A l'approche de la demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006, entre les Mexicains du  Club América  et le  FC Barcelone , tous les regards ou presque sont tournés vers les Espagnols. L'équipe catalane est la grande attraction au Japon, aussi bien auprès des supporters qu'auprès des médias. Avec leur pléiade de superstars comme  Ronaldinho , qui vient à nouveau d'être nominé pour le titre de  Joueur FIFA de l'Année , le champion du monde italien  Gianluca Zambrotta  ou le Portugais Deco, les vainqueurs de la Ligue des Champions de l'UEFA font figure de grands favoris de la compétition.

Cette situation est plutôt idéale pour les Aguilas (les Aigles). Débarrassés de la pression du favori, les Mexicains pourront aborder cette rencontre en toute décontraction. Car ne vous y trompez pas, le champion de la CONCACAF est loin d'être un faire-valoir. Bien au contraire, il est l'un des clubs les plus prestigieux de l'histoire du football aztèque. A son palmarès figurent dix titres de champion national et cinq victoires en Ligue des Champions de la CONCACAF. Le club possède également quelques grandes vedettes telles que Claudio López, l'ancien attaquant de Valence, ou  Cuauhtémoc Blanco .

Longtemps meneur de jeu de l'équipe nationale du Mexique, Blanco est la figure de proue des Nord-Américains. A l'instar de ses coéquipiers, il est bien décidé à rentrer au pays avec le trophée. "Nous devons tout faire pour gagner cette compétition et nous donnerons le maximum pour atteindre la finale", assure l'attaquant de 34 ans.

Pour ce faire, les Mexicains devront à tout prix éviter de reproduire les erreurs commises lors de leur première rencontre, face aux Coréens de  Jeonbuk Hyundai Motors . "Leurs rares occasions sont venues à la suite de nos erreurs, analyse le gardien Guillermo Ochoa, dont les parades ont sauvé la mise à plusieurs reprises contre l'équipe sud-coréenne. Contre le Barça, nous ne pourrons pas nous payer le luxe de rééditer de telles erreurs. Ils en profiteraient immédiatement, poursuit Ochoa. En football, le perdant est celui qui commet le plus d'erreurs."

Jouer l'attaque
L'équipe de Frank Rijkaard est en effet passée maître dans l'art d'exploiter avec sang-froid les erreurs de l'adversaire. L'entraîneur mexicain,  Luis Fernando Tena , a d'ailleurs une idée précise de la tactique à adopter pour avoir une chance contre les Espagnols. "Nous devrons jouer l'attaque et ne pas les laisser nous enfoncer", explique-t-il. Les deux équipes se sont déjà affrontées cette année en match amical, se quittant dos à dos sur un score fleuve (4:4). Il est peu probable que cette demi-finale nous offre le même nombre de buts.

Les spectateurs peuvent toutefois s'attendre à une rencontre offensive. Les deux clubs s'aligneront en tout cas dans cette optique. "Nous jouerons contre une équipe très appliquée et pratiquement parfaite dans tous les domaines. Nous devrons être encore plus concentrés qu'eux et exploiter au maximum les occasions qui s'offriront à nous", déclare Tena, évoquant le manque de finition affiché par son équipe contre Jeonbuk.  Vainqueurs de cette rencontre par un but à zéro , les Mexicains n'en ont pas moins galvaudé de nombreuses occasions, notamment en première mi-temps, au cours de laquelle ils auraient pu ouvrir la marque. Il a finalement fallu attendre la 79ème minute pour que Ricardo Rojas donne la victoire à son équipe en reprenant de manière peu académique un centre de Cabañas. "Ce but n'est peut-être pas exceptionnel, mais il suffit à nous qualifier pour les demi-finales", explique le buteur avec un grand sourire.

Peu importe comment le ballon rentrera ce jeudi, le principal, c'est qu'il finisse sa course dans le but des Catalans. L'entraîneur Tena se montre toutefois réaliste : "Nous aurons surtout besoin d'un petit brin de chance. Barcelone dispose des meilleurs joueurs du monde et d'un groupe extraordinaire".

Contre les Blaugranas, les Aguilas auront l'occasion de montrer leur envergure. Cuauhtémoc Blanco nous donne la recette de la victoire : "Pour battre Barcelone, il faudra que nous soyons encore plus détendus". Nous saurons jeudi soir si les Mexicains ont trouvé le chemin de la finale.