En football, le plus difficile c'est souvent de faire en sorte que tout paraisse très simple. Pas pour Deco... Si, aux yeux de certains, le Portugais passe presque inaperçu aux côtés de génies comme Ronaldinho et Lionel Messi, ses adversaires ne partagent certainement pas cette opinion. Demandez donc aux Mexicains de Club América , qui ont eu à subir la loi du milieu de terrain en demi-finales de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2006.
A quelques heures du grand rendez-vous avec les Brésiliens de l' Internacional , Deco a très aimablement accepté un tête-à-tête avec FIFA.com. Vêtu du survêtement du club et d'un bonnet noir, pour affronter le froid de Yokohama, le meneur de jeu du Barça affiche la même sérénité que sous le maillot blaugrana. Il répond à nos questions avec la franchise et le naturel qui le caractérisent sur la pelouse.
Après un match comme celui que le Barça a réalisé contre l'América, vous devez dormir sur vos deux oreilles, non ?
(Rires) Oui, c'est sûr. Nous voulions nous qualifier pour la finale et nous avons atteint notre objectif. N'y voyez aucun manque de respect de ma part, mais c'est sûr qu'on quitte le stade plus satisfaits quand, en plus de gagner, on s'amuse sur le terrain. On est plus heureux, donc on dort mieux ! (rires).
L'équipe a-t-elle encore une marge de progression, peut-être même au point de se surprendre elle-même ?
Il est difficile de savoir quels matches seront plus faciles ou difficiles. Ça dépend aussi de notre condition quand on entre sur le terrain. Mais, si on ouvre le score rapidement, comme l'autre jour, les choses deviennent généralement plus faciles. On peut mettre en place le jeu qu'on aime, en dominant la possession de balle et en jouant vraiment au ballon. L'avantage nous délivre un peu de la pression et nous simplifie la tâche.
Selon les joueurs de l'Internacional, l'América vous a laissé trop d'espaces. Ils ont déclaré qu'ils allaient plus insister sur le marquage et faire preuve de "mordant" sur tout le terrain. Qu'en pensez-vous ?
Je ne crois pas que l'América nous ait laissé des espaces ; je crois plutôt que nous nous les sommes créés grâce à une bonne circulation de balle. C'est essentiel pour sortir de la zone de pression. Nous savons que l'Internacional va jouer le tout pour le tout, parce que nous disputons une finale. Mais nous aussi. Nous pouvons aussi avoir du mordant, s'il le faut. Nous avons une équipe très responsable, qui cherche à bien jouer, mais notre objectif principal est la victoire. Cela dit, un bon jeu augmente les chances de gagner.
Croyez-vous que l'Internacional osera jouer "à la brésilienne" contre ce Barça ?
J'espère bien ! (rires). Ce sera beaucoup mieux pour nous s'ils pratiquent un jeu ouvert. En revanche, s'ils se replient en défense, nous aurons sans doute plus de difficultés. Mais, pour gagner, ils doivent marquer des buts, et pour ça, il faudra bien qu'ils attaquent à un moment donné.
Est-ce vrai que vous ne vous sentez pas favoris ? C'est difficile à croire...
Se sentir favoris ou pas ne change rien à la façon dont nous abordons le match. Nous n'envisageons pas la rencontre avec plus de sérénité parce que les gens nous considèrent candidats au titre. Pour nous, c'est du pareil au même. Nous sommes habitués à porter cette étiquette, qui ne change en rien notre état d'esprit. Dans le football moderne, être favori ou avoir une grande équipe ne garantit pas la victoire. Encore moins en finale, où tout le monde se surpasse et se donne à 200 %.
Que représente pour vous cette finale contre une équipe brésilienne ?
La Coupe du Monde des Clubs a beaucoup d'importance en Amérique du Sud. Au Brésil, ça fait déjà trois mois qu'on en parle, ce qui donne à l'événement une saveur particulière. Mais pour moi, ça ne fait aucune différence, malgré mes origines brésiliennes.
Vous devez prendre du plaisir à jouer aux côtés de tant de vedettes ?
Oui, vraiment. Le Barça a eu la chance de signer de très bons joueurs, auxquels sont venus s'ajouter les jeunes du centre de formation, qui ont très vite trouvé leur place. Messi est un garçon brillant et Iniesta est arrivé à maturité. Il y a dans le groupe une alchimie très rare, que ce soit sur le terrain ou dans les vestiaires. Nous espérons continuer comme ça pendant longtemps.
Avant de conclure, nous aimerions savoir quelle a été votre réaction en apprenant que Liverpool serait votre adversaire en huitièmes de finale de la Ligue des Champions.
Je n'étais pas préoccupé par ce tirage au sort. Nous avons terminé deuxièmes de notre groupe, nous savions donc que nous devrions jouer contre une formation ayant terminant à la première place. Ce sont toutes des équipes de haut niveau. Liverpool est une grande équipe, qui va nous poser beaucoup de problèmes en Angleterre. Il faudra gagner à domicile, même sur un score de 1:0, ou au moins s'assurer de ne pas encaisser de but.
Que représenterait pour Barcelone un triomphe en Coupe du Monde des Clubs de la FIFA ?
En Europe, cette compétition a peu d'importance quand on la gagne, et énormément quand on le perd (il sourit) ! Pour tout vous dire, nous souhaitons autant la remporter qu'une Ligue des Champions. C'est important pour le club, qui n'a jamais gagné ce titre. Nous voulons écrire l'histoire du Barça.