Le Stade international de Yokohama a été le théâtre d'une journée de rêve pour l'Al Ahly Sporting Club. Grâce à un doublé de son joueur fétiche, Mohamed Aboutrika, le champion d'Afrique a battu les Mexicains du Club América sur le score de 2:1. Les Egyptiens montent ainsi sur la troisième marche du podium de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2006.

D'entrée de jeu, les deux équipes affichent des intentions tactiques similaires : bien faire circuler le ballon, en s'appuyant sur des milieux offensifs, un meneur de jeu libre de ses mouvements et deux vrais attaquants. Côté mexicain, Fernando Tena n'est pas resté insensible aux injonctions des supporters americanistas. Il a décidé de titulariser le jeune Juan Mosqueda (21 ans), qui éprouvera cependant beaucoup de difficultés à se faire servir. En pointe, on retrouve Matías Vuoso et Salvador Cabañas, tandis que Nelson Cuevas, attaquant lui aussi sur le papier, évolue un peu en retrait sur la gauche.

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Les réactions

En face, Manuel José est resté fidèle à ses habitudes dans ce tournoi. Mohamed Aboutrika a licence d'évoluer où il veut devant les demis, bien aidé dans son rôle par les montées fréquentes d'Islam El Shater sur la droite. En attaque, Flavio et Emad Moteab font eux aussi preuve de beaucoup d'intelligence dans leurs déplacements.

Malgré de bonnes intentions, les premières minutes n'offrent pas grand-chose à se mettre sous la dent. On assiste çà et là à quelques mouvements intéressants, mais les gardiens Guillermo Ochoa et Amir Abdelhamid ont rarement l'occasion de se mettre en valeur. A la 5e minute, Dulio Davino neutralise bien Emad Moteab. Ensuite, c'est l'América qui maîtrise le jeu. Après un bon travail dans la surface, Vuoso tergiverse un peu trop. Il perd le ballon alors que le but lui était grand ouvert.

A partir de la 25e minute, Aboutrika n'hésite pas à revenir dans son camp pour récupérer le ballon. La physionomie du match change quelque peu, à l'avantage d'Al Ahly. Flavio inquiète Ochoa à deux reprises, sur des frappes à mi-distance. Le danger se rapproche. L'ouverture du score arrive suite à une faute commise par Ricardo Rojas sur l'attaquant angolais. Le coup franc est magnifiquement converti par Aboutrika (1:0, 42e). Les choses sérieuses peuvent commencer…

A la pause, Tena remplace Fernando Pereira par Cuauhtémoc Blanco, qui vient épauler un Mosqueda un peu seul à la pointe de l'attaque aztèque. En première mi-temps, son partenaire à l'avant, "Pipino" Cuevas, avait passé la plupart de son temps à surveiller le très offensif El Shater. En seconde période, il est plus disponible, ce dont il profite pour mettre Abdelhamid à contribution. Mais le gardien d'Al Ahly intervient proprement sur sa droite (54e).

L'América montre des signes de vie. Sans être réellement menaçants, les Azulcrema dominent et s'installent peu à peu aux abords de la surface égyptienne. Ce qui devait arriver finit par se produire : suite à un bon travail sur le côté droit, Blanco centre à la perfection pour Cabañas, dont la tête piquée trouve le chemin des filets, après avoir heurté l'intérieur du poteau (1:1, 59e).

La rencontre se joue désormais sur un rythme plus soutenu. L'égalisation mexicaine a sorti Al Ahly de sa torpeur et l'América, sans se désorganiser, continue à se projeter vers l'avant. Cuauhtémoc est toujours très en vue, ainsi que le très rapide Claudio López. A la 67e, une belle combinaison entre les deux hommes est bien près de déboucher sur le deuxième but des hommes de Tena. Mais il manque quelques millimètres à l'ancien joueur de Valence pour tromper le portier égyptien, qui se saisit laborieusement du ballon.

Finalement, presque contre le cours du jeu, Al Ahly emportera la décision à l'issue d'une action typique : Aboutrika ressort le ballon par le centre, puis trouve Flavio, qui remet dans la course du numéro 22 égyptien. Ce dernier ne laisse aucune chance à Ochoa et inscrit son deuxième but du match, son troisième dans le tournoi (2:1, 79e).

Les joueurs de l'América accusent le coup. Ils tentent de réagir sur des actions individuelles, mais les Cairotes sont solides derrière. Flavio aura même le ballon du K.-O. au bout du pied, mais son lob astucieux passe de peu au-dessus de la barre. Peu importe, Al Ahly l'emporte et atteint son objectif, à savoir faire mieux qu'en 2005 dans la même épreuve. L'ovation finale du public et la joie des Egyptiens au moment de recevoir leur médaille en disent long : être sacré troisième meilleur club du monde, il y a de quoi être fier… et faire la fête.