A Tilburg le 24 juin, le Brésil, champion du monde juniors en titre, a dû puiser dans ses réserves pour refaire son retard et s'imposer face à l'Allemagne au terme de la prolongation, mais cela lui a valu une qualification pour les demi-finales du Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005.

Le missile expédié par Rafael pendant la prolongation aura donc suffi à donner la victoire aux Brésiliens, même si ceux-ci ont dû batailler dur pour faire plier une équipe d'Allemagne méritante.

A l'issue de la rencontre, Rene Weber, le sélectionneur brésilien, ne cachait pas sa satisfaction : "Même lorsque nous étions menés 1:0 à dix minutes de la fin, je savais que mes joueurs allaient tout donner et qu'ils finiraient par triompher. Nous sommes passés à trois devant et j'étais certain que cela allait débloquer la situation".

Le match a débuté sous une chaleur moite particulièrement oppressante, ce qui n'a pas empêché les deux capitaines, l'Allemand Rene Adler et le Brésilien Renan, de donner lecture d'un texte approuvant la mise en place de la Journée d'action contre la discrimination 2005, décidée par la FIFA. Le message a d'ailleurs reçu un accueil très positif dans les tribunes du stade Willem II.

Lorsque les débats commencent, il apparaît rapidement qu'aucune des deux formations n'est décidée à prendre le moindre risque. Il faut même attendre la fin du premier quart d'heure pour assister au premier tir de la rencontre. Le Brésilien Rafael Sobis tente sa chance à bonne distance du but d'Adler, mais sa tentative ne trouve pas le cadre.

L'Allemagne réplique du tac au tac en se créant l'une des meilleures occasions du match. Christoph Janker trouve un peu d'espace sur le côté et centre dans la surface de réparation. Le ballon échappe à tout le monde pour atterrir directement dans les pieds de l'arrière gauche, Marvin Compper, à une dizaine de mètres du but, dont le tir manque complètement la cible.

A mesure que le temps passe, l'emprise brésilienne sur le jeu se fait de plus en plus forte. La technique individuelle et le jeu tout en passes courtes des Sud-américains leur permettent de faire habilement tourner le ballon en attendant le moment de déclencher une attaque. A l'issue d'un joli mouvement collectif, Arouca frappe à ras de terre obligeant Adler à un bel arrêt.

L'Allemagne tente bien de réagir et fait l'impossible pour ne pas laisser l'initiative du jeu aux Auriverdes. Marcell Jansen tente à son tour sa chance sur une frappe lointaine et il s'en faut de peu que Renan, le portier brésilien, ne commette une bévue monumentale. Le ballon lui passe entre les doigts, mais, par chance, le tir du défenseur allemand file au-dessus de la transversale.

Dès le début de la seconde période, le Brésil se montre à nouveau dangereux. Sobis, oublié par la défense allemande, contrôle le ballon au niveau du point de penalty mais sa frappe, trop violente, n'inquiète pas Adler.

Les Allemands ouvrent le score
Quelques minutes plus tard, Fabio Santos oblige le gardien allemand à effectuer une belle sortie pour contrer son tir. Sur le corner qui suit, Edcarlos n'appuie pas suffisamment sa reprise de la tête, qui passe à côté du but. 

Adler est de nouveau mis à contribution lorsque Santos expédie un boulet de canon qui rebondit sur la poitrine du gardien allemand avant de partir en chandelle. A cet instant de la rencontre, la pression brésilienne est de plus en plus intense et les tenants du titre semblent alors bien décidés à en finir avec leurs adversaires.

Mais les Allemands, eux aussi, affichent un enthousiasme de bon aloi dans cette seconde mi-temps. Jansen et Christian Gentner se créent tous deux de bonnes occasions avant que l'Allemagne n'ouvre le score, contre le cours du jeu. C'est le remplaçant Alexander Huber qui inscrit le but allemand, à la surprise générale. Sur un corner, le ballon est involontairement dévié par Santos et termine sa course dans les pieds de l'attaquant de l'Eintracht Francfort, qui, dès lors, n'a plus qu'à conclure (1:0, 68').

Dans les dernières minutes du match, les Brésiliens arrachent une égalisation aussi spectaculaire que méritée. Edcarlos reprend le ballon d'un ciseau retourné à l'orée de la surface, mais la transversale renvoie sa tentative. On croit alors l'action terminée, sauf pour Diego Tardelli, qui réagit plus vite que tout le monde et place une tête imparable, laissant Adler sans réaction (1:1, 82').

Evandro passe tout près de donner la victoire à son équipe dans les ultimes secondes de la partie lorsque sa tête passe au ras de la transversale. Les Brésiliens auraient également pu bénéficier d'un penalty dans les arrêts de jeu.

Le public se consolera en se disant que le but du Brésil valait largement le temps d'attendre. Les Allemands peinent à se dégager sur un corner brésilien quand Rafael surgit de nulle part et expédie une frappe surpuissante qui vient se loger dans la lucarne du but d'Adler (1:2,99').

Par la suite, Sobis et Thiago Quirino manquent tout les deux l'occasion de mettre leur équipe définitivement à l'abri. A cet instant, la supériorité brésilienne est écrasante, mais les deux joueurs manquent successivement leur duel avec Adler.

Peu avant le coup de sifflet final, Tardelli, le premier buteur brésilien de la soirée, est exclu après avoir reçu un deuxième carton jaune pour une simulation de faute.

Michael Skibbe, le sélectionneur allemand, se voulait, quant à lui, fataliste : "La meilleure équipe a gagné ce soir, sans aucun doute. Même si le Brésil n'a égalisé que dans les toutes dernières minutes de la rencontre. Nous avons tout de même assisté à un grand match et à 120 minutes de très beau football".