Dans n'importe quel tournoi, trouver suffisamment de motivation pour disputer le match pour la troisième place peut être une affaire simple, ou compliquée. Cela dépend des équipes. Pour celles qui débutent une compétition avec l'ambition d'aller au bout, la "petite finale" a toujours un goût amer. En revanche, les formations qui se fixent un objectif plus modeste affichent généralement un esprit plus positif. Après tout, la chance de monter sur la troisième marche du podium, dans le grand rendez-vous mondial des clubs, ne se présente pas tous les jours. Autant la saisir : c'est toujours bon le palmarès… et le moral.

A l'approche de la rencontre qui mettra aux prises le  Club América  et  Al Ahly , dimanche, à partir de, 16h20 au  stade national de Yokohama , l'amertume est sans aucun doute du côté mexicain. Chez les Egyptiens, au contraire, on ne fait pas la fine bouche. Tout cela a encore le temps de changer, mais une chose est déjà sûre : les deux équipes se battront aussi pour leur fierté. C'est tout l'enjeu de ce match pour la troisième place de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006.

Une question d'image
Disons-le d'emblée : après  leur défaite cinglante , en demi-finale, contre le  FC Barcelone , les joueurs de l'América ont une dette envers leurs supporters. Car tomber devant le champion d'Europe en titre est une chose, mais se faire battre par quatre buts d'écart en est une autre.

L'entraîneur  Luis Fernando Tena  a été le premier à prendre ses responsabilités : "Nous savons que la troisième place est importante. Nous préparons ce match avec tout le sérieux nécessaire pour pouvoir le gagner. Ce serait une très bonne chose pour tout le monde, pour l'América comme pour le football mexicain. Nous voulons gagner d'abord pour notre club, mais également parce que nous représentons le Mexique. Nous nous devons de laisser une bonne image, en montrant tout notre potentiel. Nous voulons cette troisième place".

Comme on pouvait s'y attendre, Tena apportera quelques changements à son équipe. "Je pars du principe qu'il serait bon que tout le monde participe. Pour cela, je laisserai au repos les joueurs les plus fatigués. Cela dit, j'utiliserai ceux qui sont le mieux à même de gagner ce match", explique le stratège des Azulcrema (bleu et blanc, en espagnol). La question qui brûle les lèvres de la presse mexicaine est de savoir si Tena est prêt à aligner un trio offensif de choc, composé de Nelson Cuevas,  Cuauhtémoc Blanco  et Juan Mosqueda, grand espoir de l'América. "Oui, il est fortement possible que ces trois joueurs débutent ensemble", répond le coach.

Interrogé sur Al Ahly, Tena livre une analyse précise : "C'est une équipe rapide, bien organisée, avec des joueurs très adroits devant les buts. De plus, ils font preuve d'une grande détermination et de beaucoup de concentration. Pour réussir à les battre, nous devrons savoir conserver le ballon et bien le faire circuler. Il faudra attaquer sans relâche".

On ne sera pas surpris d'apprendre qu'au Mexique, les médias n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère. "Du rêve au cauchemar", titrait le quotidien en ligne Ovaciones.com. "De mal en pis", pouvait-on lire sur El Universal.com, qui a par ailleurs réalisé un sondage autour de la question : "Comment qualifieriez-vous la prestation de l'América au Japon ?" "Mauvaise", ont répondu 81 % des internautes. "Ce que je retiens de cela, c'est que nos supporters pensent à nous", commente Tena avec un brin d'ironie. Parviendra-t-il à remonter le moral des supporters americanistas ? Réponse ce dimanche.

Beaucoup à gagner
Pour  Al Ahly  en revanche, décrocher la troisième place d'une compétition de la FIFA constituerait une performance historique. Mohamed Aboutrika, la star de l'équipe, ne voit pas les choses autrement : "Je crois que nous avons réussi un bon tournoi. Le bilan est positif, mais pour être vraiment satisfaits, nous devrons remporter ce match pour la troisième place. Nous allons tout faire pour battre l'América".

Emmenés justement par l'excellent Aboutrika, les Egyptiens ont toujours produit un football ouvert et agréable. Pour réussir en dehors du continent africain, il leur manque probablement un peu d'efficacité et d'opportunisme. Dimanche, les champions d'Afrique compteront énormément sur l'expérience de leurs pièces maîtresses, parmi lesquelles on peut citer l'attaquant brésilien Flavio, le milieu de terrain Mohamed Shawky ou encore le défenseur Emad El Nahas.

L'entraîneur Manuel José, pour sa part, apporte cette réflexion intéressante en guise de conclusion : "Je suis satisfait, car nous avons démontré qu'une équipe africaine peut être compétitive. Maintenant, je veux que mes joueurs croient en eux et jouent pour battre l'América. Finir troisième serait un exploit historique. Nous sommes extrêmement motivés", annonce le coach de la formation cairote.