Aucune arrière-garde n'a encore trouvé le moyen de stopper ce milieu de terrain endiablé qui se faufile entre les défenseurs, passe et tire sans pitié. Lionel Messi confirme son statut de révélation, non seulement de l'équipe albiceleste, mais aussi du tournoi.
Lorsque la possibilité de remporter l'une des récompenses individuelles de la compétition est évoquée, il secoue la tête, mais ne peut s'empêcher de sourire : "Ce serait formidable, mais je pense avant tout à l'équipe et au titre de champion du monde. Si, après, j'obtiens une distinction personnelle, ce sera la cerise sur le gâteau", déclare-t-il lors d'un entretien avec FIFA.com.
A tout juste dix-huit ans (il les a fêtés la veille du quart de finale contre l'Espagne), le jeune homme est affecté d'une timidité maladive difficilement compatible avec l'intérêt croissant qu'il suscite match après match. Il fait alors preuve de patience, mais ne peut s'empêcher de se contracter un peu à l'approche des micros. "J'essaye de gérer tout ça calmement ; mais je préfère de loin être sur le terrain. C'est là que je fais ce que j'aime le plus, pas sous les projecteurs."
A l'âge de 13 ans, "Leo" s'installe à Barcelone avec son père et ses trois frères en quête d'une vie meilleure, loin de la crise en Argentine. C'est là qu'il trouve sa voie. Son talent est remarqué par des recruteurs du FC Barcelone à peine quinze jours après son arrivée à La Massía. Le club catalan se charge alors de prendre le jeune Messi sous son aile afin de réveiller ses hormones endormies et s'empresse de lui faire signer un contrat solide qui les unit jusqu'en 2012.
Le grand classique sud-américain
Depuis leur hôtel d'Utrecht, les jeunes Gauchos ont vécu intensément les dernières minutes du match Mexique - Argentine, comptant pour les demi-finales de la Coupe des Confédérations de la FIFA, Allemagne 2005 et remporté aux tirs au but par les Albicelestes. "Nous avons vu la fin du match après l'entraînement. C'était très tendu !", commente Messi. Lorsqu'on lui demande s'il aimerait jouer en équipe A, le N°18 répond en riant : "C'est encore trop tôt. Pour le moment, nous sommes concentrés sur ce Championnat du Monde Juniors et sur la chance que nous avons de réaliser quelque chose de grand".
Comme leurs aînés en finale de la Coupe des Confédérations, les Argentins U20 vont retrouver le Brésil sur leur route. Un grand classique sud-américain auquel tout joueur rêve de participer. "Nous savons que ce match va être aussi difficile que tous ceux que nous avons disputés jusqu'à présent. Mais c'est un grand classique que nous sommes ravis de jouer. Nous devons afficher le même comportement et le même sens collectif que lors des huitièmes et des quarts, et tout faire pour que l'issue de la rencontre soit en notre faveur", précise le joueur, natif de Rosario.
L'Argentine a pris de l'assurance depuis le début du deuxième tour. En huitième de finale, les Albicelestes ont éliminé une équipe colombienne très prometteuse et en plein essor. En quart de finale, c'est l'Espagne qui a succombé à deux minutes de génie du petit "Leo", alors qu'elle avait survolé la première phase du tournoi, dont elle était l'un des grands favoris. "L'équipe se sent de mieux en mieux. Nous avons commencé sur un faux-pas contre les Etats-Unis, mais nous avons su nous relever pour arriver jusqu'ici."
Messi aurait pu jouer sous les couleurs espagnoles, mais il a préféré endosser le maillot de son pays natal. Samedi dernier, il a été le bourreau de son pays d'adoption. "Ils ont mieux contrôlé le ballon, mais nous avons été plus opportunistes. Nous avons commencé très fort avant de décliner un peu en seconde mi-temps. Mais au final, tout s'est bien passé pour nous", commente le sociétaire du Barça.
Plus près des grands...
Lionel Messi se rapproche de plus en plus d'un titre qu'ont gagné des joueurs tels que Maradona, Riquelme, Saviola, Cambiasso ou encore Lux... Bien que l'idée de suivre les traces de telles légendes nationales ne soit pas sans lui procurer quelques émotions, Messi préfère éviter de se projeter trop en avant et prend les matches les uns après les autres. "Sincèrement, nous vivons au jour le jour. En ce moment, nous pensons au Brésil ; si nous gagnons, il sera bien assez temps de parler de la finale."
Cet admirateur de Pablo Aimar, dont il garde le maillot comme s'il s'agissait de son trésor le plus précieux, a déjà reçu les louanges de Maradona en personne : "C'est très émouvant de se dire que le plus grand joueur de tous les temps parle de vous en des termes élogieux. Ça donne envie d'aller plus loin et de travailler encore plus".
Mercredi, dans le stade Galgenwaard d'Utrecht, la Hollande aura l'occasion d'admirer, pour l'avant-dernière fois dans ce tournoi, la toute nouvelle perle argentine...