C'est une Argentine très sûre de son football qui a éliminé ce 25 juin l'Espagne du Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005. En demi-finales, elle devra affronter son ennemi de toujours, le Brésil, dans un derby sud-américain qui s'annonce palpitant. La formation espagnole, l'une des favorites pour le titre, avait connu un parcours assez paisible avant d'arriver en quarts. Ce soir, il aura suffi de deux minutes d'inattention, qui ont coïncidé avec l'état de grâce de Messi, pour la voir trébucher.

"Ç'a été un match très difficile. Parfois, on a été complètement dominés, en particulier en seconde mi-temps. Mais bon, les joueurs ont su se sacrifier pour l'équipe, ils ont démontré leur force de caractère et réussi à préserver notre organisation. Je tiens à les féliciter pour leur fin de match", a déclaré Francisco Ferraro, très solennel, dans une attitude qui contrastait singulièrement avec les scènes de joie de ses ouailles.

Après la lecture d'un court discours contre le racisme lu par les capitaines des deux équipes dans le cadre des  Journées mondiales contre la Discrimination , L'Espagne est prise à la gorge d'emblée par l'Argentine, qui quadrille agressivement le milieu du terrain avec Archubi et Torres. D'ailleurs, les Albicelestes donnent un premier avertissement à la défense ibère dès la 4ème minute.

Le deuxième arrive à la 10ème minute, lorsque Lionel Messi envoie au fond des filets un coup franc excentré de toute beauté. Mais l'arbitre invalide le but, invoquant un hors-jeu passif. Décidément intenable, l'enfant terrible de l'armada gaucha va tenter sa chance de la tête quelques minutes plus tard. Sur un joli centre d'Archubi, il place le ballon juste au-dessus. L'arrière-garde rouge est aux abois, elle a un mal de chien à contrôler ses vis-à-vis. Ainsi, sur un coup franc exécuté par Cardozo depuis l'aile droite, le capitaine Pablo Zabaleta dévie le ballon du pied gauche et ouvre la marque (1:0, 18').

C'est la première fois de l'épreuve que l'Espagne est menée au score et qu'elle peine autant à imposer son rythme. Complètement sevrés de ballons, Zapater et Cesc ne pèsent pas sur la rencontre. Dominateurs dans l'entrejeu, les Argentins ratissent un nombre incalculable de ballons, qu'ils transmettent immédiatement aux véloces Messi et Cardozo, les deux poisons de l'attaque sud-américaine.

L'Espagne sort la tête de l'eau
Mais peu à peu, les hommes d'Iñaki Sáez parviennent à sortir la tête de l'eau. Sur un centre de Molinero, Llorente contrôle le ballon devant Ustari et le cède à Zapater, qui déflore les cages argentines d'un boulet de canon (1:1, 32'). 

Les dernières minutes de la première période sont assez indécises. Tout d'abord, c'est Messi qui adresse une jolie frappe à quelques centimètres du cadre, puis c'est au tour de Llorente de tester les réflexes d'Ustari.

La pause n'est pas favorable aux hommes de Francisco Ferraro, qui peinent à retrouver leur maîtrise du ballon. C'est une excellente nouvelle pour l'Espagne, qui voit ses latéraux prendre position un peu plus haut sur le terrain. Cependant, les occasions de but sont encore rares. Signalons tout de même une frappe trop croisée de Cardozo et une incursion de Cesc, qui n'a plus assez d'angle pour décrocher son tir.

Dans les 20 dernières minutes, la possession est ibère, mais ce sont les Argentins qui tuent le match. En deux petites minutes. Tout d'abord, sur une passe divine de Messi, Oberman se retrouve seul face au gardien, Biel Ribas, qui sort précipitamment et qui n'a plus qu'à aller chercher le cuir au fond de ses cages (2:1, 71').

Pas encore remise, l'Espagne encaisse un nouveau coup dur. Messi, pensionnaire du FC Barcelone, s'empare du ballon dans la surface, s'infiltre dans la défense et scelle le score (3:1, 73'). C'en est trop pour les joueurs de la Furia, totalement démoralisés.

Iñaki Sáez n'a pas abdiqué, qui lance du sang frais aux avant-postes pour tenter de redynamiser son équipe. De son côté, l'Argentine se contente de faire tourner le cuir ou de patienter au fond, laissant l'initiative à celui qui en a le plus besoin. Mais le résultat ne va plus évoluer.

"Nous avons commis des erreurs, dont certaines que je ne sais pas vous expliquer. Auparavant, nous n'en avions pas commis. L'issue de ce match a longtemps été assez incertaine. Nous avons réalisé une bonne seconde mi-temps, mais nous ne nous sommes procuré aucune occasion nette. Ensuite, l'opportunisme argentin a parlé. L'Argentine mérite cette victoire car elle a su mieux profiter de ses occasions", a résumé le sélectionneur espagnol, en guise d'au revoir.