Etre ou ne pas être favori, telle est la question… On sait que les matches débutent souvent avant le coup d'envoi officiel. Joueurs et entraîneurs manient adroitement le verbe afin de se motiver et de faire douter l'adversaire. C'est exactement ce qui est en train de se produire entre les Mexicains du Club América et le FC Barcelone , à la veille de la deuxième demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006, qui se déroulera ce jeudi à Yokohama .
D'aucuns invoqueront la logique pour affirmer à l'envi que Barcelone est le grand favori de cette demi-finale. C'est le cas par exemple du défenseur Ricardo Rojas : "Nous serons dans le rôle du 'petit'. Cela peut nous aider. Nous n'avons pas la même pression qu'eux. A nous d'en profiter", affirme l'auteur du but aztèque contre les Coréens de Jeonbuk Motors , en quart de finale.
Même son de cloche chez le gardien Guillermo Ochoa, magistral face aux champions d'Asie : "Barcelone n'a rien à voir avec Jeonbuk Motors. C'est une équipe qui a l'habitude des grands matches. Contre le Barça, chaque erreur se paie cash. Nous jouerons pour gagner. Pour cela, il faudra faire preuve de beaucoup d'intelligence", déclare le portier americanisto.
Dans le camp opposé, on dit exactement… l'inverse. "On", ce n'est autre que Ronaldinho . L'argument est différent, mais l'objectif reste identique : déplacer la pression sur les épaules de l'adversaire. "C'est la première fois que nous ne partons pas favoris d'une compétition. Nous sommes arrivés il y a peu de temps, ce qui fait que nous ne nous sommes pas encore habitués au décalage horaire. Les joueurs de l'América sont ici depuis plus longtemps. Ils ont eu le temps de s'habituer", explique la star brésilienne, à la surprise des quelque 150 journalistes présents.
Frank Rijkaard , l'entraîneur blaugrana, paraphrase Dinho. "A ce niveau, la préparation est quelque chose d'essentiel. C'est un fait que pour ce match, les joueurs de l'América sont mieux préparés que nous. Ils sont arrivés au Japon plusieurs jours avant nous et ont donc eu plus de temps pour s'adapter au décalage horaire. Ce sera un match compliqué", confie à FIFA.com le manager néerlandais des champions d'Europe en titre.
Ce que disent les statistiques…
Récentes ou non, les statistiques permettent toujours de faire des analyses intéressantes. Au-delà du match nul 4:4 entre les deux équipes, dans une rencontre d'avant-saison disputée cet été, on signalera que c'est la deuxième fois que Mexicains et Espagnols croisent le fer en Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Dans ce domaine, le bal avait été inauguré par Necaxa et le Real Madrid , en 2000. A cette occasion, les Aztèques s'étaient imposés aux tirs au but, le score étant de 1:1à l'issue du temps réglementaire.
Toutefois, jamais une équipe de la Concacaf n'a réussi à battre une équipe européenne en l'espace des premières 90 minutes. En 2000 toujours, Necaxa avait tenu en échec Manchester United (1:1 également), tandis qu'en 2005, le Deportivo Saprissa avait été battu 3:0 par Liverpool.
… et ce qu'elles ne disent pas
S'il n'a pas la faveur des statistiques, le Club América dispose cependant d'un faire-valoir de poids, en la personne de Claudio López. Lorsqu'il jouait à Valence, l'Argentin avait inscrit pas moins de 12 buts contre Barcelone. " Oui, j'aime bien jouer contre eux. Mais chaque match est différent. Le Barça possède tellement de stars. Ça va être extrêmement difficile", estime l'attaquant azulcrema. Ce dernier peut être sûr d'une chose : ses adversaires du jour le respectent, comme le suggèrent les propos de Puyol : "Nous savons que c'est un grand joueur, très rapide et difficile à marquer. Nous devons tous faire attention à lui. Comment ? Par exemple en l'empêchant de recevoir des ballons", glisse le capitaine catalan.
Pour donner une dernière fois la parole aux statistiques, rappelons que les équipes mexicaines ont toujours marqué dans la courte histoire de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. S'il y en a un qui ne s'attarde pas sur les chiffres, c'est bien Rijkaard. En tant que joueur, il a remporté la Coupe Toyota à deux reprises avec le Milan AC , en 1990 et 1991. "Cela n'a aucun sens de se servir du passé. Je préfère prendre les matches les uns après les autres. Aujourd'hui, c'est l'América. Demain, on verra. La seule chose que j'ai dite à mes joueurs concernant mon expérience avec Milan, c'est que nous étions arrivés au Japon avec une forte envie d'être champions. Je suis sûr qu'ils ont compris le message", conclut l'entraîneur de Barcelone, sans penser au passé…