C'est Auckland City, champion d'Océanie, et Al Ahly, tenant du titre africain, qui donneront le coup d'envoi de l'édition 2006 de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Le match d'ouverture de la compétition se déroulera au Stade Toyota de Nagoya ce 10 décembre.

L'équipe égyptienne en est à sa deuxième participation consécutive. Et pour la deuxième fois en moins d'un an, le vainqueur de la dernière Ligue des Champions de la CAF croisera le fer avec le représentant océanien. En décembre dernier,  Al Ahly  avait rencontré les Australiens du FC Sydney. Les Kangourous s'étaient imposés sur le score de 1:2 à l'issue du match pour la cinquième place. Cette victoire constitue à ce jour le seul succès d'une formation océanienne sur les cinq matches disputés par les équipes des Antipodes dans l'histoire du tournoi. Aujourd'hui,  Auckland  voudrait faire aussi bien.

Les joueurs néo-zélandais n'ont pas peur, même si le respect pour l'adversaire est grand. "Nous avons énormément de respect pour Al Ahly, un club d'expérience qui sait comment gagner des matches et des titres, a affirmé l'entraîneur Alan Jones à son arrivée à Tokyo. Mes joueurs ont l'intention de jouer. Ils ont du courage à revendre et ils n'ont pas peur des matches qui les attendent."

Jones a remplacé Roger Wilkinson quelques jours avant le début du tournoi. Le nouvel entraîneur des Kiwis attend avec impatience d'en découdre. "C'est le couronnement de deux, pour certains trois années de travail. Alors ils sont bien décidés à ne pas tout gâcher si près du but."

Avant même le coup d'envoi, l'équipe d'Auckland a déjà réussi un joli coup médiatique en s'assurant les services de l'ancien international nippon  Teruo Iwamoto . Elle s'est ainsi assuré le soutien et la sympathie des supporters japonais.

La fierté de participer au tournoi n'est pas feinte chez les joueurs de Jones, car  Auckland City  est le premier club néo-zélandais à participer à un Championnat du Monde des Clubs de la FIFA. Lors des deux éditions précédentes, c'est chaque fois une équipe australienne qui avait eu cet honneur.

Auckland s'est assuré de la qualification avec brio. Sur le chemin du titre en Ligue des Champions, les Océaniens ont marqué 23 buts en cinq matches. Ils ont notamment étrillé les Nokia Eagles fidjiens sur le score de 9:1 en demi-finale. Mais Jones sera privé d'un de ses pions essentiels au Japon, puisque Dean Gordon a signé un contrat en A-League australienne il y a quelques jours à peine. Il faut à présent voir si les champions d'Océanie auront digéré la perte de leur expérimenté défenseur.

Le Champion d'Afrique à la conquête des étoiles
Dans le camp opposé, on est bien décidé à laver l'affront subi l'année dernière. En 2005, Al Ahly s'était incliné lors du premier match contre le représentant asiatique d'Al Ittihad (1:0) avant de subir la loi du FC Sydney (1:2) dans le match pour la cinquième place.

Al Ahly  est la première équipe à participer pour la deuxième fois à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. "Nous sommes très heureux d'être présents lors de ce tournoi. Au Japon, nous voulons faire bonne figure et effacer la mauvaise impression laissée l'année dernière", martèle l'entraîneur  Manuel José .

Reste que les statistiques ne sont guère favorables aux Champions de la CAF : les représentants africains ont perdu les cinq matches qu'ils ont disputés à ce jour lors du Championnat du Monde des Clubs de la FIFA. En 2000, le Raja Casablanca s'était déjà incliné lors ses trois matches.

Cette année, les Egyptiens comptent tout particulièrement sur  Mohamed Aboutrika  pour inverser la tendance. Le meneur de jeu est la vedette incontestée de l'équipe et s'est hissé parmi les cinq finalistes lors de l'élection du meilleur  joueur africain de l'année . Pendant la dernière campagne de Ligue des Champions, conclue victorieusement par Al Ahly grâce à une double victoire face aux Tunisiens du Club Sfaxien, Aboutrika (28 ans) a été sacré roi des buteurs (à égalité avec l'Ivoirien de l'ASEC Abidjan Didier Ya Konan). Sa mission est simple face aux Néo-Zélandais : mener ses troupes à la victoire.

Les Africains devront malheureusement se passer des services de deux joueurs clés. "C'est surtout Mohamed Barakat, blessé, qui nous manquera. Il joue un rôle clé dans l'équipe. Il en va de même de Gilberto, qui est lui aussi un pion important dans notre dispositif", déplore Aboutrika.

Pourtant, ce dernier se veut confiant et pense que son équipe peut aller plus loin que l'année dernière. "Pour l'instant, notre courbe de forme commence à monter. Et nous pourrons aller à la conquête des étoiles lorsque nous aurons trouvé l'harmonie au sein de l'équipe."