La veille de la finale du Championnat du Monde de Futsal de la FIFA, Chinese Taipei 2004, le Secrétaire Général de la FIFA, Urs Linsi, a tenu une conférence de presse en compagnie de Ricardo Terra Teixeira, Président de la Commission d'Organisation du Championnat du Monde de Futsal de la FIFA, et de Chang Chan-Wei, Secrétaire Général de la fédération de football de Chinese Taipei. FIFA.com vous rapporte les morceaux choisis.
Chang Chan-Wei :
C'est la première fois que Chinese Taipei accueille une compétition sportive internationale d'une telle ampleur, aussi bien en termes d'échelles qu'en termes de niveau. Nous sommes tous très heureux car chacun d'entre nous a appris beaucoup de ce Championnat du Monde de Futsal de la FIFA.
Je suis convaincu que l'expérience que nous avons engrangée et le savoir-faire que nous avons acquis pendant ce tournoi vont générer davantage d'intérêt et d'attention autour du football et vont contribuer à son développement à Chinese Taipei.
C'est pour cela qu'au nom du COL, je tiens à remercier très sincèrement la FIFA pour nous avoir donné la possibilité d'accueillir ce Championnat du Monde de Futsal de la FIFA. Nous allons prendre soin de ces acquis pour poursuivre le développement du football à Chinese Taipei à l'avenir.
Ricardo Terra Teixeira:
Nous avons assisté à un très bon championnat. Hier, nous avons vu deux très grandes demi-finales ; espérons que nous aurons droit à une belle finale demain. Cette compétition a fait une très bonne publicité au futsal. J'espère que le tournoi va s'achever aussi bien qu'il s'est déroulé jusqu'ici.
Urs Linsi:
Bienvenue aux représentants de la presse présents ici, à Chinese Taipei. C'est un réel plaisir pour moi que de me trouver ici. On me demande souvent pourquoi la FIFA a confié l'organisation du Championnat du Monde de Futsal à Chinese Taipei, un pays où le football, et plus particulièrement le futsal, ne jouent pas un rôle majeur. Eh bien cela s'inscrit en fait dans la politique de développement conduite par la FIFA : nous ne voulons pas systématiquement organiser des compétitions dans des pays à forte tradition footballistique, nous souhaitons aussi projeter notre sport dans des parties du globe où il n'occupe pas encore une position dominante.
Je dis bien "pas encore", car notre objectif est d'octroyer une position dominante au football partout dans le monde. Chinese Taipei n'est qu'un exemple parmi d'autres de la politique de développement de la FIFA. La Thaïlande, qui a récemment accueilli le Championnat du Monde de Football Féminin U-19, en est un autre. Nous ne nous trompons pas en affirmant que ces deux pays ont parfaitement rempli leur mission, ce qui justifie nos décisions.
Je félicite non seulement la fédération de Chinese Taipei pour son travail, mais aussi les autorités locales, qui ont œuvré de façon exemplaire pour cette compétition. Je me dois aussi de saluer l'hospitalité et la disponibilité de la population locale, qui n'ont fait qu'ajouter à l'impression positive laissée par la compétition. Nous avons interrogé les équipes, les entraîneurs, les partenaires et les médias ; d'une seule voix, ils ont vanté la compétition et son organisation. Cela a beaucoup d'importance à mes yeux et je tiens à le signaler ici car, je le répète, ce genre de développement suppose un défi particulier dont nous mesurons pleinement l'étendue. Et ce défi, je dois dire qu'il a été parfaitement relevé.
D'un point de vue technique, si nous faisons la comparaison avec Guatemala 2000, j'ai noté une importante amélioration en termes de technique et surtout de tactique. Certes, les grandes nations dominent encore ce sport, mais les supposées petites équipes ont refait leur retard. Par rapport à l'édition 2000, nous avons vu moins de buts et les outsiders n'ont pas subi de défaites aussi lourdes. Cela vient confirmer que l'écart se réduit entre les grandes et les petites équipes. Des sélections comme le Brésil et l'Espagne dominent encore le futsal, mais plus avec la même marge qu'autrefois. Je considère cela comme une bonne chose pour le futsal. De ce point de vue, le bilan est positif.
