Deux des meilleures défenses de la compétition se retrouvent à Kerkrade avec, à la clé, une place en demi-finale du Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005.
Après avoir disputé ses deux premiers matches à Kerkrade, la sélection néerlandaise s'est rendue à Tilburg et Doetinchem. Aujourd'hui, les Néerlandais sont de retour dans la ville-hôte la plus méridionale du Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005 pour y affronter le Nigeria en quarts de finale. Sachant que le vainqueur de cette rencontre restera dans la province de Limburg pour les demi-finales, il y a fort à parier que les Oranje soient prêts à tout pour faire de Kerkrade leur second foyer.
Lorsque l'on regarde le parcours des deux équipes, on se rend rapidement compte que l'écart entre les Pays-Bas et le Nigeria est pour le moins ténu. Les deux formations ont bâti leur succès sur une défense de fer, ce que confirme le fait qu'à trois reprises en quatre sorties, leurs adversaires aient été incapables d'inscrire le moindre but.
Curieuse coïncidence, c'est à chaque fois face à un représentant asiatique que les défenses néerlandaises et nigérianes ont été prises en défaut. Le Japon est la seule formation à avoir déjoué la vigilance des Néerlandais, tandis que l'arrière-garde nigériane a dû s'incliner à deux reprises devant les attaquants de la République de Corée. Et même si le Nigeria a concédé un but de plus que les Pays-Bas, les deux équipes n'en sont pas moins extrêmement proches sur le plan défensif.
En attaque, en revanche, le pays hôte semble légèrement supérieur : neuf buts inscrits en quatre matches, contre cinq seulement pour les Africains. Certains diront que les Néerlandais ont eu affaire à moins forte partie au premier tour, mais la différence n'en est pas moins significative.
Cet écart n'a d'ailleurs pas échappé à Samson Siasia, le sélectionneur nigérian, qui confiait récemment à FIFA.com que ses avants manquaient encore d'efficacité dans le dernier geste. "Nos attaquants ne sont pas encore au niveau de nos milieux ou de nos défenseurs", soulignait Siasia, deux jours avant la rencontre.
Par un caprice du hasard, les deux protagonistes de ce quart de finale s'étaient justement vus désigner, au tour précédent, les deux équipes les plus friables encore en course. Les Pays-Bas ont parfaitement exploité la faiblesse de leurs adversaires en marquant à trois reprises face au Chili, qui avait déjà cédé en huit occasions lors de la première phase.
Le Nigeria, en revanche, a eu beaucoup plus de difficulté à tromper la défense ukrainienne. Au final, les hommes de Siasia ont dû se contenter d'une courte victoire (1:0) face à une formation qui avait encaissé jusque-là deux buts par match en moyenne.
Vlaar: "Ils ne me font pas peur !"
Dès la victoire contre le Chili acquise, les Néerlandais se sont penchés sans attendre sur leur prochain défi. Les joueurs ont ainsi eu l'occasion d'observer quelques minutes de la rencontre entre le Nigeria et l'Ukraine et certaines caractéristiques du jeu des Africains, notamment dans le domaine physique, ne leur ont évidemment pas échappées.
Une perspective qui n'inquiète pas outre mesure Ron Vlaar, le défenseur central néerlandais : "J'ai l'impression que les Nigérians sont très puissants. Tant mieux, qu'ils y viennent. Ils ne me font pas peur !"
Les Néerlandais seraient pourtant bien inspirés de ne pas sous-estimer le sens de l'organisation de leurs adversaires. Pour museler des équipes aussi talentueuses que le Brésil, la Suisse et l'Ukraine, il faut plus qu'un jeu basé sur le physique. La défense nigériane a déjà démontré sa capacité à résister à la pression.
Les Africains sont tellement concentrés sur leur sujet que Taye Taiwo, le latéral chargé du marquage de Dmytro Vorobei, a été jusqu'à suivre l'Ukrainien jusqu'à la ligne de touche lors de son remplacement avant de suivre Maksyn Feshchuk comme une ombre.
Outre leurs qualités physiques et techniques, les deux formations peuvent également compter sur un moral au beau fixe, comme le confirme Ryan Babel : "Il nous a fallu un peu de temps pour apprendre à jouer ensemble mais, aujourd'hui, tout fonctionne parfaitement. Nous avons développé un véritable esprit d'équipe". Le Nigérian John Obi Mikel, lui, est plus poétique : "Nous jouons avec le sourire. Notre équipes est placée sous le signe de l'harmonie".
A l'issue de la victoire de ses protégés sur le Chili au tour précédent, Foppe de Haan n'a pas cherché à ménager les susceptibilités : "Je savais que si nous jouions comme nous savons le faire, nous ne pouvions pas perdre ce match". Le technicien néerlandais n'a pas souhaité faire de commentaire sur le prochain adversaire des Pays-Bas, mais les locaux semblent extrêmement confiants quant à leurs chances d'atteindre les demi-finales.
Toutefois, Siasia, lui aussi, se veut optimiste à l'approche de la rencontre : "Nous progressons à chaque match et si nous commençons à concrétiser nos occasions, les Pays-Bas pourraient bien passer une très mauvaise soirée".