Une nouvelle fois, la joie a été auriverde… Les Brésiliens du SC Internacional de Porto Alegre ont défait les Espagnols du FC Barcelone sur le score de 1:0, remportant ainsi la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006. Il s'agit de la troisième formation brésilienne qui obtient ce titre, après Corinthians en 2000 et São Paulo FC en 2005.

Du jogo bonito contre du jogo bonito : voilà ce à quoi assistent les spectateurs en début de rencontre. Chaque fois que les Blaugranas enchaînent une action qui émerveille les supporters, l'Inter répond du tac au tac. Dans ce concours de dribles, de talonnades et de roulettes, c'est finalement le champion d'Europe qui s'empare des rênes de la rencontre.

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Étonnant ? Pas tant que ça, parce que Abel Braga, l'entraîneur gaúcho, avait justement demandé à ses ouailles d'assurer deux missions complètement différentes. Quand ils avaient le contrôle du ballon, ses joueurs étaient censés faire tourner en toute sécurité et le transmettre proprement à Iarley et Alexandre Pato, très mobiles sur tout le front de l'attaque, ou a Fernandão, dans une position de neuf et demi. Dès qu'ils le perdaient, il y avait un seul mot d'ordre : le pressing, réalisé à la fois par les attaquants et les milieux de terrain, pour bloquer toutes les issues. En défense, l'ancien stratège marseillais avait opté pour un marquage individuel en zone, un choix qui lui a donné de très bons résultats sur l'ensemble du match.

Mais pas tout le temps. Quand le Barça faisait sauter l'un des verrous, il trouvait beaucoup de profondeur et semait la panique dans le camp adverse. A l'origine des décalages, on retrouvait souvent l'intelligence de Deco et la vitesse d'exécution de Ronaldinho. Ainsi, malgré deux actions où le jeune Alexandre Pato a réussi inquiète Víctor Valdés, ce sont les champions d'Europe qui dominent le premier quart d'heure et bénéficient des occasions les plus nettes.

A la 16', Indio intervient in extremis sur un centre à ras de terre de Gianluca Zambrotta que Eidur Gudjohnsen attendait goulûment au premier poteau. Trois minutes plus tard, Clemer évite par deux fois l'ouverture du store, d'abord face à Giovanni van Bronckhorst, ensuite face à Ronaldinho. A la 23', Deco décale sur la droite Ludovic Giuly, qui dépose le cuir sur la tête de Gudjohnsen, mais l'Islandais rate la cible. Le blond attaquant ne devait pas être dans un bon jour, car trois minutes après, il enlève trop sa frappe alors qu'il n'a plus que le gardien à battre. Ensuite, c'est Ronaldinho qui semble avoir des problèmes de mire, d'abord sur une frappe hors cadre, plus tard sur un coup franc maîtrisé par Clemer.

Les circonstances contraignent l'Inter à jouer en contre, une situation dont il s'accommode fort bien. Sauf que de leur côté, les joueurs du Barça se replacent très efficacement, annihilant ainsi toutes les possibilités brésiliennes. De fait, il faut attendre la 38' pour que les Colorados (les rouges, en brésilien) se montrent à nouveau menaçants pour le portier catalan, suite à une jolie combinaison entre Wellington Monteiro et Indio. Dommage pour l'Inter que le dernier geste ne soit pas à la hauteur des précédents…

A la mi-temps, Abel Braga et Frank Rijkaard procèdent à des changements qui traduisent très clairement leurs intentions. Le Brésilien sort un créateur, Alex, et fait entrer un milieu plus récupérateur, Fabián Vargas. Quant au Néerlandais, il lance le très offensif Belletti à la place de Zambrotta.

Le ballon reste dans les pieds des champions d'Europe et l'on voit Fernandão participer de plus en plus souvent au travail de sape de ses collègues de l'entrejeu. Du coup, l'Inter se positionne désormais en 4-4-2, avec deux attaquants de plus en plus en plus déconnectés de leurs serviteurs. L'entrée en jeu de Luiz Adriano à la place d'Alexandre Pato redonne des couleurs au champion de la Conmebol, même si les 22 acteurs commencent à privilégier l'efficacité à la fantaisie.

Le coaching de Rijkaard est à deux doigts de payer à un quart d'heure du terme. Xavi, entré à la 59', dispose de deux occasions très nettes aux 74' et 75'. Braga réplique en lançant le milieu de terrain Adriano en lieu et place de l'attaquant Fernandão. C'est toujours le Barça qui marque le tempo dans les minutes finales, l'Inter se contentant d'exploiter les éventuels ballons de contre. Une stratégie qui s'avère décisive à la 82', quand Iarley sème Carles Puyol près de la ligne médiane, s'avance de quelques mètres et offre un ballon en or à Adriano, qui se joue froidement de Valdés (1:0, 82').

Malgré ce coup de poignard, Barcelone ne se laisse pas abattre, jetant ses dernières forces dans la bataille pour décrocher une prolongation. A la 84', la frappe de Gudjohnsen prend la direction des filets, mais Clemer veille au grain. Trois minutes plus tard, c'est Ronaldinho qui dispose d'une occasion d'égaliser sur un coup franc à l'orée de la surface, mais sa frappe effleure le poteau du mauvais côté. Le temps additionnel n'y change rien, d'autant que les Brésiliens en profitent pour démontrer leur capacité à conserver le ballon. Le coup de sifflet final déclenche des scènes de liesse sur le banc des Colorados, aujourd'hui en blanc, qui ont su défier tous les pronostics et remporter la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006.