Jeudi, le FC Barcelone n'a fait qu'une bouchée de l' América pour atteindre la finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Face à cette démonstration, l'équipe déjà qualifiée pour le match décisif pouvait légitimement s'inquiéter. Devant un public de Yokohama hypnotisé par tant de talent, les champions d'Europe ont offert un véritable récital, balayant leurs courageux adversaires sur le score de 4:0. Dimanche, les artistes catalans remonteront sur scène pour affronter le champion d'Amérique du sud, l' Internacional , en finale.
Après un tel show barcelonais, les hommes d'Abel Braga estiment-ils avoir les ressources pour résister à l'hallucinante force de frappe des protégés de Frank Rijkaard ? La réponse ne surprendra pas, venant d'une équipe elle-même en pleine confiance : c'est "oui".
"Nous avons les armes nécessaires pour battre le Barça, insiste le président de l' Internacional , Fernando Carvalho. Il faut avoir confiance, croire en notre travail et en nos joueurs. Barcelone a une très belle équipe, mais nous sommes prêts à l'affronter. Nous avons la conviction que nous sommes capables de remporter ce titre."
Chargé de fomenter un plan de bataille propre à renverser les tenants de la Ligue des Champions de l'UEFA, Abel Braga a été impressionné, pour ne pas dire surpris, par la performance des Blaugranas en demi-finale. Mais cela ne l'empêche pas de partager l'optimisme de Carvalho dans l'optique de la finale : "Bien sûr, le FC Barcelone a une grande équipe. Ils pratiquent un jeu de passes perpétuellement orienté vers le camp adverse. Mais nous n'allons pas leur laisser autant d'espaces que l' América . Nous allons les serrer de plus près, assure-t-il. Ça va être le plus grand match de l'histoire de l'Internacional, mais nous allons entrer sur le terrain avec un gros capital confiance. Cette équipe possède beaucoup de talents individuels, mais elle a également un gros mental".
La menace Ronaldinho
L'Internacional a été l'un des premiers clubs à juger sur pièce du talent de Ronaldinho. Le double Joueur Mondial de la FIFA est en effet un pur produit de l'ennemi intime du club, le Gremio . Lors du match décisif pour le Campeonato Gaucho 1999, le génie, alors âgé de 19 ans, avait livré une performance magique qui avait conduit son équipe à la gloire. En fait, l'encadrement technique des Colorados avait identifié Ronaldinho comme la menace numéro un, collant ainsi l'intraitable Dunga à ses basques pendant tout le match. Rien n'y avait fait. Le capitaine de la Seleçao championne du monde en 1994 avait dû baisser pavillon face à la jeune vedette, qui avait couronné sa prestation en signant le but de la victoire et du titre pour le Gremio.
Mais Ronaldinho n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. En 2006, c'est un nouveau match qui l'attend : "Je n'ai pas le sentiment d'être le bourreau de l'Internacional. C'est vrai que j'ai toujours bien joué lors des derbys entre le Gremio et l'Inter, mais tout cela fait partie du passé. Aujourd'hui, je joue au Barça et je vais jouer contre l'Inter comme si c'était n'importe quelle autre équipe". Et le Brésilien de repousser le statut de favori que tout le monde veut attribuer à son club : "Ça va être un match très difficile. L'Inter a d'excellents joueurs, qui sont en très bonne condition physique".
Brésil - Espagne
La finale de dimanche occasionnera la troisième confrontation entre Brésiliens et Espagnols de la compétition de clubs suprême. L'Internacional se donnera peut-être du cœur à l'ouvrage en pensant que le Barça a déjà connu la défaite face à un club brésilien. Lors de la Coupe Toyota 1992, les Catalans avaient en effet été battus par Sao Paulo . Sao Paulo, tiens tiens… le club que l'Inter a battu pour accéder à cette Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2006. A cette époque, le FC Barcelone comptait aussi dans ses rangs une kyrielle de stars étrangères, au premier rang desquelles le Néerlandais Ronald Koeman, le Danois Michael Laudrup et le Bulgare Hristo Stoichkov, tandis que Sao Paulo s'appuyait exclusivement sur des joueurs brésiliens. Cela ne vous rappelle rien ?
Six ans plus tard, les deux pays se sont retrouvés face à face en Coupe Toyota. Cette fois, le Real Madrid a remis la balle au centre en arrachant la victoire au Vasco. Dernière opposition hispano-brésilienne en date : le match nul 2:2 entre le même Real et les Corinthians dans le Groupe A d'une Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2000 que les Sud-américains allaient remporter.
Si les vainqueurs de la Copa Libertadores auront fort à faire pour museler les Deco, Ronaldinho et autres Ludovic Giuly, Rijkaard est bien conscient que son homologue possède lui aussi plusieurs atouts maîtres. Iarley, qui avait contribué à la victoire de Boca Juniors face au Milan AC dans la Coupe Toyota 2003, a ainsi connu une saison 2006 très prolifique, à l'instar de son redoutable associé Fernandao. Mais le joueur le plus susceptible d'inquiéter les Espagnols est peut-être le jeune Alexandre Pato. Si ce prodige de 17 ans aide son club à conquérir la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA pour sa troisième apparition professionnelle, il entrera sûrement dans les annales du ballon rond.