Son nom n'est peut-être pas encore très connu en Europe, mais avec le Championnat du Monde des Clubs de la FIFA et la Coupe du Monde de la FIFA qui se profilent à l'horizon, Hamad Al Montashari, Joueur de l'Année de l'AFC en 2005, semble promis à un bel avenir.
Décrit par de nombreux observateurs comme un défenseur d'un nouveau genre, le joueur d'Al-Ittihad a su séduire les techniciens de l'AFC par son style agressif. Sûr de lui dès qu'il entre sur le terrain, Al-Montashari l'est tout autant dès lors qu'il s'agit de répondre aux questions de FIFA.com.
"Je n'étais pas vraiment surpris de recevoir ce prix. J'étais assez optimiste, surtout quand j'ai su que je faisais partie des trois finalistes, explique ce défenseur longiligne qui considère la qualification de son équipe pour la phase finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2006 et sa récente victoire en finale de la Ligue des champions d'Asie comme ses deux plus grandes réussites. Il n'empêche que je suis très heureux et très fier d'avoir reçu cette distinction."
Al Montashari succède à des joueurs tels qu'Ali Karimi, Shinji Ono, Ali Daei ou encore Hidetoshi Nakata, tous récompensés au cours des dix dernières années. Le dernier défenseur à recevoir ce titre prestigieux fut le Chinois Fan Zhiyi en 2001.
"C'est vrai, d'ordinaire, ce sont les attaquants ou les milieux de terrains qui sont élus, reconnaît-il. Ce qui fait de moi un joueur unique, c'est que j'ai choisi de mettre l'accent sur des aspects du jeu que les autres défenseurs délaissent souvent. Je suis conscient de tenir un rôle essentiel dans l'équipe; d'ordinaire, les défenseurs s'appliquent à ne prendre aucun risque mais, Dieu merci, j'ai suffisamment confiance en mes capacités pour faire ce qui me plaît."
"Si vous avez dans votre équipe un défenseur capable de réaliser un grand nombre d'interceptions, de faire de bonnes passes vers l'avant, de construire le jeu et de marquer, et de marquer des buts décisifs, qui plus est, vous avez des chances de vous faire remarquer."
Le coup de main d'un oncle
Al Montashari a commencé à jouer au football à l'âge de six ans. Sous l'égide de son oncle, qui porte lui aussi les couleurs du club, il intègre le centre de formation d'Al-Ittihad. C'est là qu'il développera sa passion pour le football, en même temps que ses qualités techniques hors normes.
"Personne ne devient un grand joueur du jour au lendemain, mais le fait de jouer dans un club comme Ittihad et d'être régulièrement sélectionné en équipe nationale signifie que des gens ont confiance en vous. Cette confiance permet d'avancer", explique Al Montashari, qui se passionne également pour le cinéma et la poésie.
Après avoir fait ses preuves sur la scène asiatique, le jeune homme va désormais pouvoir se mesurer aux meilleurs. En effet, le derby arabe qui s'annonce, face aux Egyptiens d'Al-Ahly, promet de faire des étincelles.
"Ce sera un match très difficile pour les deux équipes. Nous avions joué contre eux au Caire il y a trois ans et nous l'avions emporté 3:2, se souvient-il. Cela ne signifie pas nécessairement que nous allons gagner, mais nous savons à quoi nous attendre. Notre entraîneur est allé assister à la finale de la Ligue des champions d'Afrique contre l'Etoile du Sahel."
Les Egyptiens abordent la compétition sur une incroyable série de 55 matches sans défaite, mais cela n'impressionne pas outre mesure Al Montashari. "Ces 55 matches ne signifient rien pour nous. Il n'y a que pour eux que cela a de l'importance. C'est leur histoire, mais ils savent à qui ils auront affaire. Je ne cherche pas à les provoquer, je me contente de dire la vérité, c'est tout."
"Les deux équipes ont les moyens de s'imposer, mais nous sommes très confiants. Il nous suffit d'un regard, deux ou trois heures avant le match, pour savoir exactement ce que nous allons faire."
Le Triangle des Bermudes
Le succès d'Al-Ahly repose en grande partie sur son fameux "Triangle des Bermudes" composé d'Emad Motab, Mohamed Aboutrika et Mohamed Barakat. Ces trois hommes terrorisent les défenses d'Afrique depuis 16 mois, mais le Joueur Asiatique de l'Année 2005 pense avoir trouvé la parade.
"Je les connais parfaitement. Barakat a joué en Arabie Saoudite et nous avons eu l'occasion de rencontrer Motab et Aboutrika en équipe nationale. Nous avons aussi étudié de nombreuses vidéos. Motab est un attaquant traditionnel, tandis que les deux autres jouent légèrement en retrait. Ce sont de très bons joueurs, mais Barakat est peut-être le plus dangereux car il est très mobile."
Al Montashari n'hésite d'ailleurs pas à se tourner d'ores et déjà vers le deuxième match et pense même à la finale. "Si nous battons Ahly et Sao Paulo, nous rencontrerons Liverpool en finale. Ca serait quelque chose", admet Al Montashari qui avoue une certaine tendresse pour Manchester United.
"On ne peut pas aimer le football sans aimer Liverpool, surtout après avoir vu le match contre Chelsea l'autre jour." Les deux équipes s'étaient séparées sur un match 0:0 et l'on comprend alors qu'Al Montashari parle toujours du point de vue du défenseur.
La semaine prochaine s'annonce décisive pour le jeune Saoudien. Si son équipe affiche la même attitude que son défenseur vedette, leurs ambitions pourraient bien se réaliser en terre japonaise.