes chances de marquer."

"Le Brésil a très bien joué jusqu'à présent. C'est une équipe très technique, bien organisée et solide en défense. C'est un adversaire redoutable, l'un des favoris de cette compétition."

Nicky Adler, qui souffre d'un froissement à l'aine, est le seul blessé côté germanique. Il a joué contre la Chine malgré ce problème et la douleur s'est accentuée à l'issue du match. Skibbe espère toutefois qu'il saura surmonter ce pépin physique et répondre présent pour ce match capital.