"Pour nous, Brésiliens, une Coupe du Monde, c'est le sommet d'une carrière. Nous sommes venus pour gagner, pas seulement pour participer. Et nous avons les moyens d'y arriver." Ces propos de Fernandão , capitaine et vedette de l'Internacional de Porto Alegre, résument non seulement l'importance du football au Brésil, mais aussi les obligations allant de pair avec cette passion sans limite. Une passion qui est également d'actualité à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006…
Comme pour ajouter un peu plus de piment au défi des Colorados, les deux dernières éditions de la compétition ont été remportées par des Brésiliens : Corinthians en 2000 et São Paulo en 2005. "Ça n'arrive pas tous les jours de disputer de telles compétitions. C'est pour ça que nous n'avons qu'un seul objectif en tête : revenir au Brésil avec le titre", annonce le gardien, Clemer . En outre, s'il venait à s'imposer, l'Inter reviendrait à hauteur de son éternel rival, le Gremio de Porto Alegre , déjà sacré une fois sur la scène internationale.
La finale passe par Al Ahly
En tout cas, pour réaliser leurs rêves, les joueurs et l'encadrement technique de l' Internacional devront franchir un obstacle nommé Al Ahly . Lors de leur entrée en lice face aux Néo-zélandais du Auckland FC , qu'ils ont battus 2:0 , les champions d'Afrique ont affiché de belles dispositions. Cela dit, c'est bien le club sud-américain qui fait figure de favori pour accéder à la finale. "C'est toujours difficile d'attaquer une compétition et nous respectons notre adversaire, même si nous sommes favoris. Mais la perspective de disputer une finale contre une équipe de vedettes comme le Barça va nous motiver pour gagner cette rencontre", estime l'entraîneur brésilien.
S'il assume lui aussi le statut de favori de l'Inter, Pedro Iarley préfère se montrer prudent, expérience oblige. L'attaquant faisait en effet partie de l'équipe de Boca Juniors qui avait surpris le grand Milan AC en finale de la Coupe Toyota en 2003. "Oui, c'est logique que nous soyons favoris, nous avons montré que nous avons une équipe solide, qui a le sens de la gagne. Mais tous les matches durent 90 minutes. Il va falloir entrer sur le terrain avec beaucoup de détermination pour faire valoir notre statut de favoris", prévient Iarley, 32 ans.
Indio fait partie de la défense qui devra s'occuper du cas des deux meilleurs joueurs d'Ah Ahly, son compatriote Flavio et le génial Mohamed Aboutrika . "Jouer avec ce maillot, c'est une grande responsabilité qui nous accompagne sur le terrain. Nous sommes bien conscients que nous n'allons pas avoir la tâche facile. En face, il y aura une équipe bien organisée, avec de bonnes individualités, mais je suis sûr que nous allons réussir à imposer notre rythme."
Pato, une arme secrète qui ne l'est plus
A tout juste 17 ans, Alexandre Rodrigues da Silva est le grand pari d'Abel Braga dans cette Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Tout laisse d'ailleurs à penser qu'il va débuter la rencontre face à Al Ahly en tant que titulaire. Les spectateurs auront ainsi tout loisir d'admirer la facilité et le sang-froid qui lui ont valu tellement de compliments au Brésil. Au Japon, les projecteurs devraient donc être braqués sur "Pato". Du coup, Braga essaie de le ménager au maximum. "Ce garçon a beaucoup de personnalité. Il faut avoir beaucoup de caractère pour intégrer une équipe championne et répondre aux attentes. Nous allons essayer de le débarrasser de certaines responsabilités et de lui laisser assez de liberté pour s'exprimer", a-t-il annoncé.
Pour la petite histoire, Pato évoluait encore avec les espoirs quand l'Inter a remporté la Copa Libertadores. Fernandão est impressionné : "Il a un frigo dans la tête ! (rires) Malgré tout ce qu'il a vécu cette année, il reste calme. Il ne faut pas que vous le preniez pour le sauveur. N'oubliez pas qu'il est encore jeune, laissez-le grandir".
Ce jeune talent est le symbole d'une équipe qui, après son titre continental, s'est engagée dans un processus de renouveau. Les départs combinés de Rafael Sobis, Jorge Wegner, Bolivar et Tinga avaient laissé planer certains doutes quant au niveau qu'afficheraient les Colorados en Asie. Mais la transition s'est faite sans heurt, grâce notamment à Braga, qui a signé une prolongation de contrat d'un an. Le technicien s'est servi du championnat brésilien comme d'un banc d'essais, mais finalement, son équipe a été en course jusqu'aux dernières journées.
On comprend alors pourquoi les joueurs de l'Inter, sans faire de péché d'orgueil, sont sûrs de leur force et acceptent presque naturellement leur statut de favoris en Extrême-Orient. Reste à voir si cela suffira à prolonger l'hégémonie brésilienne sur la Coupe du Mondes des Clubs de la FIFA…