Dimanche, vers 16 heures (heure locale), Alessandro Nuccorini s'assiéra une dernière fois sur le banc du NTU de Taipei city pour la finale du Championnat du Monde de Futsal de la FIFA, Chinese Taipei 2004. Quarante minutes durant, peut-être plus, il va pousser ses hommes à donner le meilleur d'eux-mêmes. Au bout, peut-être un titre mondial. Et même s'il assure malicieux que l'Espagne est supérieure à son équipe, nul doute qu'il a encore plus d'un tour dans son sac.
FIFA.com : Alessandro, comment voyez-vous cette finale face à l'Espagne ?
Alessandro Nuccorini : Pour moi, et il y a longtemps que je l'avais déjà dit, l'Espagne est de loin le favori. Qui plus est après sa victoire face au Brésil. Nous venons de les jouer au deuxième tour et sommes donc bien placés pour reconnaître la qualité de cette équipe. Jusqu'à preuve du contraire, ils sont encore champions du monde, encore supérieurs à nous dans plusieurs domaines, et ils auront l'avantage de pouvoir compter sur un effectif complet. De notre côté, nous devrons nous passer de Vicentini. Mais nous avons remporté les deux dernières rencontres que nous avons disputées contre l'Espagne. Cela peut être un avantage, mais pas forcément puisque cette équipe aura à cœur de se racheter. Même si mes joueurs sont aujourd'hui très fatigués, je peux vous assurer que nous donnerons tout.
Selon vous, est-ce un avantage d'avoir déjà rencontré cette équipe lors de ce Championnat du Monde de Futsal de la FIFA 2004 ?
Je pense plutôt le contraire. On vient de voir cette équipe battre le Brésil, ce n'est pas rien tout de même. Pour nous, c'est presque un miracle d'être encore présent dans cette compétition. Et je crois qu'il est difficile d'espérer deux miracles en deux jours d'intervalle.
Vous attendiez-vous à une finale Espagne-Italie ?
Même si je pense que les quatre équipes présentes en demi-finales étaient vraiment les meilleures, je ne peux m'empêcher de croire que l'Ukraine et le Portugal étaient aussi de sérieux prétendants à la couronne mondiale. Les demi-finales étaient donc forcément très serrées, et il était impossible de prédire qui l'emporterait.
Une victoire en finale de votre équipe serait sans aucun doute un véritable tremplin pour le futsal en Italie…
L'un de nos objectifs en venant ici était de promouvoir le futsal en Italie. Quoi de mieux dans ce but que de réaliser une grande performance ? Voir le public commencer à s'intéresser à notre discipline et aimer ça est un grand motif de satisfaction. Mais c'est vrai q'un succès dimanche serait une formidable publicité.
Que pensez-vous de cette finale 100% européenne ? Le futsal sud-américain serait-il désormais moins performant qu'en Europe ?
Je pense qu'il s'agit juste d'une coïncidence car les demi-finales étaient vraiment très équilibrées. Il serait injuste de dire que les équipes sud-américaines sont aujourd'hui inférieures aux européennes. Personnellement, je me réjouis de voir toutes les équipes élever leur niveau de jeu, comme par exemple les Asiatiques. Plus le niveau du futsal sera homogène, plus ce sport sera intéressant.
Comment différencieriez-vous le style européen du sud-américain ?
Je dirais simplement que ce sont deux cultures totalement différentes. Mais il n'y a jamais de vérité absolue en sport, de performance prédictible. Je pense que c'est vraiment très intéressant pour le futsal de voir ces différentes cultures cohabiter.
Quel discours allez-vous adopter face à vos joueurs ?
C'est dur de demander à des joueurs en transe de vite se reconcentrer sur un nouveau match. On sait que l'Espagne est plus forte, qu'elle est le favori logique. Mais nous allons tout donner, croyez-moi.
Avant les demi-finales, l'Espagne disait préférer jouer l'Italie dans une hypothétique finale.
Mais je la comprends tout à fait. Si l'on analyse les deux rencontres que nous avons récemment disputées contre elle, je peux imaginer que cette équipe préfère nous rencontrer. Je la vois déjà revancharde. Et pour être honnête, j'aurais préféré affronter le Brésil, contre qui nous n'avons aucun passé récent, et surtout que nous n'avons jamais battu. Mais nous aborderons cette finale comme les sept matches déjà joués dans ce Championnat du Monde.
Dans quel(s) domaine(s) pensez-vous que la différence se fera ?
Sincèrement, c'est le physique qui comptera le plus. Selon moi, l'Espagne n'a vraiment dû forcer qu'à partir du deuxième tour. Nous, ce sont sept finales que nous venons de disputer. Alors je suis certain que l'équipe de Javier Lozano sera dans une meilleure forme que la mienne. Mais comme je le disais plus tôt, nous donnerons jusqu'à la dernière de nos forces. Le jeu en vaut la chandelle.