A Chinese Taipei, le monsieur futsal, c'est le Belge Damien Knabben. Après tout, l'homme a défendu pendant 11 ans les couleurs de Maasmechelen, club trois fois champion de Belgique, avant de conduire Hasseld, géant du plat pays, à sept titres nationaux et à cinq coupes. Puis il a pris les rênes de l'équipe nationale belge en 1992 pour ne les lâcher qu'en 2003.

C'est à partir de son expérience avec l'équipe nationale iranienne à Guatemala 2000 qu'il a commencé à prêter son savoir-faire aux équipes asiatiques. Il a ensuite collaboré avec la fédération de football de Chinese Taipei, contribuant au développement du futsal à tous les niveaux. FIFA.com s'est entretenu avec ce personnage incontournable qui a livré ses impressions sur Chinese Taipei et le futsal asiatique.

FIFA.com : Le développement du futsal à Chinese Taipei est le fruit d'une rencontre entre le Secrétaire Général Chang Chan Wei et vous-même il y a quatre ans. Pourquoi jugiez-vous cette idée bien adaptée au pays ?

Damien Knabben : Il était évident que le football était loin d'être populaire sur l'île, que peu de gens s'y intéressaient. Partant de ce constat, la priorité aurait été de pousser les jeunes à la pratique du football. Mais le futsal, qui nécessite des infrastructures moins importantes que le foot à 11, était plus facile à implanter.

Quels étaient les premiers objectifs avec Chinese Taipei ?

Il était difficile de porter l'équipe au plus haut niveau international en si peu d'années. La meilleure solution était de gagner du terrain en formant les enfants et les jeunes tout en organisant des compétitions à travers l'île. De cette façon, nous avons pu créer un plus grand réservoir, à partir du quel nous avons mené à bien les sélections pour l'équipe nationale. Au tout début, j'ai aidé monsieur Chang Chan Wei à former les élèves dans les écoles. Et quand il a pris la direction de la fédération nationale, nous avons commencé à mettre en place le développement du futsal dans toute l'île.

Après quatre ans de gros efforts, les principaux objectifs ont-ils été atteints ?

On ne peut pas s'améliorer du jour au lendemain. On a pu voir que notre équipe n'a pas été en mesure de rivaliser avec les grandes puissances mondiales : nous avons perdu nos trois matches de groupe. Mais il y a eu du progrès et ç'a été une bonne chose de marquer ces buts en Championnat du Monde de Futsal de la FIFA, surtout avec des jeunes qui ont commencé le futsal il y a deux ans. Il y a matière à espérer.

Dans quel secteur les joueurs de Chinese Taipei ont-ils le plus besoin de s'améliorer ?

Cette équipe est jeune, elle doit s'améliorer dans beaucoup de domaines : l'énergie, la condition physique, le mental, la technique, etc.


A Guatemala 2000, vous avez entraîné l'Iran. Cette année, le champion d'Asie a déçu, ne parvenant pas à se qualifier pour le deuxième tour...

Le problème avec l'Iran, c'est qu'il joue un futsal à l'ancienne


Qu'entendez-vous par "à l'ancienne" ?

Il est indéniable que les joueurs iraniens sont forts techniquement, mais ils se sont trop reposés sur leurs qualités. Ils n'ont pas joué assez vite. Le futsal moderne exige davantage de vitesse et de compétitivité, il faut être capable de gérer des matches qui vont beaucoup plus vite.


Quid du Japon et de la Thaïlande ?

La Thaïlande a fait forte impression pour son premier match, contre le Brésil. D'accord, elle a perdu le match, mais elle a prouvé qu'elle avait de la qualité technique et une défense solide. Le Japon a lui aussi signé de belles performances sur ses trois matches, grâce à son collectif et à ses bonnes combinaisons.

Comment les petits gabarits asiatiques peuvent-ils rivaliser avec des Européens et des Américains plus physiques ?

Le meilleur moyen, c'est de jouer contre eux. Tout d'abord, les pays asiatiques doivent chacun avoir leur propre championnat, qui les encourage à pratiquer ce sport. Ensuite, ils doivent disputer un maximum de matches contre des équipes européennes et sud-américaines. C'est en se frottant aux meilleurs qu'on s'améliore. Les leçons que l'on tire aujourd'hui nous permettront de les battre demain.


Avez-vous été impressionné par certains joueurs asiatiques ? Avez-vous identifié la star mondiale de demain ?

Dans les équipes asiatiques, le travail collectif est plus important que la qualité individuelle. D'accord, deux grands joueurs peuvent relever le niveau d'une équipe, mais c'est avec un bon collectif et une bonne tactique que vous gagnez les matches.

Allez-vous continuer à collaborer avec Chinese Taipei après la compétition ?

Je me suis fait des amis ici et je les apprécie. Et c'est une bonne chose que de partager mon savoir-faire avec eux.


Accepteriez-vous une invitation de la part d'une autre fédération asiatique ?

Pourquoi pas ? Le futsal n'a pas de frontières. Lors de ce Championnat du Monde, nous avons tous pu constater les gros progrès effectués par les équipes asiatiques. Le potentiel du futsal dans le continent le plus étendu du monde n'a pas de limites. J'aimerais offrir à ces pays l'aide dont ils ont besoin, mettre mon expérience et mes connaissances au service de la formation.