Six matches, six victoires et 39 buts. Qui saura arrêter les Brésiliens dans ce Championnat du Monde de Futsal de la FIFA, Chinese Taipei 2004 ? Un homme au moins s'en croit capable. Capable de faire gagner son équipe, en préservant ses cages inviolées s'il vous plaît. Son nom ? Luis Amado. Son poste ? Gardien. Invaincu 168 minutes durant, le portier espagnol parle à FIFA.com de la confiance qui l'habite à l'heure d'affronter Falcão et ses collègues…

FIFA.com: Pour beaucoup, le vainqueur de ce Brésil - Espagne remportera le trophée. Qu'en pensez-vous ?

Luis Amado: Je suis d'accord, je suis confiant avant ce match de vendredi. C'est un match énorme. Ça va être très dur, je crois qu'il y aura beaucoup d'occasions de part et d'autre. A mon avis, ça va être un match ouvert, ça ne va pas finir à 0:0.

Il vient d'y en avoir deux, les premiers en Championnat du Monde de Futsal de la FIFA. Comment l'expliquez-vous ?

C'est vraiment très surprenant. Des 0:0 en futsal, on n'en voit pas tous les jours. Alors, deux en trois jours ! En même temps, il faut se rendre compte qu'aujourd'hui, les défenses se sont resserrées. Quant il y a deux équipes qui défendent fort, ça devient difficile de trouver la faille. C'est comme ça qu'on se retrouve avec des 0:0, même si, je le répète, c'est assez inhabituel.

La défense aurait-elle plus d'importance qu'à vos débuts ?

Il suffit de regarder la politique de recrutement des clubs. Quand j'ai commencé dans le métier, on cherchait surtout des créateurs et des finisseurs. Maintenant, la mode est aux défenseurs et aux gardiens.

Pensez-vous que l'Espagne soit plus forte aujourd'hui qu'en 2000 ?

On ne peut pas comparer ; ce sont deux équipes différentes. Aujourd'hui, on a beaucoup de jeunes.


Et le Brésil ?

Je les ai vus jouer une fois dans ce tournoi. Je les vois plus costauds qu'en 2000. Tactiquement, ils ont beaucoup progressé.

Quid d'Italie - Argentine ?

Encore un match difficile. Deux équipes qui pratiquent un football agressif : il faut s'attendre à un match intense. Je ne sais pas qui va gagner, mais je préférerais que ce soit l'Italie. Histoire de nous venger de cette défaite en match de groupe.

Parlez-nous un peu de Javier Lozano… Il a l'air assez détendu après les matches, non ?

Pas toujours, non (rires). Je peux vous dire que quand on ne fait pas le boulot, il n'est pas spécialement détendu. Ceci dit, en ce moment, il est plutôt satisfait du groupe. Il est très exigeant avec nous, comme avec lui-même.
 

Décrivez-nous l'ambiance dans les vestiaires…

Le groupe est soudé, on s'entend tous très bien. Si vous voyiez Javi Rodríguez… Tout le temps en train de faire le pitre… Il trouve toujours un moyen de nous faire marrer.

Qu'est ce qu'un bon gardien de futsal ?

Je crois qu'il faut savoir lire le jeu, anticiper et surtout être vif et rapide.


Parmi vos collègues, lequel vous a le plus impressionné ?

S'il ne fallait en retenir qu'un, je dirais Olexiy Popov, l'Ukrainien. Il se déplace très vite dans sa surface et ça, c'est important.

Et chez les joueurs de champ ?

Bacaro, l'Italien, m'a beaucoup impressionné, mais je pense aussi bien sûr au Brésilien Schumacher, un grand joueur.


Vous avez eu le temps de visiter un peu l'île ?

Vous savez, on est très peu sortis, les journées sont chargées. Mais on est quand même allés faire un tour en ville, on a été au marché de nuit et on a visité quelques monuments. C'est la première fois que je viens en Asie, mais malgré ça, je dois dire que j'ai été très surpris par Chinese Taipei, je pensais que l'influence culturelle de la Chine se ferait plus sentir. En fait, c'est un pays assez occidentalisé.


Combien de temps aimeriez-vous encore jouer ?

Physiquement, le poste de gardien est un poste exigeant. Il faut faire beaucoup de sacrifices, mais d'un autre côté, on a une bonne hygiène de vie. On ne boit pas, on ne fume pas. J'ai un ami, il a 38 ans, et pourtant il n'a toujours pas raccroché les gants. Alors je vais vous dire, on ne peut jamais savoir. Moi en tout cas, je continuerai tant que j'en aurai les moyens. Très franchement, j'aimerais bien être encore là en 2008. A l'heure actuelle, je passe mes diplômes d'entraîneur, mais j'aurais du mal à vous dire de quoi sera faite ma reconversion.


Si vous gagnez dimanche, ça va être la fête, non ?

Pas ici, j'en ai bien peur. On rentre juste après le match. Peut-être qu'il y aura quelque chose au pays, on verra. Tout ce que je sais, c'est que les gens suivent ce qu'on fait de près.


Vous pensez que vous allez faire des cauchemars des attaquants brésiliens ?

Ne vous inquiétez pas pour moi, je dors comme une souche.


Un pronostic ?

(Il sourit, l'air confiant) 3:0 pour l'Espagne.