A propos du choix de Chinese Taipei pour ce championnat :
Lorsque nous organisons une compétition, nous envoyons une circulaire à toutes les fédérations membres, leur demandant si elles veulent présenter leur candidature. Puis il s'agit d'un processus interne et, enfin, d'un dossier propre au Comité Exécutif de la FIFA. Je peux seulement dire que le choix s'est porté sur Chinese Taipei.
Le processus de candidature faisait intervenir de nombreux critères : l'infrastructure, l'hébergement, les transports… Tout ce qui a trait à l'organisation d'une compétition est étudié de près. Des rapports d'inspection sont dressés pour chaque dossier de candidature et ils sont présentés dans un compte-rendu au Comité Exécutif de la FIFA, qui prend la décision finale.
A propos du changement de nationalité des joueurs:
La question ne date pas d'hier, rappelez-vous de Di Stefano. Bien des joueurs ont eu la possibilité de changer de nationalité, de devenir des stars dans un pays et d'y gagner leur vie. Mais il faut savoir que les changements de nationalité sont régis par des lois et des réglementations basées sur les statuts de la FIFA. Si des joueurs souhaitent changer de nationalité, ils doivent le faire conformément à ces lois et réglementations.
Chaque fédération doit faire parvenir sa liste de joueurs à la FIFA pour chaque compétition. Nous avons publié la liste officielle des joueurs pour ce Championnat du Monde de Futsal de la FIFA en temps voulu : les équipes ont eu le temps de formuler leur plainte jusqu'à 5 jours avant le début de la compétition. Tout le monde a eu connaissance des joueurs en lice et aucune plainte n'a été formulée.
Sur l'avenir du futsal en tant que discipline olympique:
C'est du ressort du CIO, mais le programme des Jeux Olympiques d'été est déjà très chargé. Nous estimons que le futsal aurait parfaitement sa place aux JO d'hiver car il se joue en intérieur. En principe, il y a plus d'espace dans le programme des JO d'hiver que dans celui des JO d'été.
A propos du développement en Asie:
Nous avons été critiqués quand nous avons attribué l'organisation de la Coupe du Monde de la FIFA à la Corée et au Japon. Beaucoup prédisaient un désastre par rapport aux audiences télé et aux affluences dans les stades. La Corée et le Japon ont prouvé que l'Asie est prête pour le football. A l'avenir, ce continent sera un partenaire très important dans le monde du football.
Le développement du football en Asie est exceptionnel. Je pense que le fait d'organiser la Coupe du Monde en Corée et au Japon a motivé les Asiatiques et leur a montré qu'ils sont parfaitement à la hauteur, que ce soit dans l'organisation ou sur le terrain. C'est très important.
A propos du potentiel de la Chine:
Pendant la compétition préliminaire, toutes les décisions sont prises par les joueurs sur le terrain, ce pourquoi la Chine n'est pas parvenue à se qualifier pour 2006. C'est mon avis, il n'engage que moi, mais je pense que la Chine va revenir et je suis sûr qu'elle va devenir une grande protagoniste de ce sport dans un futur proche. Je suis sûr que toutes les mesures nécessaires vont être prises pour faire de la Chine l'une des grandes nations du football mondial. Car elle a un énorme potentiel.
Sur le séminaire consacré au futsal:
Il est vraiment très important pour nous d'organiser un séminaire réunissant tous les experts mondiaux du futsal. Les propositions formulées peuvent ensuite être transmises à la Commission du Futsal puis au Comité Exécutif. Nous avons assisté à d'énormes progrès dans le domaine du football féminin et à une grande amélioration du futsal depuis le Guatemala. Je suis convaincu que le futsal va continuer d'avancer.