Le tirage au sort de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006, venait à peine de livrer son verdict que les spécialistes et les passionnés du monde entier se prenaient déjà à rêver d'une finale idyllique. Au Japon, le FC Barcelone et l' Internacional ont réalisé leur souhait : le dimanche 17 décembre, la troisième édition de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA opposera les champions d'Europe et d'Amérique du Sud au stade de Yokohama .
Pour tous ceux qui craignaient que la finale de Japon 2006 ne soit pas assez épicée, le Barça s'est fait un devoir d'y mettre un peu de piment en donnant une leçon de football aux Mexicains de l' América , en demi-finales. Les joueurs blaugranas et leur entraîneur avaient beau contester leur statut de favori, ils n'ont pu faire autrement que de le confirmer lors d'une rencontre qui a fait le bonheur des spectateurs. Vainqueurs des Aztèques 4:0, les Espagnols ont déjà laissé leur empreinte dans la compétition en enregistrant la plus large victoire de son histoire.
Mais attention à ne pas sous-estimer les Colorados de Porto Alegre ! Avec ses qualités techniques et tactiques, l'équipe d' Abel Braga possède de solides arguments pour devenir la troisième formation brésilienne à brandir le trophée.
"Nous pouvons jouer mieux"
Que n'avaient-ils pas dit ! En déclarant que, pour la première fois, ils ne considéraient pas le Barça comme favori au titre, Frank Rijkaard et Ronaldinho ont créé l'émoi avant les demi-finales. "Mon Dieu ! S'ils jouent comme ça sans se sentir favoris, le jour où ils le feront, on les verra enfiler quatorze buts", s'est exclamé avec humour un journaliste mexicain, dans la zone mixte, après le match. Quelle a dû être sa réaction en entendant l'entraîneur et le meneur de jeu catalans déclarer après la rencontre : "Nous pouvons jouer mieux" !
"Nous avons fait de meilleurs matches, que ce soit en championnat ou en Ligue des Champions. Et c'est sûrement ce que nous devrons faire si nous voulons battre l'Internacional", a assuré Ronaldinho . On serait tenté de croire que le génie brésilien du Barça, formé dans les rangs de Gremio , l'ennemi juré des Colorados, puise une motivation supplémentaire dans cette rivalité ancestrale pour le duel de dimanche. Loin de là : "Ce qui rend ce match spécial, ce n'est pas de jouer contre eux, mais de disputer la finale d'un tournoi que Barcelone n'a jamais remporté", a-t-il signalé.
Deco est lui aussi d'avis que l'équipe peut faire mieux. "Je crois que cette équipe peut mieux jouer. Ça prendrait une valeur toute particulière si on le faisait contre l'Inter. Mais ça n'augmente pas pour autant nos chances de gagner. C'est une finale que nous jouons dimanche. Or, en finale, il n'y a pas de favoris", a déclaré le Portugais, en exclusivité pour FIFA.com.
Rijkaard est venu apporter quelques précisions. "Il y a des choses à améliorer, comme éviter les sautes de concentration, par exemple. De plus, nos adversaires sont arrivés plus tôt au Japon, ce qui leur donne un léger avantage. Mais je ne les crains pas, au contraire : j'ai très envie d'affronter cette équipe. Le champion d'Amérique du Sud compte des joueurs de haut niveau et vient d'un pays avec une tradition footballistique sans pareille. Je suis sûr que les spectateurs vont se régaler avec cette finale", a confié l'entraîneur blaugrana.
Bon présage ou simple coïncidence ? Dimanche, cela fera exactement 17 ans que le Néerlandais a remporté sa première Coupe Intercontinentale, sous les couleurs du Milan AC , au terme d'une victoire 1:0 sur l'Atlético Nacional de Medellín. L'année suivante, en 1990, il a décroché son deuxième titre intercontinental lorsque le club lombard s'est imposé 3:0 face aux Paraguayens d' Olimpia . En brandissant le trophée, dimanche, il deviendrait le premier Européen à être monté sur le podium comme joueur et entraîneur. Jusqu'ici, seuls les Uruguayens Luis Cubilla et Juan Mujica ont réussi l'exploit. L'Internacional lui laissera-t-il vivre ce bonheur ?
La bonne dose de respect
Difficile d'imaginer ce qu'ont pensé les joueurs et le staff technique du champion sud-américain en suivant la demi-finale opposant Barcelone à l'América . "Chaque action est différente des autres. Le Barça possède l'une des meilleures équipes du monde, nous le respectons beaucoup. Mais ce respect a des limites : nous n'allons pas pour autant changer notre manière de jouer. Quand nous aurons le ballon, nous allons attaquer, parce que personne ne gagne en se contentant de défendre. Que les choses soient claires : nous ne sommes pas venus au Japon pour faire du tourisme, mais pour décrocher le titre", a déclaré avec conviction le gardien de but, Clemer .
Reste à savoir comment ? "Barcelone n'aura pas les même facilités que contre l'América. Nous allons tout donner. Nous allons marquer Ronaldinho à la régulière, mais de manière musclée. Nous ne pouvons pas nous permettre de lui laisser des espaces. Ensuite, nous monterons en attaque", a observé l'entraîneur colorado, Abel Braga.
Son capitaine, Fernandão , s'est chargé d'approfondir l'analyse : "Il ne faut pas les laisser sortir balle au pied. Si on les oblige à passer par le gardien, ils devront balancer de longs ballons. Et c'est là que nous pourrons trouver la faille". Pour l'attaquant, le jeu de son équipe est aussi important que celui de son adversaire : "Nous avons déjà passé la première étape et nous sommes plus à l'aise dans notre jeu. Espérons qu'ils voient en nous l'équipe qu'ils ont vue jouer contre Al Ahly …"
"Il faudra couper leurs actions très vite, conserver la possession autant que possible et ne pas rater nos passes dans le milieu de terrain, sans quoi nous ne pourrons pas offrir de bons ballons à nos attaquants. Bien sûr, il faudra aussi saisir chaque occasion. L'América n'a pas su le faire et ça lui a coûté cher", a ajouté le milieu de terrain Edinho.
Trêve de discussions ! La finale de rêve est déjà une réalité, au grand bonheur des quelque 70 000 spectateurs qui se retrouveront à Yokohama. Le Barça atteindra-t-il l'excellence ? L'Internacional réussira-t-il à enrayer son mécanisme offensif et pratiquer son football ? Messieurs, à vos crampons !